V Esprit de S. François de Sales, seconde partie, ch
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de la part du pape Paul Y, lui offrir les honneurs de Tépiscopat; mais on ne put triompher de sa résistance. — « Je veux faire mon salut dans mon petit coin , disait-il à ses compagnons : car il faut mourir, et souvent lorsqu'on y pense le moins. » Les affaires de l'institut l'ayant obligé de se rendre dans les Abruzzes pour une nouvelle fondation, il voulut visiter Lorette, cette sainte maison de la divine Vierge transportée en Italie par les anges. Il obtint des gardiens la faveur d'y passer la nuit en prières. Le lendemain, il continua son voyage. En arrivant à Agnoné, où il se rendait , il dit avec le prophète : Voici le lieu de mon repos pour les siècles des siècles. Mais on ne le comprit pas. car il se portait à merveille. Il rencontra un jeune; homme qui menait une vie licencieuse . et l'engagea à se convertir, lui disant qu'il était grand temps de sortir de la voie 011 il se perdait ainsi. Le jeune insensé répondit par des impertinences : c'est l'usage, hélas! — « Eh bien, reprit le saint avec un visage sévère , puisque tu te railles de ce dernier appel de la miséricorde de Dieu, avant une heure tu tomberas dans les mains de sa justice ! » Il mourut en effet avant que l'heure fût écoulée, et sans avoir voulu faire pénitence, au grand effroi de tous les témoins de ce terrible châtiment. — Pour lui, il fut bientôt pris d'une fièvre violente. Il acheva de se disposer. On l'entendait répéter souvent : « Seigneur Jésus , que vous êtes bon ! Seigneur, ne me refusez pas ce sang précieux que vous avez répandu pour moi ! » Et encore : « 0 paradis ! ô paradis I... )) Quoique très faible, il sortit du lit dès qu'il vit arriver le saint Viatique, et le reçut à genoux avec la plus grande ferveur. Un soir, on l'entendait s'écrier : « Allons ! allons ! — Et où voulez-vous aller, père François ? » lui dit-on. — « Au ciel ! au ciel î » répondit-il les yeux illuminés par la joie. Et il expirait quelques instants après ^
Les Petits Bollandistes, par P. Gyx^v'nx Ji juin).
•J- Le B. Philippe Berruyer, archevêque de Bourges (xiii^ siècle), peut servir également de modèle. Sachant que le temps de sa mort n'était pas éloigné, il se relira à sa maison de campagne de Toury pour se disposer avec plus de tranquillité à l'heure importante d'où peut dépendre l'éternité bonne ou mauvaise. Ses grandes faiblesses ne l'empêchèrent pas d'aller tous les jours à sa chapelle célébrer le saint sacrifice, ou tout au moins communier; il le faisait avec une joie, une ferveur, un empressement admirables. Dès qu'il fut alité , des douleurs aiguës se déclarèrent; et, loin de s'impatienter, il levait un regard vers le ciel et disait à Dieu : « Je vous remercie. Seigneur, de la peine que vous m'envoyez. Punissez-moi autant qu'il vous plaira, car j'ai mérité tous les fléaux de votre justice. » Puis il ajoutait ces paroles de S. Augustin : « 0 bon JÉSUS, brûlez et coupez ici-bas, pourvu que vous me pardonniez dans l'éternité 1 » Le saint Viatique , avant qu'il le reçût , lui arracha cette belle prière : « 0 très doux et très aimable Jésus, combien grande est la douceur d'une âme qui se voit appelée au festin de l'éternité , où elle n'a plus d'autre aliment que vous-même, qui êtes son souverain bien, celui qu'elle désire au-dessus de toutes les choses du monde. Je crois fermement que je vous possède dans ce sacrement, et je veux mourir dans cette foi, comme j'y ai vécu. Mais, ne vous voyant pas à découvert, je désire avec une ardeur extrême d'aller vous contempler dans le ciel. Car, pour vous offrir tout le fond de mon cœur, il n'y a que vous qui me puissiez consoler et me donner un véritable repos. Toutes les créatures ne me sont rien; vous êtes tout mon bonheur, et je ne puis avoir de joie et de contentement que dans l'heureuse possession de votre divinité et de votre humanité. » Après ces paroles de feu, il communia, et aussitôt rendit son esprit au Dieu qui était l'objet de tous ses désirs, le 9 janvier 1260 ^