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CHAPITRE IV

Quels sont les suffrages utiles aux âmes du Purgatoire

La sainte Église, en nous exhortant à prier pour les défunts, nous marque en particulier trois espèces de suffrages qui les soulagent dans les souffrances du purgatoire , et peuvent même obtenir leur délivrance. Ce sont le saint sacrifice de la Messe, la prière, les œuvres de pénitence et de satisfaction, tels que Taumône, le jeûne, les mortifications, les pèlerinages. Si nous distinguons ici la prière des œuvres satisfactoires , lorsque de fait elle en est une , c'est que la prière est utile aux âmes de deux manières : d'abord en ce qu'elle implique pour la nature , toute portée aux choses extérieures, un effort, un travail, une peine ; ensuite, parce qu'elle est impétratoire, c'est-à-dire qu'elle doit directement obtenir, si elle se fait dans les conditions nécessaires , ce pour quoi elle est adressée à Dieu. Les saints dans le ciel prient et obtiennent pour nous : de mémo, nous

qui sommes dans la vie terrestre , nous prions et obtenons pour ceux qui en ont été rappelés.

C'est ainsi encore que nous les assistons par les indulgences; mais elles ne forment point pour cela une quatrième catégorie de suffrages, parce qu'elles ne sont qu'une application des œuvres satisfactoires de Jésus-Christ et des saints. Elles n'agissent point à titre d'absolution : car, dit Bellarmin * , « le Souverain-Pontife ne peut absoudre les défunts de la même manière que les vivants : ils ne sont plus ses sujets : ce qu'il peut, c'est, à titre de dispensateur suprême du trésor de l'Église, leur communiquer les œuvres de pénitence et de satisfaction qui sont dans ce trésor. - »

Écoutons les SS. Pères sur ces divers points.

S. Ambroise écrit à Faustin sur la mort d'une sœur : « J'estime qu'il faut plutôt l'assister de nos prières que pleurer sur elle, et qu'il convient de recommander son âme au Seigneur dans l'oraison, au lieu de la poursuivre de nos larmes '. » — Le même saint docteur, témoin précieux de la foi des premiers siècles, exhorte ses parents à convertir en aumônes , en faveur de Satyre son frère qui vient de mourir, la portion d'héritage qui lui revenait^.

Voici S. Augustin. « 11 n'est pas douteux, dit-il, que les morts sont secourus par les prières de la sainte Église, par le sacrifice du salut et p>ar les aumônes ^. »

S. Chrysostome , au nom des Églises d'Orient, n'enseigne pas autre chose ' : « Ce n'est point sans raison que les Apôtres ont institué la commémoration des morts dans les redoutables mystères : ils savaient tout l'avantage qu'en tirent les défunts. ^' >^ Et ailleurs : « Epargnez vos larmes

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