‹ Les douleurs de la vieChapitre 74 sur 292 · XII Historiar · texte numérisé non relu

XII Historiar

crémation, qui, disait-il, rendrait plus difficile la reconstitution du corps quand il ressusciterait ^ Heraclite, au contraire , son contradicteur habituel . regardait le feu comme l'élément général, et voulait qu'on brûlât les corps, dans l'espoir que la flamme, qui purifie tout, purifierait aussi les âmes. — L'Inde a conservé plus longtemps que tous les autres peuples l'usage de la crémation, et l'on sait que les femmes se brûlent quelquefois sur le bûcher de leurs maris, malgré la surveillance exercée à ce sujet par le gouvernement anglais. Chez les Tartares, on brûle aussi les cadavres au bout de trois jours.

Le christianisme , avons-nous dit , est revenu partout à l'inhumation ; non seulement parce qu'il la considère comme plus respectueuse, plus naturelle, plus en relation avec ridée de la rénovation dernière , lorsque nous sortirons du tombeau , mais aussi parce que le corps du Seigneur Jésus fut enseveli selon la coutume des Juifs, et non brûlé. Il fut lavé pieusement par Joseph d'Arimathie et Xicodème, couvert d'aromates et de parfums précieux, et, chacun de ses membres étant entouré de bandelettes de fin lin ou de byssus, il fut déposé dans un cercueil de pierre. Les chrétiens aiment donc à être, comme leur Sauveur, déposés dans la tombe. On les réunit dans ces lieux qui s'appellent des cimetières mot qui signifie dortoir, lieux bénits et consacrés par les prières de l'Église , où ils attendent l'heure de la vie nouvelle ; bénits pour être soustraits aux usages profanes; bénits pour que les esprits mauvais s'en éloignent ; bénits pour témoigner que les fidèles qui y reposent sont morts dans la communion catholique ; bénits pour montrer que la sainte Église ac-

1. Grand Dictionnaire universel du xix^ siècle, de P. Larousse, t. V, p. 484. col. 4^. Ouvrage rédigé d'ailleurs dans le plus pitoyable esprit, celui de la haine contre tout ce qui est chrétien, et dans une ignorance épaisse des questions religieuses et ecclésiastiques. Nous saisissons cette occasion de prémunir au moins quelques lecteurs contre l'œuvre, considérable mais tout à fait malsaine, de feu P. Larousse.

compagne ses enfants jusqu'à la fin, et couvre jusqu'à leurs cendres de ses prières et de sa protection de mère ; bénits pour que les survivants aiment à venir s'agenouiller là et prier à leur tour.

Et ainsi le cimetière est le prédicateur éloquent de la sainteté du corps de l'homme, et surtout du chrétien. « Je suis sanctifié, nous dit-il : je suis un vase sacré, un reliquaire, parce que je dois recevoir une chose sainte et sacrée, votre corps ^ » En effet, après l'âme, rien n'est plus noble, rien n'est plus saint que notre chair, quand elle n'a pas été souillée par le péché. — « Le premier titre de votre corps à l'affection et au respect , dit Tertullien, c'est la grandeur de l'ouvrier qui l'a formé. Cet ouvrier n'est ni un homme ni un ange, c'est Dieu même. Grande est la différence entre la manière dont Dieu créa les autres êtres et dont il fit l'homme. Pour les premiers la parole seule, pour l'homme la parole et l'œuvre... Destinées au service de l'homme , toutes les autres créatures sortirent du néant au simple commandement de la voix : l'homme, leur roi, est façonné de la main même de Dieu. Tel est le signe de son empire. Or, souvenez-vous que l'homme est proprement appelé chair... Et Dieu lui insuffla un signe de vie. Ainsi, limon et boue d'abord, l'homme devient alors complet. Par-là je veux montrer, et je veux qu'on sache, que tout ce que Dieu a fait et promis à l'homme est dû non seulement à l'espril, mais au corps et à la chair-. » — « Ne savez-vous pas, avait dit S. Paul, que vos membres sont les temples du Saint-Esprit? » (I Cor, VI, 15). Et ailleurs : « Le Sauveur reformera notre corps si humble maintenant , et le rendra semblable à son oorps glorieux^. » S. Jean-Chrysostome a laissé sur la

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