Mgr Besson, év. de Nirnes, Mystères de la vie future
œuvres! Gomme les liens de la famille se resserrent et s'ennoblissent dans une telle doctrine ! Et comme les mourants eux-mêmes en sont affermis en leur dernier combat I Pour le chrétien, ce n'est pas l'agonie comme douleur qui l'effraie, c'est le jugement divin, la conscience transportée tout à coup sous la lumière pénétrante de l'éternité, le souvenir de tant de péchés et d'une si faible pénitence : mais quelle consolation de savoir que d'ardentes prières l'accompagneront au tribunal , que ses amis travailleront à satisfaire pour lui , que la sainte Église sa mère interviendra chaque matin en sa faveur, à l'autel 1 Son espérance s'affermit, son courage se dilate, et, bénissant le Dieu de bonté, il s'endort plus paisible sur le sein de la miséricorde et de la pitié divine.
« La dévotion envers les morts , dit le P. Félix ' , n'est pas seulement l'expression d'un dogme et la manifestation d'une croyance : c'est une consolation du cœur. De tous les retranchements que le protestantisme a fait subir à l'intégrité de la doctrine et du culte catholiques , le plus étonnant et le plus inconcevable est sans contredit celui qui, en supprimant la prière et le sacrifice pour les fidèles trépassés , brise ce commerce sacré qui nous unit encore , après la mort, à ceux que nous avons aimés pendant la vie. On dirait que la religion prétendue réformée a voulu montrer, par cette froide réforme, qu'elle n'est pas la religion qu'invoque notre cœur. Qu'y a-t-il , en effet , de plus suave au cœur que ce culte pieux qui nous rattache à la nlémoire et aux souffrances des morts? Croire à l'efficacité de la prière et des bonnes œuvres pour le soulagement de ceux que l'on a perdus ; croire , quand on les pleure, que ces larmes versées sur eux peuvent encore leur être secourables ; croire enfin que, même dans ce monde invisible qu'ils habitent , notre amour peut encore les visiter par ses bienfaits : quelle douce, quelle aimable