‹ Les douleurs de la vieChapitre 190 sur 292 · A OUI IL EST DESTINÉ · texte numérisé non relu

A OUI IL EST DESTINÉ

Le sixième de novembre, lui écrivait la Mère Supérieure, între trois et quatre heures du matin, la Mère de l'Incarnaion s'est présentée à moi avec un visage très doux, et qui paraissait plus humilié que souffrant, quoique je visse bien qu'elle souffrait beaucoup. D'abord, en la voyant auprès le moi j'eus une grande frayeur; mais, comme elle n'avait 'ien d'effroyable en elle-même, je me rassurai bientôt. Je ui demandai en quel état elle était, et si nous pouvions ui rendre quelque service. Elle répondit : « Je satisfais à a justice divine dans le purgatoire. » Je la priai de me lire ce qui l'y retenait. Jetant un profond soupir, elle me [•épondit : « Ce sont plusieurs négligences aux exercices communs, une certaine faiblesse à me laisser entraîner 3ar l'exemple et les conseils des religieuses imparfaites, nais encore plus l'habitude de retenir par devers moi des choses dont je n'avais pas la permission de disposer, et de n'en servir selon mes besoins et mon inclination naturelle. Si l'on savait, continua la bonne Mère, le mal que 'on fait à son âme en ne s'appliquant pas à la perfection , ît combien il faut souffrir pour expier ses faiblesses, ses âches complaisances et les satisfactions que l'on donne à a nature contre les lumières de la conscience , on aurait 3lus d'empressement à se faire violence pendant la vie. DiEL' voit les choses d'un autre œil que nous, et les juge mtrement ! « Je lui demandai de nouveau si nous pouvions ui être de quelque utilité pour abréger ses souffrances, ille me répondit : « Je désire voir et posséder Dieu, mais e suis contente de satisfaire à sa justice tant qu'il lui flaira. » Je la priai de me dire si elle souffrait beaucoup. — *( Mes douleurs, me répondit-elle, sont incompréhensi- Dles à ceux qui ne les sentent pas. » En disant cela, elle rapprocha de mon visage comme pour prendre congé de noi : il me sembla que c'était un charbon de feu qui me brûlait, quoique son visage ne touchât point au mien; et non bras, ayant un peu frisé sa manche, se trouva brûlé, ît j'y ressentis une vive douleur. — Un mois après, ello

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apparut de nouveau pour annoncer sa délivrance et son entrée au paradis ^

ÉléTatioîi. — Que de fautes, ô mon Dieu, je me permets sans scrupule, comme si c étaient autant de bagatelles! Ah! si je pensais à l'équilibre que devra rétablir votre justice, combien je serais plus vigilant ! Daignez donc soutenir ma grande faiblesse, ranimer mon courage languissanL

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