‹ Les douze dames de rhétoriqueChapitre 6 sur 9 · fëÿ q · texte numérisé non relu

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iir en leur [ fortune,

Et pour garder le foible de rompture

CôNVOY DE M-ONFEERANT A lloBKRTKT.

Bourbonnois grandir

our

en

D un Scipion qui pour eulx parle et pugne

Contre un penois, branlant soubz l’aventure,

Cellui, par nous craignant desconfiture, Requiert de paix sans bataille importune.

Penoise nef eist

sans mat et sans hune ,

Fi’oissée au chocq contre une roche brune, '•*(/ ~ Parquoy fierté n’a mais ne endenture

Pour Bourbonnois grandir en leur fortune.

Mais nous, dont l’oeil tend en amour commune, De tous les deux de vocation une.

Nous transmettons cette nostre escnpture \ u hault soleil, de par la basse lune,

Pour Bourbonnois grandir en leur fortune.

“J f E > Science, dame contemplative,

Splendeur du monde et clarté

■;. Des anciens philozophés, nos pères,

V Pour démonstrer faveur consolative,

;/H i A tous nourris de ma main productive,

« : '{ Je leur transmetz salut consécutive;

■x '$}■:. 1 Plaine de grâce et d’affections clères,

• 1 : .f.Hy Je suis le ray et soleil déifficque

De l’obscurté du inonde en soy mendicque,

Qui perce cieulx, gérarcieset spères;

' f Je suis beauté conforme à Angélicque,

^ Luisant fermail de l’humain front pudicque, vjy V 4; Et dont il prcnt sa gloire viaticque ?iY)\ Par distinguer entre toutes matères.

Je monte au ciel , je descens es enfers , je pervole les aers;

Mon œil j embu sche ou courant des estoilles Je porte ou seing tout l’entier univers, L’humain produire et le naistre des vers ,

Le temps quadruple, et secs arbres et vers , Et les fueilles des vents parmy les voilles ;

Je vay foullant par les parfondes mines, J’attouche au doy les vaines métalines,

Je aide àtistre aux araignés leurs toilles,

Je conduis loix humaines et divines,

Je forme et treuve essources et racines De toute rien par vrayes origines De queles sont leurs substances et modes.

onre en mer

Japprens des cieulx la description faire ,

J assiés en l’aer ma plume calculaire

Dont tout ce qu est soubz rondeur circulaire

(iist en mes mains, d homme et d’ange fionnourées.

e suy de Dieu vertu en l’homme

Doulceur semblable à angelicque [ muse,

Qui comme argent timpanisant résonne;

Je suis torrent, plain de grâce perfuse,

Dont la richesse est telle et si diffuse Que je vaincz ceurs et oreille rencluse,

Et fay ployer vers terre le hault tronne;

Je fay tourner endurcies natures,

Je fay reluire et resplendir droitures,

L estroit en plait je l’amplie et flouronne ,

Je fay remettre offensses et injures,

Je mairie à bel les matères obscures,

J ay boiste en main pour toutes créatures,

Soit pour povre homme ou roy portant couronne.

Je suy le vray souspiral de Prudence, Fille intrinsicque à dame Sapience,

Qui quele sui si faicte me desceuvre;

J’ai pour miroer à mes yeulx Providence De qui je tyre honneur et réfulgence, Règle, parler, digérée sentence,

Dont j’attray cuers et les vaines leur euvre J’ay tout mon œul en honneste querèle,

En loy escripte , en raison naturelle ,

En Lien publicque et en vertueux euvre, Soit en gardant j ustice temporelle Ou en parant offense corporelle:

Toudis si est ma condition telle

Que l’un j’avance ou l’autre je receuvre.

Je circuis la nature des choses,

Je les aornc en preuves et en poses,

Et les assiés en lieu et point chascune,

Je les déduis par argumens et gloses, Jusque à sembler précieux litz ou roses, Dont les doulceurs, qui y gisent recloses, Passent tout autre en forme non commune; Je fay vertu et noble euvre reluire ,

Je fay mesus condempner et destruire, Deturper crime et façon importune,

Je fay les bons entendre à hault conduire, Les desvoyéz proposer un réduire Et gist ma fin finale et mon déduire En cas utile ou en chose opportune.

J’ay ciel, mer, terre en ma teste petite, Et m’est donnée aggression subite Devers nature en sa loge secrette ,

Là où sur tout qui y maint et habite J’assiés regard et veue circonscripte ,

Et n’y a riens dont au vif ne récite,

\ Soit forme abstraite ou matère concrète ;

„ Toutes droit là subtilités couvertes '{ Me sont à l’ueil monstrées et offertes, f Par quoy glosant toutes les interprète ,

| Et treuve ou ciel les entrées ouvertes,

C En mer parfonde inspections appertes ,

; Et n’a nature, occulte ouvrière certes,

Nul art en soy sur quoy je ne decrette.

J’ay en ma charge et trac tance parfonde Le fais total, le pois de l’entier monde, Que je par soing estudieux gouverne, Affin que paix y pardure et habunde De quoy le fruit en l’honnne tout redonde Et vive en Dieu tout fertile et féconde , Sans que rumeur en guerre si encherne ;

A ce m’adduit clère pbilozophie Regart mental, baulte théologie,

Toutes mouvans de lumière superne,

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Et lesqueles aprèz par industrie Raison mémoinct que je les approprie A salut toute et concorde flourie Du genre humain soubz le divin gouverne

pfc 11

(Smunté

e suy des meurs éstoille voya- [ gière.

Lyau de sens, cler parement de l’homme, D’auctorité et de foy douanière,

Jadis splendeur du hault Sénat de Romme

Qui troublison et voulenté légière

Fay réprimer par mespris de leur gomme ,

Et mes en cours vertu avantagière,

Flairant souef trop plus que Cynamome.

i) J’ay un panier porté dès mon enfance Que j’ay remply de matères diverses,

Et d’un rasteau dont jone prins l’usance, Venant, j’ay fait un mont de fleurs disperses: Selon le temps de diverse importance , Diversement me font rouges et perses,

Dont s’en présent n’en avoye l’aisance Jamais par moy ne seroyent alierses.

De long péner et invenible cure J’ay estoré l’escrin de ma mémoire,

J’ay réfréné et dompté ma nature Par avoir l’œil au clain d’un noble loire , j’ay vergier plain de fleurs et de verdure, Jamais faillant pour froit, ne pour tomioire , Parcpuoy nia famé est de clarté ségure,

Et moy non moins circulé de gloire.

(i) Dans le rase suppl. n. 208, les deux stances qui suivent sont dites par la Dame suivante , et remplacées par les deux autres stances qui commencent , l’une par ces mots : Je suis l’arrest . ; et l’autre par ceux-ci :

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Trésor acquis en puerill

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®Æ4v ,'W;A Dont resplendir on voit saison virile

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Mt En mœurs, vertur, en science, parolle, i j Qui, en temps propre et en eage docile, IW Duite a trémeur comme oyseaulx en gayole Produis vieillesse honnorable et fertille Par dignité de ma plaine fyole.

(i) Ces trois stances manquent dans le msc. n. 73g:

Je suis l’arrest des haultz hommes du monde Centre immobile à humaine prudence,

Plomb enfilé de pensée parfonde,

Pour faire et dire à poix de providence.

Qui, com plus j’ay de sens en quoy j’abonde, Com moins en moy de moy prens confidence,

et felice unde,

Et com plus monte en gloire Com plus je crains fortunal incidence

Je suis qui tout pour pense et considère Qui tout enfonce et au vif estructine,

Qui tout rumine en conception clère Ce qu’est et feust, et ce qu’à fin s’encline; Je suy le doy qui en haulte matère Me boute à dur et à danger y fine,

Et qui, après le goust que j’en digère, Quiert l’humain bien et la gloire divine.

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' r OT terrien, céleste celsitude

*, ^ J‘ay pour trésor de mon passant

-><j La où des Liens à tele plénitude l[ Que œil à paine y peut ruer béaige; y Je l’oy clamer haulte béatitude i D’avoir acquis telle gloire en jone eage,

’ Et dont il sieut prouffit par multitude :■! Pour faire à Dieu et à homme payage.

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Perles, saphirs, précieuses jacintes J ay à plain coffre et à comble influence,

Et tant de fleurs, de natures distinctes,

Que à paine croy qu’il m’en duit l’affluence: Leurs vertus sont si pures et précinctes,

Et à salut de telle congruence,

Que là, où Dieu les veult prester instinctes,

Je donne plus que royal apparence.

De tout ce qu’est dessoubz le ciel muable J’ay prest, ou don, ou ottroy de y attaindre,

Ou j’ay ostil de sorte si samblable

Que riens ne peut clos à mes mains remaindre ;

Car m’a esté nature si affable

Et grâce Dieu d’un si large surchaindre,

Qu’en regardant les joyaulx de ma table J’ay plus cent foiz que je ne puis estraindre.

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Ams’ jone enté en primitif cage.

Je fus plantée en vergier délittable Pour là m’adduire au ploy et à l’usage Du noble lieu, plain d’oudeur proulfittable; Léens manoit une dame notable,

Riche de sens, surnommée Doctrine,

Portait clarté, non moindre que vitrine,

Portait pinchel pour ouvrer de painture,

Et n’y avoit arbre ne flouriture

Dont ne me fist cognoistre la substance,

Et dont, pour faire esplandir ma nature,

Ne me donnast saveur vraye et prestance.

JJont tant rus riche et clere en transparence,

Que pour me mettre ou ciel o les planettes,

A paine y a cpii me roste apparence.

Le temps passé ma presté flouritures Qui percent ciel, et la terre environnent,

Cil du présent me paint neuves figures,

De jour en jour selon qu elles flouronnent Tous mes chincq sens verdoyent et bourgonnent En souvenir et retenance vive ,

En ramener vertu intellective Au poinct du temps et au poinct nécessaire Sans que oubly viengne y estre traversaire , Dont ma beaulté pourroit estre terme :

Qui ores suy un divin exemplaire ,

Cler et tournaille à science infinie.

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Ho0C ( JHatnu

ay estre et nom

preneuse [ essence,

Sj» Le corps moult noble et de digne

",-.î ' [ matère ,

pi Lequel rechoit du ciel la relucence,

terre haultain fruit et mistère:

4'®r Et porte en

'b J’ensieus vertu, j’entens à euvre elère ,

Je % mon nom concorder à mes fais,

P i % § Il plaist à Dieu ce que je emprends et fais, Ce qu’en moy entre et qui de moy procède (iPub&',; Tout vient à bien, tout à bon fruit succède

M/p/Cj -i. C 7

V- Tout y flourist, multiplie et amende Pr p v Dieu le gouverne et grâce lui concède Que vile main ne le soulle ou offende.

Je suy vergier de delitteux ombrage,

En qui les fruictz de perfection croissent,

Et où à tard il survient encombrage De tempestis, de gens qui les eonfroissent.

Ceulx qui mon estre honneurent et cognoissent et de valoir.

Et on désir d’apprendre Ceulx-là en u i oy mettent ceur et voloir,

Mon vergierot remplissent et estorent De fleurs dedens, par dehors ils le dorent,

Le fons, par sens, songneusement cultivent,

Et tellement m’attournent et décorent,

Qu’enfin par moy glorieux hommes vivent.

Je suis vaisseau de matère subtile,

Prédisposé à toute noble chose,

Pour prendre en soy digne précieuse huile, Balsme excellent ou conserve de rose ,

Surquoy le monde attendant se repose Pour parement, pour fruit, pour médecine; Car tele suis, de fons et de racine ,

Qu’en moy bontés et vertus se congréent,

Les dons de Dieu si essourdent et créent,

Les cieulx ployans par faveur y atteurent ; Tous en mon los s’assentent et aggréent,

Et l’homme en terre et les angelz m’onneurent.

Jitwntton

• J® *pàlK®î oür mettre avant chose de grant

[ emprise ,

Dure en conduire et difficile en euvre,

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J’ay de vif œil ma vertu si esprise J; Que à cop conçoy qui la voye my euvre ,

'■à Et qui de tout me baille le receuvre,

X, Soit pour monter sans eschièle en la nue,

, Soit pour miner une roche à main nue ,

‘ -X Soit pour entrer sans liuys et sans fenestre;

X J’ay l’engin tel et l’esperit si destre,

J i Si à command, si propre et si flexible,

W Que toute rien, qui en penser peut naistre,

Se je l’emprens, je le treuve possible.

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Soubz le ciel n’a ne voye, ne mucette Que je n’y ceure et quière languelage,

Et que droit lit ne taste à ma loucette ;

Se riens y a qui me serve a molage,

A pierre , à chaulx, à riche emmantelage , Selon l’object compris en ma pensée,

Et dont, aprèz l’euvre estre encommencée,

Je moult désire à fin joyeuse en traire,

La bien bastir, le noblement pourtraire, L’assortir bien, selon son exigence.

Sans riens y mettre impropre, ne contraire, Dont blasme à moy issist, ne négligence.

En cas soubtil, soubtil sens me besongne, Le gros s’en va par commune industrie.

Dont, selon l’euvre en qucle je besongne,

Il me duit art de diverse maistrie ,

Par quoy quant l'œil cà et là j’approprie, Voilant en l’aer, tel fois plongant en mer,

Il me fault bien maintes voyes former,

Par où je mieulx viengne à fin telle ou telle, Et donne effect et beaulté solempnelle A l’euvre emprinse et en l’œil pourgettée, Dont, soubz le ciel, de moy n’a plus ysnele, Ne propre tant quant je m’y suys prestée.

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ni a le ciel en son

geron,

,nonde soubz son chapperon TtSÎiSSsÉg»^ Et peut tourner à l’ environ,

En un cling d’œul, la terre toute,

Et a fréquente vision Du mont d’Oreb et de Syon ,

Et tire or et thopasion

Sans mettre main dehors leur croûte,

Qu’en direz par cotation?

A il ici fruition ,

Precieuse possession,

Dont haultain los aucun s’esgoute,

Et de quoy, par conclusion,

On doye faire mention,

Estime ou réputation?

Quelcun responde ou point n’a écouté.

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Qui a lecture historiale,

Nobilité mémoriale,

Conception théologale,

Service de philozophie,

Trésor de science morale ,

De naturele et doctrinale ,

Et de toute art poéticale,

N’en doit nature estre assouffie;

Puis, et qui a clarté mentale,

Ferveur envers honneur totale, Observant équité légale,

En quoy los d’homme fructifie,

N’a cellui grâce espéciale De tel trésor emmy sa sale :

Certes ouy et feust régale,

Car Dieu beaucop le glorifie

Qui a le ciel son luminaire, Infusion élémentaire De nature débonnaire Pour estre excellent et cappable,

N’a il un eur propriétaire De quoy il doit grant feste faire ,

Et par attaindre à hault salaire;

Mais qu’il le tourne à ploy semblable

Si à voir elle a hault douaire ,

Il a grâce particulaire,

Non commune, ne populaire Et en bas lieu a part trouvable , Parcpioy c£ui a un noble aulmaire, Et en peut noble trésor traire,

Il me semble et n’est point de taire Que mon nom lui est bien duisable

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ÎB&ttction

ï'v (Ia ci1 parler me m or

Pour avoir place congj Droict cy en cestuy hault chappitre .

Touteffoiz y suis pertinente,

Très convenable et bien décente Pour mettre à fin toute euvre gente Laquele ourdie, il convient tistre; Car plus est une euvre excellente D’estoffe riche et apparente ,

Que plus y duit main providente , Qui la boutte en gloire et en tiltre , Et. qui la déduise et régente Par art si clère et si patente,

Que riens n’y reste trou, ne fente Dequoy desflos aucun puist ystre.

Dont, pour parler de mes droitures, Je sers d’assortir les natures,

Les diverses espèces pures,

Eu une intégrité d’ouvrage ,

Là où, par règles et mesures,

Je observe poinctz, lieux, furnitures, Formes, manières et joinctures, Duisans à contiguë ancrage ,

Fondations je cpiiers ségures, Productions non déffectures,

Et dont les fins et pourgettures Sont d’un estre et d’un accoutrage ;

Et là j’assortis mes parures ,

Mes fleurs, mes couleurs, mes verdures Jusque à partaindre en labeurs dures La fin comprise en mon courage.

Je lye deux extrémités Par moyennes affinités En quele leur diversités Fay concorder comme en un mesures , Et là j’advise aux qualités Des choses et propriétés ;

Car, selon leurs formalités,

Il leur convient donner achemines:

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