Oraison fuuèbre d'Henriette d'Analeterre
que nous errions d'astre en astre ; il se peut que nous rentrions dans le corps d'autres hommes, ou même des animaux (c'est la métempsycose) ; il se peut que nous restions suspendus dans l'atmosphère, attentifs à nous préparer une incarnation nouvelle; il se peut que.., etc., etc. : c'est un champ où les divagations sont infinies.
Au lendemain de la guerre avec la Prusse, lorsque chaque foyer pleurait un absent, que les larmes étaient dans tous les yeux, que les habits de deuil assombrissaient les rues et les carrefours de nos cités, les âmes aspiraient à entrevoir les horizons de l'autre vie et couraient aux pensées du sort éternel. La religion se présentait, comme toujours, armée des lumières et des promesses divines, mais exigeant la vie du sacrifice et le combat de la vertu. Le monde , qui n'aime ni la vertu ni le sacrifice , s'adressa à ce qu'il nomme la science ^ la science purement humaine, la prunelle si courte de l'homme déclarée soleil de vérité : car celle-là est de facile accommodement , et ne demande rien qui coûte. La science répondit par un livre, et ce livre fit sensation, ou plutôt du bruit : il était assez creux pour cela. Il répondit, par son titre, à la préoccupation du moment : Le lendemain de la mort, ou la vie future selon la science ^ . C'est tout ce que cette science , opérant en dehors de Dieu , a pu trouver de meilleur et de plus profond. Voyons ce que cela vaut, et quel baume en pourra tirer le cœur en face de l'inconnu de la mort.
Pour M. Figuier, le paradis où se réuniront les âmes, c'est le soleil... Mais dans quel temps et par quels chemins y arrive-t-on ? Voici. — Après la mort, l'âme vertueuse entre dans un corps nouveau; elle va s'incarner dans un autre organisme, et composer un être de beaucoup supérieur, appelé surhumain. Ce que je dis des hommes terrestres doit s'entendre aussi des hommes planétaires, qui ont vécu ou dans la Lune ou dans Mercure ou dans