CERTITUDE DU SALUT
avant Notre-Seigneur, évidemment, le jugement particulier avait lieu aussi pour chaque homme qui mourait. De sorte, dit Bellarmin, qu'il n'y a rien de moins certain que ce qui a été avancé par Innocent III, à savoir que Jésus- Christ se montre sous la forme du Crucifié à tous ceux qui viennent de mourir, élus ou méchants ^
Enfin, si les âmes du purgatoire n'étaient pas assurées de leur salut, comment réclameraient-elles, ainsi que cela est arrivé tant de fois , les prières des survivants ? S. Grégoire, dans ses Dialogues, rapporte, sur témoignages fort graves , plusieurs apparitions de ce genre , auxquelles il ajoute une foi entière, et S. Augustin en cite également quelques-unes : double autorité devant laquelle il est permis de s'incliner-. Ces âmes, en réclamant l'intervention des vivants pour abréger leurs peines, savent donc, à n'en pas douter, que ces peines doivent avoir un terme.
-J- Vers la fin de novembre 1870, la sœur Marie-Séraphine du Sacré-Cœur, dont on a lu l'histoire au chapitre précédent, vit son apparition comme d'habitude. L'âme réclama de nouveau les prières de la communauté, en annonçant que, si on les continuait, elle serait délivrée aux fêtes de Noël. Elle avoua que les tourments du purgatoire, encore qu'ils aient leur consolation dans l'assurance du salut, sont au-dessus de ce qu'ont jamais souffert les martyrs. Elle ajouta que ceux qui portent le scapulaire du Carmel peuvent espérer d'être retirés du purgatoire le premier samedi après leur mort, s'ils en ont fidèlement rempli toutes les obligations. L'âme du défunt confirma aussi que pour plusieurs le purgatoire dure plus de cin-