LA GÉNÉROSITÉ. 1SÎ
aurait reçues pour eux. Il blesserait même, en ce cas, la pauvreté qui lui interdit une pareille disposition.
Il pécherait enfin s'il recevait des présents des écoliers; s'il leur retenait quelque chose ; s'il cherchait à s'attirer des louanges, des applaudissements, à être flatté ; en un mot s'il désirait d'autres avantages que ceux auxquels est appelé tout digne Maître des Ecoles chrétiennes, c'està-dire l'utilité du prochain, sa propre sanctification et la gloire de Dieu.
Je tâche moi-même de plaire à tous en toutes clioses, ne cherchant point ce qui m est avantageux, mais ce qui est avantageux à plusieurs, afin qu'ils soient sauvés. I Cor. x, 33.
Pour ce qui est de moi, je donnerai très-volontiers tout ce que j'ai, et je me donnerai encore moi-même pour vos âmes. II Cor. xu, i5.
CONCLUSION
CONCLUSION
Telle est, M- T.-C. F., l'explication des vertus d'un bon Maître.
Vous voyez quelle est entièrement faite d'après ce que nous en avons appris de M. de La Salle, que c'est le développement du plan général qu'il a suivi pour bien élever les enfants. EU avec quel étonnant succès ne l'a-t-il pas suivi! Ce plan, en effet, renferme les quatre principaux moyens dont les plus habiles Maîtres se servent pour réussir dans l'éducation des enfants; savoir, de s'en faire estimer, aimer, respecter et craindre. Il est évident que les douze vertus d'un bon Maître renferment tous ces moyens, et qu'il n'en est pas une seule qui n'en renferme un ou plusieurs. Quelle faci-
CONCLU&ION
lité ne procureront-elles donc pas à un Maître, lorsqu'elles seront toutes réunies, et •qu'il les possédera plus éminemment 1
Mais n'est-ce pas en vous conformant à ce que vous en a enseigné monsieur de La Salle que vous avez si heureusement continué son ouvrage? Persévérez donc à marcher sur ses pas, ayant une ferme confiance, à l'exemple de F Apôtre (t), que celui qui a commencé le bien en vous, ne cessera de le perfectionner jusqiûau jour de notre Seigneur Jésus-Christ. Si quelques-uns d'entre vous n'avaient pas encore atteint la perfection des vertus d'un bon Maître, nous espérons qu'ils vont à l'avenir s'animer, par une nouvelle ferveur, à les acquérir dans le degré où ils doivent les posséder, et à éviter, avec plus de soin que ja-
(1) Philipp. i, 6.
160 CONCLUSION
mais, les défauts qu elles combattent. C'est le vrai moyen de faire fleurir de plus en pli#s l'Institut, ou plutôt de procurer davantage la gloire de Dieu, et de rendre plus utile l'éducation des enfants dont nous sommes chargés.
Ce que nous avons dit vous fait connaître, M. T. -G. F., qu'en cherchant à élever la jeunesse, qu'en nous sacrifiant en sa faveur, nous pouvons nous appliquer avec raison ces paroles que l'Apôtre adressait à Timothée(i) : Car agissant de la sorte vous vous sauverez vous-même et ceux qui vous écoutent. Ainsi, à l'exemple du Docteur des nations, nous avons tout lieu à' attendre, si nous sommes fidèles à remplir nos obligations, la couronne de justice qui nous est réservée, que le Seigneur, comme un juste juge, nous rendra en ce
(1) I Tim. iv, 16.
CONCLUSION
grand jour, et non~seulement à nous , mais à tous ceux qui aiment son avènement (i); couronne qui sera infiniment glorieuse pour nous; car, ainsi que vous l'avez remarqué dans un passage de S. Jean Chrysostome (2), celui qui macère son corps par les austérités a moins de mérite que celui qui gagne des âmes à Dieu.
Il y a, dit le même saint, deux voies pour nous conduire au salut : dans l'une on ne travaille que pour soi, et dans Vautre on s' intéresse aussi pour le service du prochain* Il faut reconnaître que les jeûnes, les austérités corporelles, la continence et les autres vertus semblables, sont utiles pour le salut de celui qui les pratique; mais l 9 aumône, les enseignements et la charité, qui se communiquent au prochain, sont des vertus bien plus relevées. (Hom. 78, sur ces paroles :
(1)11 Tim. iv, 8, -(2) Sur le zèle.
CONCLUSION
Qui est le serviteur fidèle? S. Mattli.
ch. xxrv, 45.)
Il dit encore, dans un autre endroit, qu 'une seule âme que nous aurons gagnée à Jésus-Christ peut effacer en nous une infinité de péchés, et devenir le prix de la rédemption de notre âme. (Hom. 3g, au peuple d'Antioche.)
Estimons-nous donc heureux de ce qu'après avoir embrassé une des religions les plus austères qui se trouvent dans l'Eglise de J.-C, nous ajoutons, ce que n'ont pas plusieurs d'entre elles, l'avantage précieux d'instruire les autres et de travailler au salut des âmes .
Que le Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit ! La grâce soit avec vous. Amen (1).
Melun, le 12 février 178».
F. Agathok. t
(1) II Tim. it, 21 .