‹ Les douleurs de la vieChapitre 132 sur 292 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Qu'il faut se préparer à la mort, et comment.

Quelle est l'affaire de quelque valeur dont nous ne disposions, autant qu'il est en nous, les circonstances et le succès? Mais en aurons-nous jamais une dont l'intérêt et les conséquences soient aussi graves que quand il s'agit de la mort? la mort qu'on ne peut éviter, la mort dont on ne revient pas, la mort qui fixe irrévocablement notre sort éternel! Or, c'est, par un aveuglement inconcevable, ce à quoi l'on songe le moins, ce dont on chasse avec plus de soin le souvenir. Et cela parce qu'on a peur. Mais à quoi servira cet étourdissement? Éloignera-t-il d'une seconde notre heure dernière ? Nous savons bien que non. Dès lors, pourquoi cette terreur déraisonnable? Encore, si c'était la justice divine qu'on redoutait ainsi ! Non : c'est ordinairement la séparation de ce monde, les souffrances de l'agonie, qui sont peu de chose, nous l'avons vu^ Le chrétien sérieux se comportera tout autrement. La mort ne saurait être conjurée : allons donc au-devant d'elle par la préparation.

Oh! mille fois malheureux ceux qui attendent toujours pour se convertir! Sont-ils sûrs du lendemain? Le plus puissant monarque ne pourrait se garantir à lui-même une heure ; la plus florissante jeunesse peut succomber en dix

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