‹ Les douleurs de la vieChapitre 172 sur 292 · III Reii. XXI · texte numérisé non relu

III Reii. XXI

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le temps de se secourir ne sera plus. Ce temps , nous le possédons encore : celui de l'assistance mutuelle, du mérite, des travaux et des peines. Heureux le fidèle qui ne vacille point dans son espérance, qui aussi ne s'enfle point! plus heureux celui qui s'occupe spirituellement de lui-mêmo et du prochain I

)) En effet, le Seigneur aime singulièrement cette préoccupation du salut de nos frères. Ce Dieu plein de tendresse se réjouit de nous voir exercer la charité et pendant la vie et après la mort. Sans cela, eût-il voulu que nous fissions ainsi mémoire des défunts dans le sacrifice non sanglant? L'Église catholique et apostolique, toute la famille religieuse qui se range sous la conduite do Dieu, a institué ce souvenir à l'autel , particulièrement pour le troisième , le neuvième, le quarantième jour anniversaire. Non, l'Église ne l'aurait pas permis si elle n'eût su que Dieu l'a pour agréable. Nul doute que, s'il y avait là sujet à erreur ou à mépris, si ces prières n'étaient d'aucune utilité, les nombreux saints que nous avons eus, les prophètes, les docteurs, eussent été poussés par le Ciel à combattre une telle illusion. Aucun d'eux, cependant, n'y a songé ; loin de là, tous ont confirmé cette pieuse pratique, et chaque jour elle a pris et prend encore une extension nouvelle.

» Il est bon de rappeler sur la matière d'autres traits. — Voici S. Grégoire, évêque de la vieille Rome, cet homme si connu pour sa sainteté et sa science , et de qui on rapporte qu'un ange l'assistait dans ses divines fonctions à l'autel. Un jour qu'il marchait à travers la ville, s'arrètant à dessein , il adressa au Dieu de toute miséricorde des prières ardentes en faveur de Trajan , afin que ses fautes lui fussent remises ; et bientôt une voix du ciel se fît entendre : « J'ai exaucé ta prière : je pardonne à Trajan ; mais » à l'avenir garde-toi de me supplier en faveur des infidè- » les. » Que ce fait soit authentique, indubitable, l'Orient et l'Occident en font foi ; et c'est quelque chose de plus

considérable que ce que nous avons dit de Falconilla : car cette femme navait à se reprocher d'autre crime que l'adoration des idoles , tandis que Trajan s'était souillé du sang des disciples de Jésus-Christ ^

» Tous êtes admirable, ô mon Dieu, vous et vos œuvres. Nous louons votre miséricorde ineffable. Partout je vous trouve incliné à la clémence, fournissant à vos serviteurs les occasions d'exercer la charité les uns envers les autres, et de témoigner la foi et l'espérance qu'ils ont en vous. C'est vous qui nous avez appris, par la bouche de vos envoyés, à nous assister mutuellement de nos bonnes œuvres, c'est-à-dire la pénitence et les holocaustes, les hj^mnes , les cantiques , les supplications. Point d'erreur à craindre ici : vous ne pouvez tromper, vous êtes miséricordieux, vous rendez au centuple ce que Ton fait pour votre gloire, et rien n'est inutile de ce qui a pour objet l'honneur de votre nom.

)) Et maintenant, mes pères et mes frères, que personne ne s'imagine que l'intercession en faveur des défunts ne leur profite pas grandement. Dieu ne saurait oublier son ouvrage. l'Apôtre nous le dit-.

» Le grand Athanase , dans son admirable discours sur les morts, s'exprime ainsi : — « Quand même celui qui » est mort chrétiennement serait admis dans les hauteurs » célestes^, n'hésitez point à invoquer pour lui le Seigneur » et à faire brûler à son tombeau l'huile et la cire. Ces pra- » tiques sont agréables à Dieu; elles ne restent point sans » récompense. La cire et l'huile sont comme un sacrifice,

1. Nous ne saurions dire oùS. Jean Damascène a puisé ce récit étrange. Si le fait est anthentique. c'est évidemment que 1 empereur Trajan, éclaire par Dieu au dernier moment de sa vie, aurait produit un acte de foi et de repentir suffisant pour le préserver desflammes éternelles. C'est du purgatoire, et non de l'enfer, que les prières de S. Grégoire-le-Grand l'auraient tiré. L'enseignement très formel de lEglise ne permet pas d'admettre qu'une âme une fois damnée puisse jamais parvenir au salut.

2. Son injustus Dels. ut ohUviscatur opeiis lestri... Hcbr. vi, 10.

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