LE. M A R E C H A L-D E S - L O G I
C’est beaucoup. '
Gertrude.
Et à quoi cela te mène-t-il?
LE Marechal-des -Logis,
'A être toujours *content de moi.
Gertrude:
Tu n’en es pas plus avancé.
le M a R E C El a L-D E S-L O g I s: ^
Je ne me plains pas , que t’importe ?
Quand on a fait son devoir comme toi. .
LE Marechal-des-Logis.
On ne fait que ce qn’on doit; ne me romps pas h tête.
Mon mari? / -
LE M AR E C H A L-DE S-Lo gis;
Ma femme ?
Gertrude:
Je crois que je peux vous représenter. . . ;
LE Mareciîal-des-Logis:
Non.
Gertrude;
Qu’on a des torts avec vous.
le m a R e c h a l - d e s - L O g I s;
Tu as bien l’esprit de l’église , l’ambition te dévore,i Je ne veux pas commander, moi.
J Gertrude.
Ton capitaine est colonel, qu’a-t-il fait de plus qus toi, qui étois à ses côtés?
LE Marechal-des-Logis.
Vous êtes-vous donné le mot pour me tenter ? Es-tu ün agent de Cobourg , toi ?
La première place est encore aux Pliarisiens,
Te tairas-tu ?
Gertrude.
Je veux parler,
COMEDIE. i5
LÊ Ma'rechal-des-LogïsJ moi^ je veux que tu te taises. , Gertrude.
^ Ce n’est pas un Josué , qüe ton colonel.
LE Marechal-des-Logis.
Je te casse , je te pulvérise , je te mets au carameL;
Gertrude, Us poings sur Us côtés.
Oli , je dis ! nous sommes deux.
le Marechal-des-Logis;
Tu te défends , je crois ?
Gertrude;
Je suis en état de siège.
LE Marechal-des-Logis,
C’est un diable !
Gertru’de.
C’est un dieu !
LE Marechal-des-Logis.
Et tu me crucifie.
Allons, écoute-moi, mon cher petit mari.
LE Marechal-des-Logis;
Parle donc , puisque la rage te tient.
Gertrude.
Kous ne sommes ici que d’iiier , et cet îiomme que tii prônes tant, fait déjà sa cour à son hôtesse.
LE Marechal-des-Logis;
C’est une misère.
Gertrude:
C’est une infamie.
LE Marechal-des-Logis;
Son hôtesse est veuve ) il lui doit des consolations^. ] Gertrude.
Je ne la crois pas inconsolable.
LE Marécxial-des-Logis.:
. Elle a raison, : le chagrin n’est bon à rien^^ '
Gertrude.
Ton colonel se conduit comme le roi David \ mai» patience ! patience l ^
LE Maréchal-des-Logis.
Le roi David !
Oui , qui aimoit mieux sa voisine que sa femme.
LE M A R É C H A L - D E,S - L O G i^s.
Le roi David avoit tort , n’est-ce pas , Gertrude ? Gertrude.
Aussi pour le diâtier , le ciel fit mourir de la peste la moitié de ses sujets.
le M a r e c h a l - d e s - L o g I s.
Pour cliâtier le roi , le ciel tua la moitié de sonpenpleî.
Oui, mon mari.*
leMarechal-des-Logis.
Le ciel étoit en ribotte ce jour-là.
Gertrude, lui mettant la main sur la hoücJie. Oli ! Jésus , Maria , Josepli ! La religion nous défend..,.
jLE MaRÉCHAL-DES-LoGIS.
Laissons cela : revenons à nos affaires.
Gertrude.
Revenons à la veuve.
LE M A R É c H A L - D E s ~ L O G I s. '
A nos affaires, te dis -je.
Gertrude.
Nous sommes logés , ma cuisine est en train , et tout est dit : mais cette femme ....
LE M A R É c II A L - D e s - L O G I s.
Cela ne te regarde pas, ni moi non plus. Gertrude.
Elle est belle.
LF Mare CH AL -DES -Logis:
Il n’y a pas de mal à cela,
Gertrude;
Gertrude.
Kon ; mais elle est tendre,
LE Maréchal-des-Logis,
Ce n’est pas sa faute.
/ Gertrude.
Ce n’est pas sa faute ? Que dirais-tu , si notre hôte m’en contoit , et que je le laissasse dire?
LE ?v1arechal-des-Logis, apres l'avoir fixée.
Il ne t’en contera pas.
Gertrude.
Oh ! non certes ; il me respecte , lui.
LE Mare- hal-des-Logis.
Et tu es très-respectable.
Gertrude.
Mais ton Colonel ne respecte rien.
. LF M\réchal-des-Logis.
C’est un jeune homme , il s’amuse. '
Gertrude.
Et s L pauvre petite femme ? .,( ■
Elle est à Fumes.
Gertrude.
Une femme si jolie^, si aimante !
, L f M R È C il A L-D E S-L O G is;
Elle est à Fumes.
Gertrude.
Et les absens doivent avoir tort , n’est-il pas vrai ?