‹ Les douleurs de la vieChapitre 127 sur 292 · DES DEFUNTS DONT LE SALUT INQUIÈTE · texte numérisé non relu

DES DEFUNTS DONT LE SALUT INQUIÈTE

mon étonnement en entendant M. Vianney rappeler une circonstance dont je n'avais parlé à personne, et quil ne pouvait connaître que par révélation. Il ajouta : « Dieu a eu pitié de celui qui avait honoré sa sainte Mère : à l'instant de la mort, votre époux a pu se repentir : son âme est dans le purgatoire ; nos prières et nos bonnes œuvres l'en feront sortir * . »

5*° Angèle Mérici, fondatrice de Tordre des Ursulines {xv!"" siècle), perdit son père et sa mère lorsqu'elle n'avait encore que dix ans. Peu après , recueillie par un oncle charitable, elle eut cette autre douleur de voir mourir subitement sa sœur, sans les sacrements de l'Église. Angèle eût bien voulu connaître le sort éternel de cette âme si chère; ce désir inquiet occupait ses pensées la nuit et le jour. Elle se persuada qu'à force de prier elle obtiendrait du ciel làdessus quelque assurance. Or, bien peu de jours après, comme elle marchait par la campagne , elle aperçoit une nuée lumineuse : et quelle est sa joie d'y voir sa bienaimée défunte rayonnante de gloire, au milieu dune multitude d'anges qui faisaient cortège à la Reine du ciel! Il s'en échappa une voix qui lui dit : « Persévère comme tu as commencé, et tu viendras avec nous goûter éternellement la même félicité. »

S^^ Gertrude, si célèbre pour ses communications avec Dieu (xi° siècle\ entendit rapporter à une personne la mort d'un de ses parents. Cette personne, craignant qu'il ne fût pas mort en état de grâce , ressentit un si grand trouble que la sainte en fut aussi touchée, et s'offrit à prier Dieu pour l'âme du défunt. Elle commença par une sorte de tendre reproche à Notre-Seigneur : « Eh quoi, mon Dieu! ne pouviez-vous me donner la pensée et la grâce d'intercéder pour cette âme, sans que je fusse portée par ce

1. Bulletin de l'Œuvre de S. François de Sales, novembre 1873

mouvement de compassion? » Jésus répondit : « Je me complais singulièrement dans les prières qu on m'adresse pour les morts, quand la compassion naturelle s'y trouve jointe à Tintention droite qui la rend méritoire, et que les deux choses s'unissent pour donner à cette bonne œuvre la plénitude et la perfection qu'elle peut avoir. » La sainte, ayant ensuite prié pour cette âme, reconnut le pitoyable état où elle était réduite : car elle lui apparut horriblement difforme , se tordant de douleur. On ne voyait néanmoins personne qui la tourmentât, mais il paraissait clairement que c'étaient ses anciens péchés qui faisaient sur elle l'office de bourreau. — « Seigneur, s'écria la charitable religieuse, ne voulez-vous pas vous laisser fléchir par nos prières, et pardonnera cet homme? — Je voudrais, à cause de vous, répondit le divin Sauveur, avoir pitié non seulement de celui-ci, uMs encore d'un million d'autres. Youlez-vous donc que je lui pardonne tous ses péchés et que je le délivre de toutes sortes de peines? — Peut-être, reprit la sainte, cela n'est-il pas conforme à ce qu'ordonne votre justice? — Cela n'y serait point contraire, ajouta Notre-Seigneur, si vous me le demandiez avec confiance : car ma lumière divine, qui pénètre dans l'avenir, m'ayant fait connaître que vous feriez pour lui cette prière, je mis en lui de bonnes dispositions pour le préparer à jouir des fruits de votre charité. »

0 consolantes paroles', poursuit le R. P. Blot^ D'abord, en prévision de nos prières futures. Dieu daignant accorder au pécheur mourant de bonnes dispositions qui assurent le salut de son âme; ensuite, par égard pour nos prières présentes, consentant à délivrer cette âme de toutes sortes de peines et à la retirer des flammes expiatoires.

t A Rome, au xvi^ siècle, vivait un éminent religieux de la Compagnie de Jésus, le P. yicolas Zucchi. Il avait en-

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