IX. LE ZÈLE
Le zèle est une vertu qui nous fait procurer la. gloire de Dieu avec une grande affection.
Un Maître zélé enseigne d'abord ses disciples par de bons exemples ; c'est la première leçon qu'il donne pour imiter J,<-C., qui a commencé par pratiquer avant d'enseigner. Il veut en effet parvenir au but qu'il se propose; niais il n'y parviendra que par le chemin le plus long s'il se contente de parler : le plus court est celui de l'exemple. Les enfants apprennent plus par les yeux que parles oreilles. Le discours (i), dit saint Bernard, le plus vif et le plus efficace, est V exemple des bonnes
(i) Sur la vie de saint Benoî!, Serm. %.
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œuvres. Bien ne persuade mieux de ce quon dit qu'un exemple qui mon-, tre lu facilité de la pratique des con« seds que l'on donne. Un Maître est comme une lampe placée sur le chandelier, qui éclaire bien par sa lumière, mai» qui doit encore échauffer par sa chaleur. Ainsi, U procure la gloire de Dieu avec une grande affection, lorsqu'il travaille d'une manière très*-efûcace à sa prp-»
pre sanctification-
Il enseigne ensuite par des instrucr tions solides ; c'est la seconde leçon qu'il donne à ses élèves, leçon très-»
importante; car il leur apprend ce qu ils. ignorent et ce qu'ils doivent savoir pour connaître, ai nier, sei> vir Dieu. Cette fonction est lrès-ho«norable sang doute ; mais, comme nous, .l'avons déjà dit, combien de eines, de fatigues, de travaux, combien de dégoûts nVt-U pas à sup<porter pour la remplir 1 Airçsi, il
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procure la gloire de Dieu avec une grande affection lorsqu'il travaille généreusement, et sans aucun intérêt temporel, au salut du prochain en le portant à faire le bien.
Enfin, il enseigne par des corrections sages et modérées ; telle est sa troisième leçon , et leçon bien essentielle. Combien de choses n'y at-il pas à reprendre dans les enfants !
C'est en eux un mauvais levain, un germe vicieux qu'il doit exterminer , mais qu'il n'exterminera qu'autant qu'il deviendra leur admoniteur continuel, qu'il leur fera à propos des remontrances convenables, et même qu'il ira jusqu'à les punir quand il en sera besoin, toujours néanmoins d'une manière charitable et douce. Ainsi, il procure la gloire de Dieu avec une grande affection, lorsqu'il travaille au salut du prochain, en employant une diligence infatigable, un soin assidu,
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un courage ferme pour lui faire éviter le mal.
Le zèle, dans un Maître, est donc une vertu très-excellente, et c'est par cette raison que celui, dit saint Jean-Chrysostome, qui macère son corps par les austérités a moins de mérite que celui qui gagne des âmes à Dieu ; et même, ajoute saint Grégoire, il n'est point de sacrifice qui lui soit plus agréable que le zèle (i).
Le caractère de cette vertu est très-actif ; c'est même son caractère propre. Avec quel empressement, en effet, quelle exactitude, par exem-
{)le, un Maître ne remplira-t-il pas es obligations de son état s'il a un vrai zèle !
i° Ses obligations religieuses.
Comme la première de toutes est
Sour lui le soin de sa perfection, afin e se soutenir dans la piété, de con-
(1) L. i, sur Ézéchiel. Hom. 12.
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server l'esprit de son état, et 4e ne pas tomber dans la dissipation de l'esprit, dan? le dessèchement du ççsur, suites trop ordinaires des étu?
des profanes, il regardera comme
plus nécessaires que jamais les sainr
tes pratiques ordonnées par les con-*
sautions, surtout l'assiduité jour*
nalière à l'oraispn, les lectures spi* rituelles, les examens de conscience!
la fréquentation fervente des sacre*
ments, les retraites annuelles, etc.
En général il ne manquera à aucun point de la régularité lorsqu'il aura a en pbserver quelqu'un j il arrivera toujours avant que l'exercice con mence plutôt qu'après , soit que la chose dont il s'agit soit plus ou moins considérable, facile ou pénible ; il suffit que l'obéissance la lui
ordonne pu la lui recommande, il
sera tout prêt, il volera où la règle l'appelle, il s'y plaira, et il y restera aussi longtemps qu'il devra y rester.