In inferno quis confitehitiir tihi
terribles sont les menaces de ce Dieu qui voit tout, mais elles sont surpassées par son ineffable bonté. En effet, après ces mêmes paroles, le prophète n'en accorde pas moins à ceux qui sont morts le droit de rendre gloire à Dieu; j'entends ceux qui ont cru en la rédemption du Seigneur. Car le divin auteur de notre vie ne donne point indistinctement à tous le salut, mais, ainsi qu'il a été dit , à ceux qui là aussi, dans la mort, ont eu foi en lui ^ — Ainsi seront donc les patriarches et les prophètes, les juges, les rois , les magistrats , et avec eux une partie du peuple juif, en petit nombre, ceux que nous connaissons tous? Voilà ce que diront quelques-uns. — Je leur réponds que penser de la sorte, c'est-à-dire que Jésus-Ghrist sauve tous ceux qui ont cru en lui, n'a rien d'étonnant ni de nouveau, alors que c'est le maître même de toute justice qui prononce en faveur de ses enfants. Tous ceux-là doivent manifestement être sauvés, préservés de la captivité de l'enfer : car le Seigneur est descendu auprès d'eux, après sa mort, pour les faire triompher avec lui. C'était œuvre d'une providence équitable. Mais, grâce à une bonté particulière, j'estime, pour moi, que ceux-là aussi ont été sauvés qui ont mené une vie très pure, une vie de bonnes œuvres, qui ont été modestes, tempérants, chastes, encore qu'ils n'aient point reçu le don de la foi véritable et divine, et qu'ils aient ignoré la céleste doctrine. Ces âmes, le maître et seigneur de tous les a attirées à lui, il les a prises dans ses filets divins. A un moment qu'il connaît, il les a inclinées à croire en lui, jetant dans leurs cœurs les rayons de la lumière. Convenait-il à celui qui n'est que miséricorde d'avoir inutilement souffert pour tant d'hommes? Ceux-ci avaient à parcourir une difficile carrière, une route douloureuse, étroite, pénible ; il leur a fallu combattre les entraînements de la nature. Les voluptés, ils les ont repoussées ; les privations^ ils les ont endurées; on les