‹ Les douleurs de la vieChapitre 254 sur 292 · De Cura pro moriuis · texte numérisé non relu

De Cura pro moriuis

pliées. Certaines apparitions, et nous en avons cité plusieurs, autorisent à le croire. Or, ces âmes-là, ou quelquesunes d'entre elles, voient et entendent probablement ce que nous disons ou faisons. On conçoit même que ce puisse être un châtiment spécial pour certains péchés : l'orgueil, par exemple , ou l'avarice , lorsque les âmes entendent et voient ce que disent d'elles leurs héritiers , ou comment ils dissipent les richesses misérables amassées au prix de l'éternel salut. Mais abandonnons ce genre do considérations.

La prière pour les morts est enseignée par l'Église , qui ne peut ni se tromper ni nous tromper quand elle définit ainsi un point de dogme ou de morale : il est donc bien certain que cette prière est dans la volonté et dans l'institution de Dieu, douce fleur de la communion des saints. Si loin que nous remontions dans l'histoire ecclésiastique , nous la trouvons pratiquée par les chrétiens. On vient d'entendre S. Augustin , dont les textes sur la matière sont très nombreux. L'Église grecque et les autres Églises orientales , séparées de nous par le schisme , n'en ont pas moins gardé les suffrages pour les morts, et dans leurs liturgies et dans les prières privées. — « Il a été établi par les Apôtres, dit S. Ghrysostome, que dans les saints mystères on fasse mémoire des défunts ^ » S. Grégoire le Grand dit à son tour : « L'oblation de la divine Hostie est propitiatoire pour les morts-. » — « Nous croyons, définit le concile de Trente sess. 25^), que les âmes détenues en purgatoire sont soulagées par les suffrages des fidèles , et principalement par l'auguste sacrifice de l'autel. » C'est presque mot à mot ce qu'on lit dans S. Augustin, qui écrivait douze siècles auparavant : « Nous croyons que les

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