‹ Les douze mois de l'apicultureChapitre 4 sur 14 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

Il est bien entendu que la colonie d'abeilles est bien constituée quand elle a une mère vigoureuse à la tête d'une bonne population d'une quinzaine de mille d'ouvrières, ayant de dix à vingt rayons de cire, composés principalement de cellules de petites dimensions, contenant suffisamment de miel operculé et une provision de pollen pour la nourriture des jeunes larves qui se développent sous la triple poussée d'une bonne flore mellifère, d'une active population et d'un printemps tiède. Il est bon de placer la ruche dans un coin abrité du jardin, sans trop de souci pour la direction, lever ou coucher du soleil, et assez à l'écart pour permettre aux abeilles de sortir et de rentrer sans se heurter à aucun obstacle, au moins pour quelques mètres du trou de vol. Habituer les abeilles néanmoins à votre présence, et usant de fermeté et de douceur à la fois, comme avec un enfant qu'on aime, mais dont on veut se faire obéir. On ne s'approchera de la ruche que par derrière, pour ne pas couper la ligne de vol, ce qui peut toujours irriter les abeilles inutilement, car l'abeille s'éloigne de sa ruche avec une grande rapidité, et, heurtant un corps mouvant, elle pourrait l'attaquer et exciter ses compagnes, en répandant l'odeur de l'acide formique qui s'écoule de son dard, à en faire autant. L'apiculteur donc, qui aime ses abeilles, et qui n'aime pas les piqûres, prendra un enfumoir et avec précaution donnera quelques bouffées de fumée à l'entrée de la ruche, en évitant les mouvements inutiles. La propreté de son corps est aussi un point qu'il ne faut pas négliger, car les abeilles étant très propres autour du noyau populeux et dans l'intérieur de la ruche, ne peuvent pas supporter des mauvaises odeurs autour d'elles. Il est donc du devoir de l'apiculteur de placer sa ruche dans un endroit propre, loin de tout bruit et de toutes odeurs désagréables. Avec ces précautions prises, un grand pas est fait pour le bien-être mutuel, et la visite de la

ruche peut se faire en tout repos et confiance. L*enfumoir allumé et fumant bien ne doit jamais être négligé, pour empêcher les abeilles de s'irriter. Il est toutefois très prudent de ne pas découvrir les ruches quand l'irritabilité des abeilles est grande. Quand le ciel est serein, qu'il n'y a pas de vent, toujours contraire à la facilité du vol, que le soleil est haut après avoir chauffé convenablement la ruche et adouci la propolis, afin qu'il n'y ait pas de craquement quand on veut lever un cadre, c'est le moment de faire sa visite, et en ce cas on risque rarement d'exciter les abeilles.

Qu'on sorte les cadres sans secousses, en les gardant dans la position verticale et, pour inspecter les deux côtés du rayon, le tourner de gauche à droite ou de droite à gauche, sans le renverser ; retenir son haleine autant que possible, et ne pas souffier sur le groupe d'abeilles, notre haleine étant plus ou moins, plutôt plus désagréable à l'odorat très développé de ces insectes. Après avoir dûment inspecté le cadre, le poser sans heurt, soit contre la ruche, soit dans la ruche même, s'il y a un espace libre, afin d'éviter le frottement avec le cadre voisin, retirer lentement ses mains et prendre un autre cadre, toujours avec calme. Tout bruit insolite, de même, peut causer une confusion dans la population, aussi n'est-il pas prudent de parler fort ou discuter ou siffler autour des ruches découvertes, d'où la croyance des anciens « qu'il était nuisible aux abeilles de blasphémer », ce genre de sport ne se faisant qu'à haute et intelligible voix.

Les cadres qui par hasard auraient souffert pendant l'hiver de l'humidité, (Joivent être exposés au soleil, pour désinfecter les germes nuisibles qui par suite pourraient causer des indispositions dans des maladies inconnues quant à leur origine. Dans cette catégorie, nous avons le « Mal de Mai », ainsi dénommé parce qu'il fait son apparition dans les pays du Nord, en Mai. La maladie paraît et disparaît mystérieusement, les remèdes ne sont pas efficaces ; dans nos pays, le mal n'est contagieux que dans la ruche même, et d'adulte à adulte. Cire, bois, larves, ne sont pas infectés, et on ne court aucun risque en entrechangeant ces articles. L'humidité semble être le plus dangereux ennemi pour produire ce mal, qui est aussi connu sous le nom de

Bacillns Gaytoni, tme constipation très obstinée, sans remède connu.

Flore de Mars, le réveil de la nature. — Les fleurs mellifères df» la région sont : la bruyère, la lavande marilinic, Vmaandier, le cerisier, le pécher, Veucali/ptus, la bourrache, l'aubépine, qui figurait toujours chez les Romains dans la marche nuptiale, le thym, etc., etc. Le rendement en nectar dépend du sol et de la température tiède.

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