‹ Les douleurs de la vieChapitre 27 sur 292 · LA MALADIE · texte numérisé non relu

LA MALADIE

pour voler aux chaudes régions de la prospérité ! L'enfant remercie sa mère quand elle lui donne le sucre , et pleure quand elle le lui ôte parce que cela lui engendre des vers. Pourquoi la remercie-t-il? c'est parce qu'il est friand de cette douceur. Pourquoi pleure-t-il? parce qu'il est enfant, et ne connaît pas le bien que sa mère lui fait en le privant de cette nourriture qui lui est nuisible. Voilà notre vrai portrait \ »

On lit , dans Y Histoire du Clergé de France pendant la Révolution, une très belle parole, qui vient bien ici. Charles Dubignon, supérieur du séminaire de philosophie à Bourges, avait été condamné à la déportation, en 1793, et attendait son heure , avec les autres héros de la foi , sur les pontons de Rochefort. Les vexations indignes, les privations de toutes sortes, l'avaient réduit à un état horrible d'affaiblissement et de maladie ; mais il se montrait d'une patience inaltérable. Un de ses compagnons, dans un moment de désolation, lui ayant dit : « Convenez que nous sommes les plus malheureux des hommes! — Oui, répondit-il; mais vous conviendrez aussi que nous sommes les plus heureux des chrétiens... » Il expirait bientôt dans ces sentiments, âgé de cinquante et un ans. : « L'adversité est notre mère, a dit Montesquieu; la prospérité n'est que notre marâtre. » Et le saint Curé d'Ars, M. Yianey : « Les croix, transformées dans les flammes de l'amour, sont comme un fagot d'épines que l'on jette au feu et que le feu réduit en cendres : les épines sont dures, mais les cendres sont douces. Les épines suent le baume , et la croix transpire la douceur, Mais il faut presser les épines dans ses mains et serrer la croix sur son cœur, pour qu'elles distillent le suc qu'elles contiennent^. » 0 sainte épine de la maladie, j'accepte tes salutaires piqûres.

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