Gcnïe du Chrisiianïsme, V^ partie, livre vi, ch
2. Platon, le Phedon, ou dernier entrelien de Socratc; Iraduct. de. Cousin.
l'ame immortelle. 95
car celui-là est divin qui a la vie, le sentiment, la mémoire, la prévoyance, qui gouverne, régit et meut son corps, de la même façon que le Dieu suprême gouverne toutes choses ^ » C'est, du reste, la voix de toute l'antiquité, ou, pour mieux dire, de l'humanité entière et de son histoire; c'est le mot de la science.
Écoutons-la sur les lèvres de Fillustre physiologiste contemporain Claude Bernard :
» Le corps humain , dit-il , est un composé de matières qui se renouvellent incessamment. Toutes les parties du corps sont soumises à un perpétuel mouvement de transformation. Chaque jour vous perdez un peu de votre être physique, et vous remplacez par l'alimentation ce que vous perdez. Si bien que, dans un espace de huit années environ, votre chair, vos os, sont remplacés par une nouvelle chair, par de nouveaux os, qui, petit à petit, se sont substitués aux anciens par suite de ces alluvions successives. La main avec laquelle vous écrivez aujourd'hui n'est pas du tout composée des mêmes molécules qu'il y a huit ans. La forme esl la même , mais c'est une nouvelle substance qui la remplit.
» Ce que je dis de la main, je le dirai du cerveau. Votre boîte crânienne n'est pas occupée par la même matière cérébrale qu'il y a huit ans. Ceci posé, puisque tout change dans votre cerveau en huit années , comment se fait-il que vous vous souveniez parfaitement des choses que vous avez vues, entendues, apprises, il y a huit ans? Si ces choses se sont, comme le prétendent certains physiologistes, logées, incrustées dans les lobes de votre cerveau, comment se fait-il qu'elles survivent à la disparition absolue de ces lobes? Ces lobes ne sont pas les mêmes qu'il y a huit ans, et pourtant votre mémoire a gardé intact son dépôt. C'est donc qu'il y a autre chose dans l'homme que la matière, c'est donc qu'il y a quelque chose d'immatériel,