‹ Les drames de l'adultèreChapitre 20 sur 24 · A MOUE · texte numérisé non relu

A MOUE

f) Nos lecteurs savent d'avance ce que répondit Alice à la question du comte de V

i Nancey. |

U A mesure que parlait la jeune fille, Paul sentait se dissiper le brouillard qui h

f^ depuis le commencement de sa maladie s'étendait comme un voile entre lui et le S)

g passé. ^

1^ Les moindres circonstances du duel dans le chemin creux se représentèrent fj

vî nettes et distinctes à son esprit, jusqu'au moment oii l'épée de son adversaire g

u avait, comme un fer rouge, traversé sa poitrine. U

c\ Il revit Blanche, seul témoin du combat, attachant sur lui son reaard fixe et »

V U (? cruel. — Il l'entendit crier à Grégory : ^

S) « — Je t'aime et je le hais 1... Tue-le I... » 8

(^ — Et i'adorais cette femme 1 — se dit-il tout bas. — Mais c'est alors que j'étais «

V en délire! — Quel philtre m'avait-elle versé? — Par bonheur c'est fînil... — Je la «

h Paul, en se disant ce qui précède, ne s'illusionnait point. La chaîne était bien g

f\ véritablement brisée et le charme rompu. Son cœur, oîi Blanche ne régnait plus, ^

(^ s'en allait désormais tout entier vers Alice. vt

r) Gomment expliquer cette agonie si brusque de la passion dévorante qui semblait V

^ ne devoir jamais finir, puisque les dédains, les insultes, les trahisons de Blanche g.

U étaient des aliments pour elle? ô

^ C'est dans la maladie du comte qu'il faut chercher la première cause de cette ^

n guérison morale. — La fièvre du corps, sans doute, avait été l'antidote homœopa- jtj

g thique de la fièvre de l'âme. — En brûlant le sang dans les veines de Paul, elle u

(g avait cautérisé les blessures faites à son cœur par un amour insensé et malsain. ("J

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