CERTITUDE DU SALUT
lion sur nous personnellement peut échouer par notre faute. — Venons à la discussion raisonnée.
Si nous supposions que les âmes du purgatoire n'ont point la certitude de leur salut, il en faudrait chercher les motifs, les causes, et ce serait l'une de ces quatre : — ou bien ces âmes peuvent encore mériter et démériter, et nous venons de voir qu'il n'en est rien , que pour elles le combat est fini ; — ou bien elles n'ont pas encore été jugées ; — ou bien elles ignorent la sentence prononcée ; — ou bien elles sont tellement absorbées par la souffrance qu'elles n'ont pas la force de se rendre compte de leur état. Aucune de ces suppositions ne tient. Le jugement particulier a lieu aussitôt après la mort; l'arrêt est prononcé immédiatement, et prononcé, comme tout arrêt, de manière à être compris. Il a été établi^ dit S. Paul, que tout homme mourra une fois, et après la mort vient le jugement ^ . On lit dans la Sagesse : // est facile au Seigneur de rendre à chacun, au jour de sa mort, selon les voies qu'il a suivies'-. Et au verset suivant : Lorscpie l'homme meurt, ses œuvres sont découvertes'^. Tel est l'enseignement très exprès de l'Église, telle la tradition tout entière. « Oui, écrit S. Augustin, il est juste de le croire, les âmes sont jugées dès qu'elles sortent du corps, sans attendre cet autre jugement qu'elles subiront encore après la résurrection^. »
S. Grégoire le Grand, dans ses Dialogues^, raconte un fait qu'il sera intéressant de redire. C'est celui d'un moine qui avait embrassé les austérités religieuses à la suite du retour à la vie que lui avait accordé le Seigneur.
1. Statufum est honiinibus semel mori; post hoc aiitein judicium. Hebr. ix, 27.
2. Facile est coràm Deo, in die obitùs, retrïMcere iiniciiique secundiim lias svas. Eccli. xi, 28.