‹ Les douleurs de la vieChapitre 251 sur 292 · Machab. xv · texte numérisé non relu

Machab. xv

-i64 LE PURGATOIRE.

Christ et par ses sacrements, soit par les prières et les reliques de ses saints. La notoriété moins grande qui leur est donnée là oii ils se produisent resserre les limites des récits que l'on en fait. Ceux qui sont relatés dans les saints livres, étant partout récités, se gravent dans la mémoire des peuples ; les autres sont connus , et souvent à peine, dans la cité ou dans le lieu où ils se passent : car souvent, connus d'un petit nombre, ils demeurent ignorés des autres, surtout au sein d'une grande ville \ » Et le saint docteur en raconte aussitôt plusieurs qui se sont accomplis sous ses yeux. — « Il n'est point invraisemblable , dit ici Bellarmin , que les âmes du purgatoire prient elles-mêmes pour nous et nous obtiennent des grâces. S. Grégoire le Grand rapporte que les âmes de Paschase et de S. Séverin, encore retenues au purgatoire , accomplissaient néanmoins des miracles ^. » Et, rappelant que S. Thomas d"Aquin n'admet point cette doctrine^, il déclare que les raisons de l'auteur de la Somme ne sauraient le convaincre. En effet, dit-il, si ces âmes ne peuvent prier pour nous, c'est pour Tune de ces trois causes : ou bien parce qu'elles ne voient pas Dieu, ou bien parce qu'elles sont dans les tourments de l'expiation, ou bien parce qu'elles nous sont supérieures. Or, aucun de ces motifs n'est admissible. D'abord, n'avons-nous pas vu que des saints de l'Ancien Testament intercédaient pour les vivants? Et pourtant ces saints ne jouissaient pas encore de la vue béatifique de Dieu, puisque c'était avant l'immolation de la victime adorable qui devait racheter le monde. En second lieu , les tourments endurés ne sont d'aucun empêchement : les martyrs, au milieu de leurs supplices, ne priaient-ils point pour leurs bourreaux, ou pour ceux qui

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