‹ Les douleurs de la vieChapitre 49 sur 292 · Livre de VEcclésiastCj chapitre P · texte numérisé non relu

Livre de VEcclésiastCj chapitre P

déposant le diadème aux heures du recueillement, consigne par écrit ses impressions et ses pensées, ses joies et ses bonheurs. Approchons et lisons : — « Voici pourtant » tout ce que je suis : un peu de chair, un faible souffle et » un principe modérateur. Laisse là tes livres : plus de » distraction! le temps te manque! Considère-toi comme » un mourant. Méprise cette chair : du sang, des os, un » réseau fragile, un tissu de nerfs, de veines et d'artères! » Contemple ce souffle lui-même : qu est-ce enfin? du vent.; » Non pas encore une chose toujours la même , mais une » expiration, puis une aspiration, à tous les instants. Il y » a donc le troisième principe qui commande (âme : c'est )) à lui qu'il faut appliquer tous tes soins... » Et un peu plus loin : — « Oh! que toutes choses s'évanouissent en » peu de temps, les corps au sein du monde, leur souvenir » au sein des âges! Que sont tous les objets sensibles, et » surtout ceux qui nous séduisent par l'attrait de la vo- » lupté ou nous effraient par l'image de la douleur, ceux )) enfin dont le faste nous arrache des cris d'admiration? » Que tout cela est frivole, digne de mépris ! C'est un » dégoût, une corruption, c'est la mort... La plus longue » et la plus courte vie reviennent au même ^ »

C'est bien ce qu'a dit de nos jours un illustre écrivain : « La tristesse est au fond des joies de l'homme ; la nature attache une douleur à tous ses plaisirs ; et, quand elle ne nous peut refuser le bonheur, par un dernier artifice elle y mêle la crainte de le perdre ^. »

Mais l'Écriture-Sainte elle-même nous résumera mieux encore ces solennelles leçons :

« Une pénible occupation est imposée à tous les hom- » mes, et un joug pesant accable les enfants d'Adam'

1. Œuvres de l'empereur Marc-Aurèle, (raduct. d'Alexis Picrron, livre II.

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