‹ Les douleurs de la vieChapitre 87 sur 292 · LES SOLIDAIRES · texte numérisé non relu

LES SOLIDAIRES

les vœux de la vie du couvent; ils réclament, au nom de l'inaliénable liberté, contre Tinflexibilité de ces promesses : et en même temps on les saisit unis entre eux par datïreux serments qui enveloppent jusqu'à la mort elle-même ! Ils maudissent toute contrainte de la volonté , ils parlent avec véhémence contre toute captation d'un mourant : et , sitô!: que l'un des leurs est malade, les voici fixés, rivés à son chevet, pour s'opposer à tout retour de foi, et forcer la victime à expirer dans l'infamie de son athéisme ! La vie éternelle, ils en repoussent l'existence : et, dans ces tristes enfouissements dont la secte donne à notre époque l'écœurante comédie , on les voit s'aligner sur la place publique la boutonnière ornée d'une fleur à' immortelle! La bière contient, à leur dire, un cadavre où n'habita jamais l'esprit, avec qui tout est terminé pour le mort : et sur cette tombe même , s'adressant au défunt , ils lui font des discours de félicitation et d'adieu ! Ils ne savent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils font... ; ou plutôt, il est impossible qu'ils n'aient pas l'instinct du crime odieux qu'ils accomplissent.

0 mémoire de mon père , de ma mère, de mon frère ou de ma sœur! ô souvenir des amis de ma jeunesse! ô croix radieuse et bénie ombrageant leurs cercueils! vous me préserverez de ces ignominies , de ces avilissements sans nom! ! La vérité n'est pas là, ou notre existence ne serait qu'une abominable ironie du sort. La vérité c'est l'être, et ceci n'est que néant !

Il n'y a pas longtemps, à Paris, au faubourg Saint-Honoré, des yeux chrétiens pouvaient rencontrer cette lettre de faire-part dictée par la secte : « Vous êtes invité au convoi de M'"" N***, morte à quatorze ans vierge de tous les préjugés religieux... » — Ailleurs, une femme de quarantesix ans était honorée de l'oraison funèbre suivante : « Chère citoyenne (on s'adressait à qui n'était pas...), chère citoyenne, au nom de la société à laquelle nous appartenons, nous te remercions d'avoir donné le bon exemple : car tu

as vécu et tu es morte comme doit vivre et mourir un libre-penseur, c'est-à-dire ennemie acharnée du clergé et du despotisme... » Et c'est un tas de boue qui adresse ces paroles à un autre tas de boue ^ ! — Mais quoi ! en juin 1873, un député à l'Assemblée nationale il sappelait Brousse meurt en solidaire. L'occasion parait bonne à la secte pour une manifestation plus retentissante : elle prétend obliger la France , personnifiée dans ses représentants et dans ses soldats, à sanctionner de sa présence les abjectes et désolantes négations du solidarisme. On convocjue le ban et Tarrière-ban de la démagogie , et plusieurs députés , avec leurs insignes parlementaires, rehausseront les gloires de l'assistance. Mais il y a encore parmi nous quelque respect. Dès qu'on voit sortir le cercueil sans le moindre emblème religieux, sans rien qui rappelle la dignité d'homme, les membres du bureau de l'Assemblée se retirent sans hésiter; au commandement de leurs officiers, les troupes en font autant : et la bande des fanfarons du néant , réduite à son expression la plus simple . se rend chez le fossoj'eur pour lui livrer le cadavre. Elle se délecte alors à la prose du citoyen Challemel-Lacour, qui, penché sur le bord du trou, insulte à la foi de tous les peuples en développant ses idées sur la hête, dont l'homme est à ses yeux une espèce plus ou moins perfectionnée, sans âme et sans immortalité. Se donnerait-il. par hasard, comme exemple et comme type?

En Belgique . les solidaires ont fait plus d'une fois violence aux familles pour s'emparer des corps et les outrager de même manière ; plus d'une fois ils en ont acheté ; plus d'une fois on les a vus parader autour des dépouilles d'enfants de deux ans. de cinq mois même, qu'ils proclamaient adeptes de leurs doctrines...

ÉiéTation. — 0 DiEU de toute sainteté, vérité éternelle.

. Le Cimetière, par M. l'abbé Gauine. p. 72.

LE SPIRITISME. loi

la malice et la perversion de votre créature peuvent donc aller aussi loin! la raison humaine peut s'oublier à ce degré! Ne nous étonnons plus des punitions qui éclatent. Car ceci ce n'est point la faiblesse qui succombe, c'est l'impiété calculée, froide, délibérée; c'est le défi jeté à votre divine pensée, à votre puissance, à votre véracité. Les malheureux espèrent-ils vous atteindre, vous frapper, dans les profondeurs de votre éternité? Pitié cependant pour eux , mon Dîeu. Faites luire au milieu de ces ténèbres affreuses et voulues, une clarté victorieuse qui les dissipe et vous ramène ces prodigues , si coupables mais si infortunés.

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