‹ Les douleurs de la vieChapitre 93 sur 292 · xMassillon, Sermon pour le Jour des Morts, second point · texte numérisé non relu

xMassillon, Sermon pour le Jour des Morts, second point

Et comment comparer une telle mort à celles qui nous étaient rappelées au chapitre précédent?

Un beau cantique, de ceux qui se chantent aux réunions de nos catéchismes, trace bien ce tableau de la mort chrétienne et sainte.

Après le cours heureux d'une vie innocente. Pour le chrétien mourir n'est pas un triste sort :

Car son bonheur augmente

En approchant du port :

Il voit sans épouvante La mort.

Tout ce qu'elle a d'affreux ne saurait le surprendre; Sans alarmer son cœur, elle est devant ses yeux.

Il ne pouvait i)rétendre

Au bonheur en ces lieux, .

Et la mort va lui rendre Les cieux.

Ce favorable jour vient terminer sa peine; Il dit à la douleur un éternel adieu.

La mort brise la chaîne

Qui le tient en ce lieu;

C'est elle qui le mène Vers DiEC.

Des périls d'ici-bas, oui, la mort le délivre; Le trépas lui devient une force, un secours.

Du bien qui le doit suivre

Rien ne finit le cours;

Le juste meurt pour vivre Toujours.

Il était ici-bas dans la nuit la plus sorahre: Mais la clarté du ciel succède à cette nuit

Là sont des biens sans nombre,

Où la mort le conduit;

Le monde n'est qu'une ombre Qui fuit.

Malgré l'obscurité de cette nuit si noire, Pour arriver au ciel ciierchons le vrai chemin

Pour prix de la victoire,

0 bienlieureux destin!

Dieu nous offre une gloire Sans Qn.

7 Saint Louis de Gonzague ressentit une grande consolation lorsqu'on lui annonça quil allait mourir. Il craignit quelque imperfection dans la complaisance quil éprouvait depuis qu'on lui avait donné cette heureuse nouvelle , et il demanda au cardinal Bellarmin , son confesseur, s'il lui était permis de se réjouir de ce qu'il approchait du moment de sa mort. Son sage directeur lui dit de ne point craindre, et que Tallégresse qu'il ressentait était très bonne, puisqu'elle venait du désir ardent de jouir du souverain bien. Le jeune saint se livra alors sans inquiétude à la joie qu'il avait de dire adieu à ce monde de misères et de danger.

ËléTatîoQ. — 0 mon Dieu, lorsqu'il fut appelé pour maudire les Hébreux marchant à la conquête de la Terre- Sainte, Balaam les bénit au contraire, et il s'écriait : « Puisse mon âme mourir de la mort des justes ^ ! » Voilà devant vous ma prière aujourd'hui. Cette grâce couronne toutes les autres, qui sans elle deviendraient inutiles. Je vous la demande donc humblement , Seigneur. A quelque heure que le trépas me surprenne , après la maladie ou dans un accident , qu'il me trouve prêt , c'est-à-dire pratiquant la justice. Cela dépend de moi : je le veux; mais sans votre paternelle assistance mes efforts seraient vains. Soutenez-moi donc , ô mon Maître !

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