‹ Les douleurs de la vieChapitre 157 sur 292 · LES CONCILES · texte numérisé non relu

LES CONCILES

fois même Fétat des consciences. Elle priait fréquemment pour les âmes du purgatoire, et, si l'une d'elles qui lui avait été recommandée avait encore à expier, elle paraissait à l'extrémité inférieure des rayons du soleil, et manifestait en un clin d'oeil son état, les causes de sa punition et le temps qu'il lui restait à souffrir. Si c'était un damné, une caverne obscure s'ouvrait dans le soleil mystérieux, et Anna-Maria apprenait en un moment ce qui avait causé la perte de ce coupable.

Un homme de sa connaissance étant mort, elle connut qu'il était sauvé pour un sou donné à un pauvre. Importuné par ce mendiant, il s'était fait violence pour s'arrêter et accorder l'aumône. Or, cet acte si simple de vertu avait ouvert le fleuve des grâces célestes, à l'aide desquelles il avait été excité à d'autres actions agréables à Dieu et très méritoires. La vénérable Anna-Maria eut connaissance des souffrances de cette âme, et du temps qu'elle devait encore demeurer en purgatoire. — Elle eut aussi la révélation du salut d'un comte romain qui venait de mourir. Livré aune vie délicate et molle, distrait par de continuels voyages , il avait gaspillé sa vie , et en somme n'avait été qu'un fort médiocre chrétien. Dieu lui inspira de grands sentiments de repentir au moment de la mort, en récompense d'un pardon généreux accordé jadis par lui à un ennemi. D'après ce qui fut montré à la vénérable, le défunt était condamné à demeurer en purgatoire un temps équivalent à celui qu'il avait perdu sur la terre. — Elle vit, une autre fois, un personnage vertueux et zélé, qu avait fait beaucoup de bien aux âmes , condamné à souffrir cruellement pour avoir consenti à des sentiments de vanité et à des actes inspirés par l'amour-propre.

Un laïque lié d'amitié avec Marie Taïgi, et qui laissa une excellente réputation, lui apparut condamné à de grandes souffrances parce qu'il avait aimé à entretenir des relations avec les personnages influents, au lieu de pratiquer le mépris du monde. — Elle vit encore dans le

purgatoire deux âmes, d'ailleurs fort édiûantes ici-bas, qui avaient négligé Thumilité et le recueillement. — Un peu avant la mort du pape Léon XII, elle entendit une voix céleste qui lui disait : « Lève-toi et prie : mon vicaire est sur le point de venir me rendre compte ». Quelques années après, la vénérable, ayant eu l'occasion de parler de ce pontife, vit paraître sa belle âme, à l'extrémité inférieure des rayons de son soleil, semblable à un brillant diamant dont un côté n'était pas encore entièrement purifié.

Un détail curieux et frappant est celui-ci. Elle assistait un jour au service funèbre dun cardinal, et elle vit et entendit que le défunt ne recevait point de soulagement des messes et des offices que l'on célébrait dans cette église, et dans le palais môme où il était mort, parce qu'il plaisait à Dieu d'appliquer tous ces suffrages aux pauvres mendiants délaissés en purgatoire, et que l'âme du cardinal recevrait quelque soulagement lorsqu'on célébrerait un autre service. — Par contre, elle vit les âmes de deux prêtres de la Mission monter directement du lit de mort au ciel; et aussi, de même , deux autres âmes de religieux capucins et franciscains.

Étant allée un jour communier à la basilique de Saint- Jean-de-Latran en faveur d'un défunt , à la première messe qu'elle entendit elle ressentit des angoisses de corps et d'esprit qu'elle offrit pour cette âme. Un autre prêtre ayant commencé le saint sacrifice , la tristesse et la souffrance dont la vénérable était accablée se changèrent subitement en transports de bonheur : car l'âme pour laquelle elle venait de prier, s'approchant d'elle, lui dit : <( Je te remercie , ma sœur, de ta charité ! » et lui promit d'intercéder à son tour pour elle au ciel, où elle montait ^

ÉléTation. — 0 mon DiEU, si plein de tendresse que

1. Voir Trois apparitions d'dmes du Purgatoire ^ p. 117. (Vict. Paliiif, 1872.)

VOUS soyez pour vos enfants, vous ne sauriez oublier non plus les lois de votre justice , et vous demandez un compte sévère de toutes les offenses. Cette pensée me trouble et m'épouvante , au souvenir de ma vie si coupable , si peu imprégnée de votre amour, si remplie de mollesse et de vanité. J'espérerai cependant en vous , Seigneur, et vous crierai miséricorde ; et vous exaucerez votre serviteur en lui communiquant la force d'éviter avec soin les péchés véniels consentis.

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