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•2° Son obligation d'élevér lés enfants. L'éducation de la jeunesse demande, de la part de ceux qui en sont chargés, les soins les plus assidus, lés travaux les plus pénibles, les détails les plus fastidieux. Comment un Maître portera-t-il le poids d'un ministère qui effraierait le plus grand courage, s'il n'est pas animé d'un grand zèle pour le salut déé enfants ? il éprouvera donc quelque chose de la tendresse et de l'inquiétude de saint Paul, qui ressentait
Four les Galâtes (î) les douleurs dè enfantement, jusqu'à ce que Jésus- Christ fût formé en eux. Ainsi, il fera toute sa satisfaction, toute sâ joie, d'instruire sàtts relâche, sans distinction, sarts aucune acception dé pérsOhne, tous les ertfantâ, quels qu'ils soient, ignorants, ineptes, dépourvus des bietts dé la nâture,
(l) feal. iv, 19.
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riches ou pauvres, bien ou mal disposés, catholiques ou protestants, etc.
Comme il désirera ardemment le salut de ses disciples, il y travaillera autant qu'il lui sera possible par ses bonnes œuvres, par ses prières, par ses communions. En un mot, il aura à cœur de les sauver tous sans exception, persuadé qu'il n'est aucune âme qui n'ait coûté le sang de J.-C, et il leur enseignera ce qu'ils ont à faire pour profiter de cette rédemption si admirable.
Mais le véritable zèle n'est pas seulement actif, il doit être encore éclairé et prudent. Un Maître véritablement zélé pour l'instruction de ses écoliers, se fait tout à tous, à l'exemple de l'Apôtre (i), petit avec les petits, c'est-à-dire qu'il se conforme à leur manière d'entendre les
(1) I Cor. «, 22.
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choses et de les goûter, qu'il se proportionne, comme nous l'avons fait observer^ à leur faiblesse, à leur peu de raison et d'intelligence ; prenant néanmoins un langage plus relevé avec ceux qui sont en état de comprendre, et cela, pour les instruire tous avec plus de profit.
Il ne s'en tiendra pas même à une instruction étudiée, faite en règle, avec ordre et méthode ; il se servira adroitement des occasions, qui ne manquent pas, pour placer, comme par hasard , une maxime de morale, qui, n'étant pas préparée," est mieux reçue, et fait ordinairement plus d'impression qu'un enseignement disposé avec art, et contre lequel les écoliers sont quelquefois en garde.
Enfin, le zèle doit être charitable et courageux. Il agit donc avec force et avec suavité :
Avec force, parce qu'il est magnanime et incapable de se décou-
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râffer â l'occasion des peines et des difficultés ;
Avec suavité, parce qu'il est doux tendre, compatissant, humble, en un mot conforme à l'esprit de JésUS-Christ.
Un Maître manque de zèle, i B lorsqu'il est indifférent, et qu'il ne fait
f)as tout ce qu'il peut pour étendre e royaume de Dieu de toutes les manières que nous avons dites, et surtout en ne donnant pas de bons exemples. Comme les enfants imi* tent naturellement ce qu'ils voient faire par leurs guides, et malheureusement plutôt le mal que le bien, ils retiennent mieux l'exemple d'un seul défaut qlie celui de plusieurs vertus; 2* lorsqu'il n'a pas un vrai désir de travailler au salut de ses écoliers et qu'il néglige de leur en procurer les moyens, autant que sa profession l'y oblige ; 3' lorsqu'il est sartS activité pour bien instruire, et sans âr±
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deur pour S'appliquer à sa propre perfection .
Il y a d'ailleurs un faux zèle qu'on peut aisément connaître, i° lors* que la passion en est le principe; 2° lorsqu'un déplaisir reçu, un affront, une haine, un dépit, une antipathie, le mettent en mouvement; 3° lorsqu'il est l'effet de l'humeur, de l'inclination, de l'aversion, de l' amour-propre; 4° lorsque, dans l'enseignement, on recherche à faire une classe plutôt qu'une autre, et à demeurer dans une ville où la vanité, la paresse, l'amour de ses aises, trouvent mieux leur compte; 5° quand on préfère certains écoliers à d'autres, parce qu'ils plaisent davantage ; 6° lorsqu'on cherche àfaire connaître ses succès, les peines qu'on se donne pour l'avancement des écoliers ; 7° lorsqu'on aime les applaudissements et les louanges ; 8° lorsqu'on est fâché de ce que les autres réussissent
LE ZÈLE
mieux que soi ; 9 0 lorsqu'on avertit ou qu'on reprend avec des termes f injurieux, avec vivacité, aigreur, emportement ou sàns discrétion, et sans considérer qu'un zèle imprudent fait souvent plus de mal qu'un zèle discret ne fait de bien ; io° lorsqu'on est inquiet, mordant, aigre, turbulent; n° lorsqu'on se laisse aller aux plaintes, aux murmures, a la tristesse, au découragement, à de malignes interprétations; 12 0 lorsqu'on cherche des biens temporels plutôt que la gloire de Dieu et l'avantage spirituel du prochain ; i3° lorsqu'on est sans indulgence, sans miséricorde, sans patience, sans humilité, sans charité; 1 4° lorsque, dans les circonstances considérables ou extraordinaires, on ne prend pas 1 conseil de ceux qui sont établis pour diriger et pour conduire.
Pour ce qui est de moi, je donne-
LA VIGILANCE
rai très-volontiers tout ce que j'ai, et je me donnerai encore moi-même pour vos âmes. II Cor. xu, i5.
Malheur à moi si je ne prcche pas l'Evangile, car j'y suis obligé ! I Cor. ix, 16.
Que votre zèle soit animé par la charité, éclairé par la science, affermi par la constance ; qu'il soit fervent, circonspect, invincible ; quil ne soit ni tiède, ni indiscret, ni timide. S. Bernard, Serai. 20 sur le Cantiq. des Cantiques.