Massillon, 3« dim. de VAvent, péroraison
0 Entraînés pêle-mêle, jeunes et vieux, tous disparaissaient tels que le vaisseau que chasse la tempête. On compterait plutôt les sables de la mer qus le nombre de ceux qui se hâtaient de passer. Où sont-ils? qui nous le dira.^ Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.'
» Ceux qui le virent ont raconté qu'une grande tristesse était dans leur cœur : l'angoisse soulevait leur poitrine, et, comme fatigués du travail de vivre, levant les yeux au ciel, ils pleuraient- Ou sont-ils? qui nous le dira? Heureux les inorts qui meurent dans le Seigneur 1
» Des lieux inconnus où le fleuve se perd, deux voix s'élèvent incessamment :
» L'une dit : Du fond de l'abîme f ai crié vers vous. Seigneur : Seigneur, écoutez mes gémissements, prêtez l oreille à ma jiriére. Si vous scrutez nos iniquités, qui soutiendra votre rega?'d? Mais près de vous est la miséricorde et une rédemjition immense.
» Etl'autre : Nous vous louons, 6 Dieu! nous vous bénissons : Saint, saint, saint est le Seigneur, Dieu des armées! La terre et les deux sont remplis de votre gloire.
" Et nous aussi nous irons là d'où partent ces plaintes ou ces chants de triomphe. Où serons-nous? qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur! »