DES DÉFUNTS DONT LE SAIUT INQUIÈTE
gagé dans les voies de la perfection trois jeunes personnes, dont l'une, avant de quitter le monde, avait été recherchée par un jeune seigneur. Cet homme ne continua pas moins d'adresser des lettres à celle qu'il voulait appeler sa fiancée , l'invitant à quitter ce qu'il nommait le triste service de Dieu pour se reprendre aux joies de la vie. Le Père, le rencontrant un jour dans la rue, le supplia de cesser de telles poursuites : « Je vous assure, ajouta-t-il, qu'avant peu vous paraîtrez au tribunal divin; et pour vous il s'en va grand temps de faire pénitence. » Environ quinze jours après, ce jeune homme mourait en effet, et sans avoir suffisamment mis ordre à sa conscience. On devait donc tout craindre pour son salut. Un soir que les trois novices discouraient ensemble des choses de Dieu, une voix appelle soudain la plus jeune au parloir. Là, elle trouve un homme enveloppé dans un large manteau, qui se promenait à grands pas. — « Qui étes-vous? lui dit-elle; que venezvous faire à cette heure, et pourquoi m'avez-vous fait demander? » L'étranger, sans répondre, s'approche, et, écartant son manteau, laisse voir le défunt attaché par des liens de feu qui le serrent au cou, aux poignets, aux genoux, aux chevilles des pieds. Puis il pousse un cri en disant : « Priez pour moi! » Et il disparait. — Cette manifestation miraculeuse montrait donc que Dieu avait eu pitié de lui au dernier moment, qu'il n'était pas damné, mais au purgatoire, et qu'une charitable assistance l'en retirerait ^ .
Le fait suivant a quelque chose de si merveilleux, que nous hésiterions à le reproduire s'il n'avait été consigné en maint ouvrage, d'après le P. Théophile Raynaud, théologien et controversiste distingué du xvii^ siècle-. — L'an