‹ Les douleurs de la vieChapitre 158 sur 292 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les Pères de l'ÉgUse sur le Purgatoire.

Que l'Église catholique ait toujours enseigné l'existence du purgatoire, on n'en peut douter quand on étudie sa liturgie, ses pratiques, ses institutions les plus anciennes. Il faut donc une bien grosse somme d'ignorance, ou une mauvaise foi pire encore , pour écrire , ainsi que l'ont fait récemment quelques auteurs , que cette croyance datait seulement du sixième siècle, et avait eu pour inventeur le Pape saint Grégoire le Grand. Les témoignages des SS. Pères de la première époque sont si formels !

Voici le premier de tous, le pape saint Clément, nous donnant le texte d'une prière assez longue que l'on avait coutume de faire pour les défunts. — Saint Denys l'Aréopagite, disciple de saint Paul, a composé du moins on peut croire que c'est lui; au cas contraire, l'omTage remonterait au v^ siècle) un livre intitulé de la Hiérarchie ecclésiastique, où Toffice de Tévêque à l'autel porte cette prescription : « Le vénérable pontife, s'approchant, pro- » nonce la prière sacrée sur le mort; et cette prière est » une supplication à la divine clémence de remettre à » cette âme les fautes que la fragilité humaine lui fit com-

» mettre, et de rétablir dans la lumière et dans la région » des vivants '. » — En un de ces écrits, le grand évêque d'Alexandrie, saint Athanase. pose cette question, « si les âmes des défunts ressentent quelque soulagement des prières quon fait pour elles », et il répond affirmativement-. Or, ce saint est du quatrième siècle. — Saint Basile , de la même époque , a institué dans la liturgie la prière pour les morts. — Écoutons saint Grégoire de Nazianze , du quatrième siècle aussi : « Recommandons à » Dieu et nos âmes et les âmes de ceux qui sont arrivés » avant nous au lieu du repos ^. » Et aussitôt il formule sa prière. — Saint Éphrem écrit en son testament : « Ayez, » je vous prie, un persévérant souvenir de moi dans vos » prières : car ma vie s'est écoulée dans la vanité et l'ini- » quité. »

Saint Cyrille de Jérusalem (quatrième siècle^ a laissé des Catéchèses, ou Instructions, TegdLrdées comme le plus ancien et Tun des meilleurs exposés de la foi chrétienne. On y lit : « Nous prions , enfin , pour tous ceux d'entre nous » qui ont quitté cette terre, persuadés comme nous le » sommes que le sacrifice offert pour les âmes leur est » d un très grand secours ■*. » — Eusèbe de Gésarée , dans la Vie de Constantin, rapporte que ce prince fît bâtir à Constantinople une basilique en l'honneur des SS. Apôtres, et qu'il y fit préparer son tombeau, afin d'avoir part, après sa mort, aux prières qui se feraient en ce lieu sacré. « Il avait marqué là sa sépulture , considérant , dans l'ar- » deur de son admirable foi, que son nom serait ainsi » attaché à celui des Apôtres; d'où il arriverait que, même » après son trépas , il participerait aux prières qui seraient » récitées en leur honneur... Il était bien persuadé que

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