‹ Les drames de l'adultèreChapitre 10 sur 24 · À I.A SALLE DAI-MES. K · texte numérisé non relu

À I.A SALLE DAI-MES. K

(^ L'entresol occupé par Grégory dans une des plus belles maisons du boulevard ^^

f. Haussmann n'avait rien de princier, —mais nous savons que cet appartement ^]

Kl n'était qu'un pied-à-terre. y

V II se composait d'une antichambre, d'un salon assez vaste, d'un fumoir, d'une f^

^ salle à manger, — oii le Valaque mangeait bien rarement, — d'une chambre à ^

n coucher à laquelle attenait un grand cabinet de toilette, et d'une autre pièce dont 'à

î:\ nous connaîtrons bientôt la destination.

§ L'ameublement du salon, de la salle à manger et du fumoir, quoique élégant et non dépourvu d'un certain cachet artistique, ne mérite pas les honneurs d'une

^ description détaillée.

& La chambre à coucher, tendue de cretonne capitonnée de style Pompadour, el

\ garnie de sièges couverts de la même étoffe, manquait absolument de sérieux ;

(l mais on ne pouvait imaginer quelque chose de plus coquet, de plus réjouissant à

h l'œil, et surtout de plus féminin. — En foulant le tapis épais de cette pièce, où des

M parfums trop capiteux saturaient l'atmosphère, on se serait cru transporté dans le

V cabinet de travail d'une de ces jolies personnes à qui, — s'il faut en croire une

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— Tu semblés fatigué, mon fils... — fit Gregory de sa voix railleuse. — Page Gl.

y. chanson trop connue, — il sera beaucoup pardonné parce qu'elles auront beau- J^

i< coup aimé. -S)

a Le cabinet de toilette était du même style et de la même école. — Toutes les (?^

g recherches, toutes les superfluités du moderne confort s'y trouvaient réunies. — ^

â Le chiffre et la couronne du prince étincelaient, peints ou gravés, sur les porcelai- (^

1^ nés, sur les montures d'ivoire des brosses de toutes les tailles, sur les flacons de ';)

i cristal remplis d'eaux de senteur, sur les boîtes d'argent où les houppes de duvet ^

n de cygne dormaient au sein de la veloutine, etc., etc. g

g fiO LA COMTESSE DE NAKCET f)

[^ La dernière pièce du logis, — celle dont nous avons promis de parler, — offrait vî

n un caractère tout spécial et qui n'était pas efféminé, tant s'en faut. U

K) De vieilles tapisseries des Flandres à personnages mythologiques couvraient les |o

Q murailles. — De longs divans, très-bas, à la mode orientale, laissaient absolument (?„

i) vide le milieu de la chambre. §

V*. Une console, placée entre les deux fenêtres, supportait des boîtes à pistolets de lî

ji toutes les formes, depuis le pistolet de tir — grand modèle — jusqu'aux pistolets il

S de salon. a

(■J; Ces derniers ne devaient point rester sans emploi, à en juger du moins par une r^,

^ petite cible à cercles rouges et blancs, avec sa mouche noire au centre, campée sur ^

(ij son pied de palissandre en face de la console. k^

Û Le long de la tapisserie, dans dix endroits, se voyaient des trophées de fleurets y

I? mouchetés et démouchetés, de sabres, d'épées de combat, de gants, de masques, ^

n de plastrons, — tout l'appareil de l'escrime enfin, comme dans la mieux installée h

g des salles d'armes. ^

(^ C'est qu'en réalité le Valaque avait fait une salle d'armes à son usage particulier (^|

y de la pièce que nous venons de décrire, et dont nous allons franchir le seuil, en fj

,^ compagnie de nos lecteurs, le lendemain du jour oii la comtesse de Nancey, voilée ^

o mais résolue, était entrée furtivement pour la première fois chez l'homme qu'elle U

i\ aimait ou du moins qu'elle croyait aimer, ce qui, — dans certains cas, — revient ^

(^ absolument au même. h

i) Huit heures du matin sonnaient à la petite pendule de Boule placée sur la che- f)

^ minée de la salle d'armes. 8

Grégory et Cleveland, — l'un debout, l'autre assis, — tous deux un fleuret à la

--1 vj.n^g,uij CL v^iicvcioiuu» — i. Lia ueuuui, 1 autre aï^bli^, — luus ueu\ uii iiiiureL a la u

„y. main, se reposaient après un assaut. ^

C^ Le prince, — entièrement vêtu de flanelle blanche et chaussé de sandales, — ne a

*^ portait m masque, ni gant, ni plastron. ^

v^V' Sa figure était calme et reposée, sa respiration égale ; — pas une goutte de sueur (^

^1 ne perlait à la racine de ses clieveiix. — On eût dit qu'il venait de quitter son lit.— S

[^ Il regardait Cleveland en soii:riant. k^

g Le jeune Anglais, — à demi étendu sur le divan et la poitrine protégée parle [^

g classique plastron de peau de daim rembourrée, — avait ôté son masque et, tout ^

Q essoufflé, essuyait son Yisage ruisselant et cramoisi. &

y,^ —Tu semblés fatigué, mon fils..., — fit d'une voix railleuse Grégory, qui \}

f^ tutoyait Cleveland dans l'intimité. (t

n —'Te suis brisé... moulu !— répondit l'Anglais. — Je n'en puis plus... J'expire... ){

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