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Les unes rendent obscurtés, Autres lumières et clartés,
Autres vertus et dignités.
Comme font précieuse gemmes , Dont selon leur réalités ,
En quoy j’ay tous mes yeulx gettés Jay bancz et sièges apprestés:
Selon telz sainctz, telz dyademes.
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Jit dont I inspection aguë Donne saveur et nourrissance.
J a esté par tel art tissue Et par main de sens si houssue, Quil y pert en final yssue ,
Com faitte en est ma reluisance Ma roble est toute dor cousue, Des ray ans perles surfondue , Où tant a flouriture drue Et de subtile apparissance ,
Que l’ueil si foiblist et esblue, Par haultesse de ma val lue; Mais quant engin si esvertue Il y prent joye et flourissance.
Je suis qui les ouvrans couronne Et qui mesures portant couronne, Les adestre et les environne Selon mérir de leurs labeurs Et qui de tiltres les foisonne ,
Selon ma main qui les flouronne Subtillement les achoronne Par y contourner ses valeurs ,
Lors ou se l’euvre à l’art consonne, Se couleur y a propre et bonne, Figure en ligne non dissonne,
J’en fay esmervillier les ceurs ,
J’en fais exalter la personne,
Voiler son euvre jusque au tronne Et gloire, plusque d’eauve en ren, Lui baille en bouche des meilleurs.
Soit pris en gré nostre petit ouvrage ,
Oui est basty en l’aide et suffrage De nostre amé, non sans cause, George,
Qui, par non fer avoir en propre forge,
De nostre emprunt fait richesse et parage.
Se riens y a qui soit de noble umbrage,
Qui soit de fruit ou de cler fénestrage ,
Pour décorer royal palais ou porge,
Soit pris en gré nostre petit ouvrage.
Ce qui y est tout gist soubz larbitrage Des Bourbonnois, que Dieu gart d’encombrage. Plus voyent yeulx chings cent que un seul qui forge, Froument cuidié , tel foiz ne vault point orge ; Mais, quant l’envoy meut de noble corage,
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Ensuivent les lettres dudit George envoiées audit Robertet.
Recognoissant ma povre insuffisance,
Mon gros engin, ma nature infertile,
Mon estre obscur, ma bastarde croissance Produite à dur, sans vert, sans flourissance, Rude mal propre et non à riens utile,
Te au jour d’hui suivant néant mains le stile, Le ploy tel quel de ma povre nature,
Fay humble envoy des biens de ma closture.
Doubteux main propre avoir en offendicle , Griesve à autrui rendant à deux les playe ,
Se mous me voy à dangereux article C’est que d’ouvrir l’est droite ma boutle Où povreté le déffrumeur abaye Et dont enfin, s il convient que j’en traye Ce qui y gist o confuse besongne,
Tout seray plain de honte et de vergongne.
Tiltre de peur me vient donner rencontre Et me sursault matère minatore ;
La peur contraint mon orgueil à l'encontre, Parquoy, en cas de l’effroy que je monstre,
Ne m’est seurté, sinon de non victoire ;
Ne quiers pourtant, par oultrage notoire, Perplexe main boutter contre invincible,
Quant non pugner rend corps non confusible.
J’ay un dur roc à taillier et à fendre;
Mais n’ay chiseau, ne main qui y souffisse,
J’ay propre honneur à touldre et à déffendre, Qui eschapper ne porray sans l’offendre,
Par peur trop fade ou par foie entreprise, Entre hardement et niche couardise ,
Pend à un fil cestui mon tel affaire,
Fol du laissier, et moins sage du faire.
J’ay cas bouttant qui me prie et ennorte,
Et qui criant vien susciter ma plume;
Faveur assez m’y encline et comporte,
Lors quant regart au poix me desconforte Et me rend main plus pesant que une englume. J’ay qui fu souffle et qui l’estaint ralume,
Et qui, en ceur non transquile en soy mesmes, Nourrist contraint discordances extrêmes.
Je quiers fuyr, je treuve au doz boutance;
Je quiers riens dire, et taire me confute,
Je faing couler temporelle importance,
Par non sentir prière ne instance ,
Lors quant honneur lâche homme me repute , Je conclus points et romps œuvre conclute, J’asserme icy, là d’autre avis je nye,
Dont soubz paix quise il sourt guerre infinie.
J’ay soing en ceur; mais non méràncolie, Beaucop soussy sans ennuieux encombre;
J’ay coy semblant sans tristeur qui me lye,
Là où fierté, sans vice de follie,
Tient de vertu, et d’honneur prend son timbre; J’ay un seul point qui me fait cent en nombre , Et dont les mille ailleurs me font tel conte , Comme icestui qui seul mille autres monte.
j’ay par dehors d’object d’une splendeur Qui par dedens me rompt vertu visive;
J’ay qui m’excite à flamme et à ardeur Dont j’ay conceu me retourne en froideur,
Et en rebout de vigueur sensitive Tant seulement puissance intellective A lieu droit cy; mais non vertu sommière Pour soy offrir à si rayant lumière.
Sans avoir veu , sans acquest de science, Comme plaint d’art me voy pressé d’escrire,
Et sans avoir de riens expérience Oser me fault de verbal sapience
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Me fault monstrer ma rurale lecture Devant uns yeulx plains d’art et de nature.
O Robertet, se ta plume fertile Eust peut user d’espargne envers la mienne,
Ne feust besoing que ores moy inutile Querusse trou de l’esguille subtille,
Pour satisfaire au mérir de la tienne,
Qui en frayeur quasi Achiliénne Devant Hector fuis icellui emprendre,
Quant n’ay de quoy pour furnir ne comprendre.
Ne besongnoit que ta plume dorée,
Moullié et taintte en encre rosayque,
Donnast ce coup à la mienne essorée ,
Voilant en l’air, mal duite et mal lorrée,
Et mal au ploy de doulceur réthoricque;
Par Dieu seigneur sauve l’estrif publicque; J’amasse mieulx que ton-noble dépaindre Tournast sur autre, ou que l’euvre en fust maindre,
Tu m’as assiz en exeelse cler tronne,
Tout circui de gloire et de loenge ,
Et proclamé devoir porter couronne Des poètes que de vert on couronne ,
Qui bon Dieu los ne suis de servir lenge,
Or, il ta pleut me donner celle frenge
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Par un semblant que je bien note et signe; Mais l’employ faulx dèturpe le nom digne.
Saint m’as volu angélisier, ce semble, Déiffîer entre les mortelz hommes,
Dont de l’honneur je frémiz et en tremble, Et suis en grant esmeryillier enssemble, Dont ce te meut que si hault me renommes , Je n’ay pas non les précieuses pommes De l’arbre d’or croissant en mon vergier, Sinon que fol trop le creusse à légier.
Tu tens, ce semble, en labeur curieuse M’avoir tout tien, tout joint à ta nature,
Se tu ce fais de bonté sérieuse Tu torfais dont à Romme glorieuse,
Quant tu me mets emprès sa nourriture, Dont à lexcelse et noble flouriturre N’est d igné nul qui si appere ou monde ,
Ne que un victrin à perle de clère onde.
Ou tu ce fais par forme dérisoire,
Ou par affect de léale racine;
Le dérider ne m’est possible à croire,
Quant trop seroit chose diffamatoire,
Toy, un tel homme, avoir telle voisine,
Se donc, amour ta prins en sa saisine Pour décorer mon chief de margarites,
C’est dont faveur non fondée en mérites.
Non, les liaultz motz glorifient un euvre,
Ne vain loer n’amoindrist main ouvrière,
Mais l’effect vrai, qui en tout art se oeuvre,
Cellui par soy juge assez et desceuvre Se los lui duist ou famé autre encombrière; Quant l’art est bon et du mesmes l’arbrière, L’euvre et l’ouvrier non en vain s’entrehonneure Quant se l’un fault, les deux s’en deScouleurent.
De quel oser, ne de quele arrogance Me duiroit-il couler ne souffriz dire,
Q’ entre les haultz et les plus clers de France ,
Je feusse estoille ou précieuse brance De parler noble et de élégant escripre;
Voir ce m’est bien matère pour en rire,
Quant je cognois de tel los la value,
Ne quele fin yst d’avance si velue.
Je suis non angel, ains homme et maindre au double Corjts pur, brutal , moyen entre homme et beste ,
Ains de tel heur me contente et me double,
Comme il est duit à personne si trouble ,
Qui n’a de quoy pour faire dueil ne feste;
Mais simplement comme rural aggreste Recongnoit Dieu, et de mal et bien faire Discerne au pois touchant à son affaire.
Bien je cognois qu’entre autres créatures L’homme est produit en suprême artifice,
Et que, en ce poinct, le Ducteur des natures La ennobly sur autres ses factures Et enrichy de maint hault bénéfice ;
Mais non pourtant si est-il plus propice A un que à autre en ses dons multiformes,
Quant tous n’est point besoing d’avoir conformes,
Mesmes ou ciel, en l’espèce angélicque,
Là a vertu, par nature distincte:
L’une est suprême en l’ordre céraphicque , L’autre au déssoubz au tronrie archangélicque Et puis le tiers a semblable à jacinte ;
Et touttefoys chascune est si precinete De contentance, et de gloire assouffie,
Que Dieu chascune en son lieu gloriffîe.
Pareillement a il ou ciel planettes, Flambëaulx luisans, corps d’obscure influence Signes pervers , concurrences secrettes De quoy en l’aer se forment les cornettes , Brandons de feu par nocturne affluence ,
Et néantmoins par moult grant confluence, Dont emprès eux les estoilles petites,
Qui de leur peu ne font pas mains débites.
L’une si est pesant, grave et diuturne,
Fixe en son ciel, sans lequel point ne tourne ; L autre est fulgent comme un soleil nocturne, Et rompt l’aigreur du hault pervers Saturne ;
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Autre est message au matin qui ajourne; Chascune en-soy se comporte et atourne Selon son Dieu , son propre et son office L’une en bonté, l’autre en autre exercice.
Oiseaulx en l’air mile mile manières Vont volitant de différens ymage;
Lesuns sont beaulx et ont vertus plénières Autres trayance a yauves poissonnières, Autres rattiers et de povre estimage,
Et touteffoiz chascun de son plumage Fait joye et feste et se vit esbattant,
Tant un busart comme aloe chantant.
Les mers si ont leurs monstres parhorri blés, Leurs partons creux ou logans se conservent , Dont comme iceulx ont leurs formes terribles, Autres aprèz ont natures aysibles ,
Et au désir d’usage humain s’asservent ,
Dont s’il en est cent mile qui ne servent,
A tant soit peu, fors d’estre créature,
Au moins font gloire au facteur de nature.
Tournant dont l’ueil sur les arbres et plantes. Diversement de nature sorties,
Les unes sont précieuses flairantes,
Produisent fruit de leur fleurs élégantes;
Autres emprèz sont ronces et horties,
Que nature veult avoir assorties
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Avec le bel de tout son liault parage Pour décorer tant plus son noble ouvrage.
Que dirons-nous des roches et des mines Où les trésors précieulx se recondent ,
Divers mettaulx, diverses perles fines,
Dont les vertus et donnisons divines Toutes à fruit congruent et respondent ?
S'en eulx on voit vertu en quoy habondent ,
Ne sont pourtant en un degré et pris ,
Car Dieu ainsi pour décent l’a compris.
Se dont George, en temporel voyage Et à l’exemple aux choses sus escriptes,
Vit , passe , et dure et mène à bout son eage Sans liault convoit, sans arrogant béage,
Pose qu’a peu de vertus et mérites,
Ne me fault-il mes richesses petites Porter, souffrir et m’en tenir content?
Par Dieu ouy et sain est qui l’entent.
Je suis Titan, ne Vénus, ne Mercure,
Ne parement en espère, n’en tronne;
Ne suis aussi prophète , ne augure Sensé, ne cler, sinon à l’avanture,
Soubz humilie habit et soubz simple couronne , Lequel fortune empaint et esporronne Souvent du pic pour milleur me produire, Quoy que à grant dur si treuve le réduire.
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Ne suis paon o sa plume dorée,
Ne rossignol, ne merle en armonie,
Ne suis en mer Seraine esuigoré,
D’humain semblant portraicte et figurée ,
Qui ceurs endort et pert par symphonie;
•Te suis un tout de la maindre maisnie Du ciel, de l’air, de la mer, de la terre ,
Gros comme un plonc et fraile comme un verre.
Je suis rosier, ne plante précieuse,
Flouri rainsseau de vigne, ne d’olive;
Ne suy saphir de beauté spécieuse,
Ne en l’aspect perle délicieuse ,
Ruby ardant, ne balay d’eaue vive,
Mais suis cellui qui a tous eulx déprive Beauté, vertu conjoinct emprèz leur forme;
Mais moy par eulx je m’amende et réforme.
Quel dont puis-je estre ou quele met duit famé, En genre humain qui tant suis peu de chose,
Qui tant suy gros , rude et obscur en lame Que à peine est-il qui si povre se clame ,
Ne ou tant vraye ignorance repose P Certes quant tout je regarde , et propose Et pense à l’arbre, au fruit et à sa fueille,
Sobre est le los que je y attens et cueille.
Qui dont suis tel, et me faiz un Virgille,
Un Cicéro , un samblable à Homère,
Un Démosthène , un Thérence à hault stile, Comme tu faingz estre vray evvangile,
Que les haulx dieux me soient père et mère,
Ne m’est, hélas! la chose donc amere D’oyr telz motz dont les abstans sourrient,
Et les plus haultz de la terre murrient.
O refulgent! noble clarté française,
Tronne influant gloire au monde et science,
Icy offres prompte oreille courtoise ,
Parqui receu en parler qui me loise,
Je gaigne ascout et benigne audience,
Non par convoit d’aucune confluence
Des biens mondains, que icy attende ou voye ;
Mais par honneur qui devers vous m’envoye.
Ne vous soit dur, o le trésor du monde, Saincte quasi croisson parisienne,
Se bouche amant et excelse en faconde V a desrivant sa richesse parfonde ,
Pour ennoblir l’indigne et povre mienne,
Qui recognoy que la vostre anchienne Qui les cieulx perche et peut l’enfer déclorre, Non digne suis que nommnant je l’adre.
Ne vous soit grief, o haulte seignourie ,
Docte en Paris , ou girom d’éloquence ,
Se ceste amour en parolle flourie,
Moy honnourrant, voz haulteurs injurie,
Puis qu’ amour est la cause de la playe,
M°y, pour Fa niant, j’en veulx porter la paye.
O Robertet , chier frère , noble gorge , Mélodieux organe en voix espandre,
A quoy as trait hors de ta riche forge L’amoureux feu qui confond ton George,
Et dont il chiet en honte et en escandre,
Et de quel cop, quant seroit Alexandre,
Se pourrait mal réparer au decent Le dur qu’autrui en ton tel loer sent.
Ou ton amour est trop ample et trop larg Et n’est à point ton affection droitte ,
Ou tu flotter suef'fres au vent ta barge,
Sans avoir l’ueil à ancre ne à targe,
Comme il affiert à équité estroitte,
Quant tu sans pois de ce que ceux convoite. Sueffres faveur non digeste à toy croistre Pour loer homme et amer sans cognoistre.
Tu enfreins loy et ployes la statère, Tu propre sens excedes et mesure De jetter cuer en subgette matère, Sans y sçavoir ne vertu , ne mistère Parquoy hault œil y doit ruer pessure Je ne dy pas que j’en sente blessure,
Ains il te meut de noble et franc forage ;
Mais ton franc cuer me contourne en oultrage.
Le neu estroit de l’amitié humaine Ne gist bien scez en parolle venteuse,
Ains gist en ceur de hault, noble demaine Comme jadis pour la clarté Rommaine Tulle en escript par forme delitteuse Où clarté a, n’est jamais diseteuse De vain loer, ne d’estre fort clamée;
Mais sans flatter lui souffist d’estre amée.
Tu es et vaulx, tu as estor moult rice, E moy je n’ay et ne suys chose nulle ;
Tu as nature aimmable nourrice Fortune a choix, faveur d’amour propice Vie à plaisir, en honneur sans recule Et as succié de Thérence et de Tule Tant de doulz lait et de si noble boire Que tu en dobs à Dieu grant los et gloire.
•T’ay ce que j’ay, jay chose moult pettite; Mais, quelqu’en soit le possès , ne le mestre, Sans estre ingrat, j’en doy gloire et débite; Et, povre ou riche, au moins je m’y délitte Et prens en gré ce que aultre ne peut estre ; Tel qu’il a pieu à Dieu me faire nestre ,
Tel me souffis et qui veult tel, m’accepte; Mais vendre il siet au pois de la recepte.
Se moy, de moy je fay petite estime,
Je fay mon los et en ensieus droiture;
Car n’y a pas du bien la part septime Que tu y crois, non certes, la centime ;
Los touteffois en soit à ta nature ,
Qui, bien veullant envers tel créature, Respand faveur d’immortel souvenir Et dont j’espoire haulte yssue advenir.
D’art m’est sobresse et de science acquise, Et n’ay trésor d’escole ne chevance Dont, se ricesse estoit en moy requise,
Feust quelque peust précieuse ou exquise,
Se riens y a , nature le m’avance :
La preuve en gist en clere appercevance Par le dehors dont mon engin séparé,
Lors quart lui fault et de moy se sépare.
Seul un point a qui m’est riche et féconde Et qui hault eur me donne etvalitude,
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Duquel ce peu que j’ay d’art et faconde,
Ce tout je puise en sa béatitude ;
Car tout y a de gloire à plénitude D’honneur, d’exemple et de liaulte légende, Que veulle ou non , il fault que j’en amende.
J’ay, oultre ce, naturelle ferveur Vers les sachans, que sciences nourrissent ; J’ay en parler rhétorical faveur;
Mais, oultre mode, ay-je amour et faveur Vers eux, en qui meurs et vertus Sourissent; Car quant beaultés et richesses périssent En Vertu seule ay choisi ma custode,
Dont se j’ay bien, si n’esse d’autre mode.
J’ay cuer tout humble et aux bons serviable Corps à l’emploi d’amour rétributive ;
J’ay beaulté constant et permanable Vers mon amy pour mort non séparable ,
Se cas s’y offre ou cause précéptive,
Mais je n’ay pas puissance éxécutive De sorte au cuer, ne propre à mon entente Parquoy l’espoir y est de povre attente.
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Mais ay des motz beaucop qui se reployent ; Mais se les miens à tes dis ressambloyent,
Et qu’en moy eust tel eur avec coustume,
Je t’eusse escript peut estre d’autre plume.
J’ay œul qui oncq vit ta clère personne ; Mais j’ay un ceur qui te dépaint en marbre ; J’ai bouche ouvrant qui ta gloire foisonne , Qui l’air remplist, qui les Alpes estonne Des fleurs et fruitz de ton précieux arbre , Luis ou tu veux, en Puille ou en Calabre, Jauray par temps actes vers ta faiture;
Mais n’y quiers point guide autre que nature.
Nature, amour et ceur sont d’une ligue Tant que l’un est l’autre va en séquèle Je suy vers toy non franc, mais tout prodigue Car ceur , amour , nature , sans fastigue ,
Je tout t’ envoyé en prestance éternèle ;
Soit prinse en gré l’affection ysnèle D'un gros George à un cler Robertet ,
Qui noble en art et un grand Robert est.
SECUNDO M SOCIîATEM
Principium amieicie est benè loqui; sed sic licet amare , incipere tamquam non liceatdesinere ; ama ad modùm igitur et lauda ad parùm : quia plus est actione venerabilem esse quam titulo.
Ingratus qui beneficium accepisse se negat quod aceipit. Ingratus qui dissimulât. Ingratus qui non reddit. Ingratissimus omnium qui oblitus est.