CICERO I
Odiosum sane genus hominum est, officia exprobrantur ; quæ meminisse debet is in quem collata sont, non commerare qui contulit.
gJPlP
(1) Colle ci (a liôn ne se trouve que dans le manusci il n° 208
gg fgf
iETTRES ENVOIE ES PAU RoBERT'ËT A MoNFERRAND
Frappe en l’ueil d’une clarté terrible, Attaint au ceur d’éloquence incrédible ,
A humain sens difficile à produire,
Tout offusquié de lumière incendibble, Oultre perçant de ray presque impossible Sur obscur corps qui jamais ne petit luire. Ravi, abstrait me treuve en mon déduire , En extaze corps gisant à la terre,
Foible esperit perplex, àvoye enquerre Pour trouver lieu et oportune yssue Du pas estroit où je suis m is en serre Pris à la retz qu’amour vray a tyssue.
fl, y .j '0;' & P .
mmi
Où est l’euil capable de tel object visible, l’oreille pour ouyr le liault son argentin et tintinabule d’or? Les sens et puissances organiques d’un pur corps terrestre, où sont ils à ton advis disposéz a réciproque euvre à celle surpassant, que puis huit jours en ça tu, o cler esperit, Monferrant, corps d’homme eureux, amy des Dieux immortels et chéri des hommes hault pis Ulixien, plain de melliflue faconde et courtoisie, ostil et organe des muses, m’as envoyée? Qu’est-ce à ton jugier de cest euvre? N’est-ce pas le trésor dont l’université du monde , mieulx estorée de haulx engins , se porroit facilement assouvir ? N’est-ce resplendeur équale au curre Phoebus ? N’est-ce son mélodieux en toutes oreilles plusquel’armonieuse lyre d’Orpheus, ouvrans les parfons enserrés ceurs, la tube d’Amphion retentissant? N’est-ce point une ferveur eschauffant à désir de savoir , et l’aguillon incitatif de mieulx valoir ? N’est-ce encoires l’eaue et doulz ruissel sourdant des inexpuissables fontaines d’éloquence? Nest-ce la Mercuriale fleute qui endormyt Argus, et n’est-ce l’existence scientifficquè qui souffiroit pour unes Athènes refaire? Nest-ce un presques divin spectacle entre les hommes de sa vocation que ton George, ô Monferrant ; si est voir et plus assouvy corps et entendement d’homme que langue ne peut exprimer. Doncques à présent que me l’oist-il, qui suis aveugle de sa clarté, tellement que ne puis traire mon regart contre la lumière de ses clarescentes euvres et
rescriptions; car pensant seulement à mon fol hardement dont l’ay provocquié par ma légière témérité dont tu fus cause primitive,
et l’ennorteur qui m’as à ce contraint. Telle honte m’esprend,
#hr\
telle confusion me charge et tombe sur la face, que je n’ose lever l’euil en l’aspect de ceulx qui me cognoissent: et n’oseray jamais applicquier main aprez si noble plume, aprez si hault historien, aprez tel précepteur de totale escripture. Ce ne suis-je mie, ô Monferrant, à qui l’envoy des Douze Dames appertiengne, qui ne vis oncques de leur affaire que par loingtive récitation, mal comprise ? Mais ton George, c’est le bras dextre, éxécutif de leur traditive, leur consistorial sécrétaire, cil qui en euvre met les gemmes de leur précieuse mine; c’est l’inquisiteur et lustrateur de leurs infinis abismes et parfons secretz, qui est de leur conclave et estroit conseil; à qui elles sont, non pas seurs ne norrices seulement, mais vraves espouses,et à luy inséparablement conjoinctes par acquisition loable, duisant à sa prédisposée nature. Et a toy, ô Monferrant, est immortelle gloire deue, qui soyes digne d’avoir recombé sur le hault Parnassus moullié de la liqueur delà très clère fontaine Pégaséicque, dont George, en son bers fut par les Eliconides enyvré; et depuis, par le conférer, tu en as esté embeu pour magnifier ta nature et amplier ton los ; car bien duit à bras chevalereux et corage heroyc, bouche éloquente et sens historial. Or reviens à parler de mon povre estât : tu m’as mis de perplexité doubteuse en impossible affaire; tu m’as mis sur l’espaulle pois surmontant ma force et ma vigueur, dont ne puis estre déchargié se à ma honte non; mais en tant que tu las fait pour me cuider faire milleur. De ce bon volloir me sens-je, obligé à toy , et t’en remercie, aussi de la paine que tu longuement as prise au fait de ton riche envoy, et si je ne souffis à rendre pour icellui-ci grâces con dignes à ton George, simulachre que je aprez les immortelles essences, plus honneure, c[ui est l’astre irradiant dont les ignées pointes aguillonnent ma foible nature; et est cellui (pii n’a pas en regart à mon mal faire, mais comme
soleil luisant également, tant sur vile que sur noble matère; ainsi sur mon obscur nom a getté son ardent flambeau , et m’a oui tre et sans mérites éxaulcié, comme se j’étoye un grant suppos de science. Fault il neantmoins qu il prengne en gré mon peu, comme j estime son grant. Or est, ainsi que George, par dictiers resonnans me loe, prise et magnifie oultre desserte. Là est- il hors de la balance de jugement ; là se transporte George où il croit plus à tes recors que à mon dur et indigeste escripre; lui il est mon empereur et précepteur, de luy doy je endurer sans réplicque. Se aultrement le faisoye, ce seroit récalcitrer et doublement me poindre. Je ployé soubz lui; je acquiesce à son mander, je jamais n’oseroye plus entreprendre à luy mettre ma povreté au devant, qui ne suis digne d’approcier les murs cristallins du hault palais de tes Douze Dames, ou milieu duquel en tronne siet George, plain de tiltres; là luy sont les secretz magnifestés; là est sa demeure, là est monté en pinacle, pour veoir choses à son estât scibiles; là a il prins sa nourriture d’enfance ou géroin de Dame; là luy aromatisa Calliope sa bouche, qui depuis a tant épars de ses rices oudeurs, que la terre en est soue flarrant; en ce lieu, par destinée, lui fut ordonné de escripre et de avoir, pour ce faire, le miroir du monde en son regart, où il peut veoir vraye représentation des plus haultes choses du monde, où il peut extendre ses nerfz et puissances dicibles , et plus puissier de biens qu’en nul autre lieu, n’en a tant soit plain de diverse grâce ou mérite. Et pour abrégier, Monferrant, à ce que je tellement quellement saille de mon escripre, et face fin à ma lettre, je ne scauroye que plus dire, tant suis surpris de l’excellence de l’euvre Géorgienne que m’as envoyée, forz que je l’ay deument présentée au très noble et excelse duc, mon maistre, qui de George et de toi a dit parolles loables, recevant
en gré et loant haultement l’euvre. Au surplus j’aime George, non de nouvel, et le chéris plus qu’oncques. Voire je l’admire, et voy en mon esperit incessamment. Et si je ne puis satiffaire à son escript, obstant ma rudesse et ygnorance, si luy plaist-il , me donnera excuse , et se fondera sur mon volloir indéfîcible , considérant la povreté que j’ay des biens et ricesses dont il afflue. D’amour ne me sçaroit-il surmonter; laquele envers vous deux me tiengne lieu pour le restant? S’il vous plaist riens me commander, ayezregart à ma puissance, et jusques-là vous avez l’homme qui est tel qu’il est.
Lettres envoyées par Robertet a Monseigneur de ea Rière.
Je demeure en mon peu de scavoir,
En mon petit estroit de concepvoir,
Et en un rien de ma grasse ignorance ,
Et si , ne sçay de rien apercevoir
Que à grant paine de mensonge ou devoir,
Non ignorant ma petite sçavance ,
Et néant moins à escripre m’avance,
Soubz grant crainte de peur et de méffaire ; Car fais humains sont toujours à refaire,
Se divin euvre n’y joinct ou participe Pis je n’entens , ne mieulx je ne sçays faire : Ayez regart à la fin et principe.
Monseigneur de la Rière, je me recommande à vous plus de fois qu’il n’a de catharactes ou ciel, vous remerciant encores de la paine que avez prise envers George, cette grosse cloche si hault sonnant, pour me faire avoir si largement du doulz fruit de son très plentureux et fertile vergier , dont les moindres feuilles sont d’or , et les fruitz passans la beaulté et saveur des pommes hesperides. En somme George est homme; mais quel? Certes sa renommée n’est mie si grande encoires que son mérite requiert. Nul ne l’approuce, il surmonte soy-mesmes de vraye et immortelle gloire. Son euvre a esté présentée par dom Martin Henriques de Castclle, il a huit jours, à Monseigneur le duc nostre maistre, en un bancquet qui se faisoit ce jour, prise en gré de luy, louée de tous et de moy aprez recueillie en tel honneur et vénérence, qu’il appertient à si hault et riche envoy. J’en escrips à Monseigneur de Monferrant une petite épistre testificative de la réception d’icellui; quant au surplus, que je sceusse plus avant passer, ne me aventurer envers George, là fault mon sens. Je demeure scabelle sous son pié, vous priant que me recommandez très humblement à lui et audit seigneur Monferrant, et vous me aurez tousjours en grâce, et à Dieu vous dy qui vous ottroie joye parfaite.
Escript à Mon, ce derrenier d’aoust.
Vostre serviteur etléal ami,