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LES AUXILIATRICES

pendant les deux années suivantes : c'est-à-dire la bénédiction du Souverain-Pontife, l'approbation de plusieurs évêques, l'extension rapide de l'association, le nombre des âmes qui s'y consacreraient, la rencontre d'un prêtre qui eût formé le même projet. Ce prêtre fut le vénérable curé d'Ars, M. Vianney.

Au mois de juillet 1853, consulté par une amie de la future fondatrice , le curé d'Ars, qui semblait être au courant de tout, répondit qu'il fallait entreprendre avec courage la réalisation de cette pensée, qu'elle venait de Dieu, et que le nouvel ordre prendrait dans l'Église une rapide extension. Le consentement maternel fut donné aussi. Détail intéressant : l'auteur d'un ouvrage sur les âmes du purgatoire, imprimé à Liège en 1838, y avait inséré cette invocation : — <( Esprit-Saint, vous avez suscité, à diffé- » rentes époques, des ordres religieux de tout genre, pro- ^) près à subvenir à tous les besoins de l'Église militante : » ô Père des lumières, pénétrés de compassion et de zèle » pour les morts, nous vous conjurons de susciter égale- » ment, en faveur de l'Église souffrante, un nouvel ordre » dont le but principal soit de s'occuper jour et nuit du » soulagement et de la délivrance des âmes du purgatoire; n dont l'intention, invariablement appliquée aux morts, di- » rige les opérations tant du ministère que de la dévotion, » comme veilles, jeûnes, oraisons, etc. Vous seul, Esprit " créateur, pouvez inspirer l'exécution d'un pareil établis- » sèment, si propre à procurer la plus grande gloire de » Dieu, et après lequel notre cœur ne cessera de soupirer. »

De plus en plus encouragée par M. Vianney, la fondatrice, qui habitait la province, se rendit à Paris, où elle trouva quelques personnes déjà réunies dans le but de se dévouer pour les âmes du purgatoire, mais ignorant encore les moyens et tout à fait sans ressources. Des croix de toute espèce assaillirent au début ce petit groupe d'Auxiliatrires. Pas de travail, pas d'argent, beaucoup de souffrances. On ne perdit pas courage néanmoins, et ces épreuves fu-

rent comme une première mise de fonds pour le trésor qu'on voulait acquérir en faveur des pauvres âmes. Gomme il fallait vivre, on travailla, dans un humble appartement de la rue Saint-Martin, au quatrième étage. Chaque jour, les pieuses associées demandaient à notre Père céleste leur pain quotidien, elles étaient assurées de le recevoir avec ce pain de la douleur et de l'épreuve qui lui servait d'assaisonnement. Et pourtant plusieurs avaient quitté une vie d'aisance pour se livrer à cette abnégation. « Le divin Maître, dit l'historien que nous suivons, voulait leur faire goûter cette amère souffrance qu'elles avaient mission d'adoucir pour les autres. »

Quelques secours anonymes arrivèrent au moment oii l'inquiétude semblait justifiée par les circonstances. Le saint curé d'Ars écrivait : « Ces croix sont des fleurs qui bientôt donneront leur fruit. Vous avez bien réfléchi avant de prendre votre détermination ; vous avez prié , consulté, pesé d'avance par la pensée les sacrifices à faire : vous avez toutes les garanties possibles de faire la volonté de Dieu. Que vous manque-t-il maintenant ? L'énergie , que Dieu seul peut vous donner... Si Dieu est pour vous, qui sera contre vous? » Enfin, on put se procurer une maison, celle qui est restée la maison-mère, et quelques nouveaux membres vinrent augmenter la famille. Le 27 décembre 1856, fête de S. Jean l'apôtre de la charité, la fondatrice et cinq autres religieuses prononcèrent leurs premiers vœux. La destination de l'ordre allait se dessiner par les indications providentielles.

Peu de temps après l'installation définitive de la petite société, une dame du voisinage vint demander si une des religieuses (car déjà on leur donnait ce nom) consentirait à veiller une pauvre qui se mourait. — « C'est S. Joseph qui nous envoie cette malade », dit la supérieure. Et aussitôt le désir de la dame fut exaucé. Le jour où mourut cette femme, une seconde devint l'objet des soins de la communauté naissante. Cette fonction d'aller soigner

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