‹ Les douleurs de la vieChapitre 86 sur 292 · CHAPITRE MIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE MIL

D'une secte odieuse vouée à r outrage des mourants et des morts.

Il est écrit : « Pour l'homme qui craint le Seigneur le )) dernier jom* sera celui du bonheur, et à l'heure de sa » mort la bénédiction le visitera ^ . » Mais il est ici-bas , è côté de la famille des enfants de Dieu, une autre et lamentable société, celle des captifs du démon, ardents à tou1 oser pour détruire autour d'eux l'œuvre de la rédemptior de l'humanité, et qui s'efforcent de souiller cette heure de Is mort, w L'observation a montré que, par l'habitude du vice, certains hommes ont pu s'identifier avec le mal moral , ai point de trouver un affreux plaisir à contempler ce ma: en eux-mêmes et dans les autres hommes , et à le propager. Malheureux par leur faute . certains hommes peuveni trouver un affreux plaisir à voir, et à rendre s'ils le peuvent, d'autres hommes aussi coupables et aussi malheureux qu'ils le sont eux-mêmes ; à tâcher de les corrompre ou de les faire souffrir, afin de trouver ensuite du soulagemeni à se comparer avec eux. Certains hommes peuvent en venii jusqu'à haïr Dieu, à vouloir qu'il ne fût pas, tout en sachani qu'il est: à tâcher de se persuader qu'il n'est pas, parce qu'ils comprennent que, s'il existe, il doit être pour eu:^ un juge sévère, qui les attend au bout de la voie qu'iL veulent continuer de suivre -. »

1. Timenh Dominum bené erit , et in die defunctionis sua: beuediceiur. Eccli. i. 13.

2. La vie future su'vant la foi et suivant la raison, par M. Th.-Henr Martin, doven de la Faculté des Lettres de Rennes; 3'- cdit., p. 369.

Lt:S SOLIDAIRES. 147

Des hommes de cette nature ont existé dans tous les temps; mais si, en nos jours amoindris et tristes, ils deviennent plus nombreux , si par eux la vie morale a diminué dans les peuples, ils ont, de plus, ajouté à leur travail de négation et d'abaissement intellectuel une force nouvelle d'association. Sous le nom de solidaires, on les trouve partout acharnés, comme une armée maudite, contre les âmes qu'ils veulent éteindre. Les âmes! Massillon les compare à des lampes allumées par la main de Dieu : « Mais , poursuit-il , du moment que le souffle empesté du serpent nous a éteints, nous répandons au loin une fumée noire qui obscurcit tout , qui infecte tout , et qui devient une odeur de mort à ceux qui périssent^ ». Voilà les solidaires! fumée noire, odeur de mort. Disciples furibonds de cette Révolution qui détruit pour détruire , dont toutes les aspirations prennent pour base les passions les moins avouables , l'envie particulièrement , une envie satanique que rien jamais ne saurait assouvir, ils ont la haine de tout ce qui rappelle Dieu, la vie future, la rédemption du Sauveur, la bonne tenue des âmes et la régularité de leurs rapports avec le ciel. C'est en bas qu'ils regardent, c'est en bas qu'ils veulent tout tirer.

La mort, pour eux (ils le disent du moins), n'est qu'une fonction animale qui met fin à tout ; la responsabilité est une chimère , car il n'y a point de juge suprême ; le cimetière n'est qu'un pourrissoir où bourreaux et victimes, persécutés et persécuteurs, honnêtes gens et scélérats, héros de la charité et population des bagnes , vont contribuer de leurs cadavres, pêle-mêle, à former le même engrais dans la même décomposition... Ces horribles images, où ils précipitent leurs mères , leurs enfants , les êtres les plus chéris, sont l'horizon choisi de ces sans-cœur, de ces êtres en qui l'étiolement de Tintelligence n'a d'égal que la

l. Conférences et Discours synodaux, l^"" dise, l'irréflexion, vers la fin.

stupide brutalité. Le paganisme ne s'oublia jamais , ni nulle part . jusque-là : une telle dégradation devait être le châtiment des seuls apostats de la lumière , du sens chrétien et de la foi.

Et ils font grand bruit ! Leurs cris de rage s'entendent des rives opposées de l'Océan ; ils retentissent à la porte des ateliers, pénètrent dans la mansarde où Ton a le plus besoin d'espérance . tyrannisent l'oreille du cultivateur, et ne laissent plus dans la paLx de son innocence l'enfance elle-même. On dirait une nuée d'oiseaux nocturnes et rapaces lancés à la curée de tout ce qui est pur, de tout ce qui est grand , de tout ce qui est saint . de tout ce qui relève et console.

Qu'ont-ils donc découvert . et quelles vérités nouvelles apportent-ils au monde? Rien. Pas une idée, pas une échappée sur les hauteurs, pas une affirmation consistante, pas une démonstration, si infirme soit-elle. Ils nient, nient toujours, nient le bien, nient la pensée, nient Diec. se nient eux-mêmes : c'est tout. Et c'est avec ce bagage de science qu'ils se présentent à la famille chrétienne pour la pervertir, à l'àme humaine pour la dépouiller de ses glorieux titres. Hélas! d'eux on peut dire ce qu'un vieil historien appliquait à Frédéric Barberousse , de coupable mémoire : (^ Il était chaud en la mécréandise » : toute leur vertu est là. et c'est rare pauvreté.

Quelle consolation . quel adoucissement peuvent-ils demander dans leurs douleurs? Aucun. En peuvent-ils du moins offrir à ceux dont ils pourchassent les sentiments chrétiens? Moins encore. Quel intérêt ont-ils à cette propagande du désespoir? L'intérêt de la haine. Ils aiment l'impiété parce que l'impiété est le mal; ils cherchent à tuer les âmes parce que ce sont des âmes. Satan se reconnaît là dans son œuvre vive.

Mais voyez cette série d'inconséquences ! Ils ont en exécration, ils prennent pour objet de leurs apostrophes les plus virulentes, les plus fougueuses, les engagements et

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