‹ Les drames de l'adultèreChapitre 13 sur 24 · V . U Ôt avait enseigné · texte numérisé non relu

V . U Ôt avait enseigné

^j ' — Tu en sais aussi long que moi. .. ,— dit Grégory en posant son fleuret, — l'im- ^ .

?t prudent, quel qu'il soit, qui croisera le fer avec toi est un homme mort ! (*

V — x\lûrs, je peux me reposer? — demanda Cleveland. V

^ — Oui, mon fils... — Ote ton masque et ton plastron, bois ce \erre de vin de ^

h Porto pour te remonter après tes fatigues, et causons. .. — Le moment est venu de k

$\ te mettre au courant de mes petits projets. F)

i^o L'Anglais fit un signe d'adhésion, vida la tulipe de verre de Bohême remplie %

f) d'un hquide transparent dont les années avaient pâli la pourpre, la remplit de v

V' nouveau, la vida derechef, et, faisant claquer sa langue en connaisseur satisfait, ^

U vint s'asseoir sur l'un des divans à côté du prince. a

£\ — J'ai confiance en toi, mon fils... une confiance absolue..., — reprit ce der- s>

(?^ nier en frappant sur l'épaule de Cleveland, — et cela pour la meilleure de toutes (?,

f) les raisons; — ton intérêt personnel me répond de ta discrétion et de ta fidélité... fj

vj — Je t'ai connu dans un e}ife)' de Londres oii la chance te maltraitait fort... — Tu ^

Ij m'as inspiré de la sympathie... Je trouvais en toi un gentleman de bonnes façons, U

f,' dévoyé tout à fait par la sévérité d'une famille un peu trop puritaine... — C'était s\

Ù; intéressant... — Je t'ai arraché aux griffes delà police anglaise en payant à ta (?,

f) place une traite de deux cents livres sterling, enrichie par toi d'une signature j?

\\ non moins fausse que médiocrement imitée... — Un faute doublée d'une mal- y

es ^>.

u adresse!... î;

^! — Certes, vous avez été généreux, — interrompit Cleveland avec quelque amer- ^

h tume. •— Mais pourquoi me rappelez-vous ces choses ? (^

h) — Pour te démontrer péremptoirement que tu es à ma discrétion ; car enfin ce S)

(» que j'ai fait, je pourrais le défaire, ayant gardé la traite fausse ! — Donc il me suffi- 8

y rait d'un mot pour t'expédier à Newgate et de Nexvgate à Botany-Bay. .. Û

ç. — Ce mot, vous ne le direz pas... s\

h — Cela dépend de toi. — Sers-moi bien et nous serons quittes... ou plutôt c'est r?

à moi qui deviendrai ton débiteur. — Alors je te payerai ma dette en te rendant le ^

(?t dangereux billet et en te donnant une fortune. . . Vt

f) — Vous savez bien que je suis prêt à tout... V

Vî — Je le sais... j'en suis sûr... et je vais t'apprendre ton rôle. — Il est d'ailleurs ^!

U le plus simple du monde... — Demain tu ne sortiras pas, tu laisseras ta clef sur ta h

KJ porte et tu verras, vers les deux heures, une femme entrer chez toi voilée et très- ^

(^ émue... V?

il) LA COMTESSE DE NANOEY 83 i)

^ — Une femme ? — riposta Cle veland . ^

Vj — Oui, la comtesse de Nancey. n

r\ — Qu'y viendra-t-elle faire ? iN

(^ — Me chercher. y

^è — ^<^"^ y ^^^^^ donc? ^

(ï — Je n'y serai pas. — Gesse de m'interrompre, et écoute... — Avant que la \S

y^ comtesse ait eu le tenips de t'interroger, le comte à son tour arrivera, sachant que ^

u sa femme est chez toi et par conséquent furieux. — Tu t'élanceras au-devant de u

f^ lui et tu lui défendras de passer. — C'est alors qu'il te provoquera^ qu'il te soufflet- (.i

°^ tera peut-être. — En ta quahté d'insulté, tu auras le choix des armes... — Tu ^

^° choisiras l'épée; vous vous battrez le lendemain, et l'issue de la rencontre est [^

y indiquée d'avance 1 — Une heure après la mort de M. de Nancey tu recevras y

^ de moi ton billet faux, une somme de cinquante mille francs, et l'engagement ^

n bien en règle de t'en payer en outre cent mille le jour de mon mariage avec a

i> la comtesse, c'est-à-dire dans moins d'un an... — Il ne me reste rien à t'appren- K\

^ dre... — Ton avenir est entre tes mains... — Va-t'en, mon fils, j'ai beaucoup à [^

t) faire. v

^ Cleveland s'en alla fort ému. — Jusqu'à cette heure il avait pris médiocrement îiu ,^^

il • y]

n sérieux les insinuations de Grégory. — Maintenant, il fallait agir I — Tuer froide- /i

n ment un homme en duel, quand ce duel n'est autre chose qu'un assassinat, cela 'o\

fi trouble les plus résolus. Mais le moyen de désobéir? D'ailleurs l'obéissance, c'était (^'

^^ la liberté reconquise, c'était cinquante mille francs tout de suite et cent mille un ^)

|à peu plus tard !... Enfin, et surtout, c'était Clorindel [^

y, Il n'hésita plus... ^

i\ Grégory, — aussitôt après le départ de Cleveland, — passa dans sa chambre à i,\

(é coucher, s'assit devant un petit bureau en marqueterie et écrivit ces quelques (^

Ij/) lignes sur du papier très-mince, propre à être plié menu, glissé dans une main et ^

(^ caché dans un gant : \^

V. ((Impossible chez moi, très-chère. —Le comte a des soupçons. — Demain, à tj

^ ((deux heures, au Grand-Hôtel. — Demandez Cleveland. —C'est moi qui vous ^

n (( recevrai. — Je vous aune I n n

}^ Il prit ensuite une autre feuille de papier sans initiales et sans couronne, et K\

^ d'une écriture contrefaite, absolument méconnaissable, il traça ces mots : (g

"v (( Mari complaisant ou mari aveugle... Lequel des deux? — (Choisissez ! — Si c'est °^

y^ (( complaisant, grand bien vous fasse I — Si c'est aveugle, un ami va vous ouvrir )^

g (( les yeux. g

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(il

«La comtesse, — que vous suivez vainement depuis quelques jours, — sera «demain à deux heures au Grand-Hôtel, chez Cleveland, son amant. — Laissez-

xvn

« la monter, montez derrière elle, et, s'il vous faut une certitude, on vous la pro- ^^ « met complète. )) ^

Grégory glissa sous une enveloppe le billet anonyme, et, de la même écriture k[

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