‹ Les drames de l'InternationaleChapitre 6 sur 7 · UI... fit ce dernier de la même voix · texte numérisé non relu

UI... fit ce dernier de la même voix

Ironigué, vous allez comme une follei mon enfant, et si le hasard ne m'avait pas placé ici ••

— Monsieurl... fit Jeanne confuse.

— Auriez- vous encore peur de moi?

— Mais je ne vous connais pas.

— Pardieu! le contraire serait bien plus étonnant^ puisque je suis arrivé à Varennes depuis quelques heures à peine, et que je les ai passées, partie à l'auberge du Cheval blancy partie au milieu de cette forêt.

Et comme Jeanne ne répondait pas :

— Du reste, ajouta-t-il, si l'on eit fort mal à l'auberge, on est, en revanche, fort bien dans ce bois, d'autant qu'il me parait fort bien fréquenté!

Jeanne releva vivement la tête.

— Que voulez-vous dire, monsieur ? demanda-telle.

— Ce que vous savez aussi bien que moi, puisque vous étiez dans la cabane, répondit l'étranger.

— Il y a donc longtemps que' vous êtes là ?

— Deux heures au moins.

— Et vous avez vu ?

— J'ai vu l'ingénieur Robert Linley et le mineur Mathon, plus trois autres gaillards qui ne me semblaient pas être venus en cçs lieux uniquement pour voir lever l'aurore.

Jeanne frissonna.

ces pafolâs «valent été pronaiisticii cuUèremeot désagréable. Le serspnle uo lui éuit pas srmpathiqiie. Quels ssoit donc cet homuft et [d'au venait :lvé i VarenDes, il co^nslteait déjà «t leun noms deus t^ommes qu'il f d«roiiient pour U prenUôre fois?

)ÇQ|ina un dangsr fioiff celui qu'ellA ilut sn avoir le cœur net.

ue TOUS counaiBsez M. Rofaert? de- «ns hfsiUr à sep intei^utuir.

lOD, répondit l'iétrangar, J'ai entendu

volU tout.

et ailleurs ..

wc pour lui que vous Hei vunu i Va*

précisément. BinKÉHiwir?

inlage.

ni..

j4ta OD joyeux âclat de rirp, aul fol

déesBcatter la eauvre enfant.

allons I dit-il, je vols cie que c'eat;

ne faire jaser, la petite^ nais teaez-

vbiis calihë et iie voilà itiëttéz {iHâ âlûsl éii fraie, dô plus malins que vous l'ont essayé et i! n'y en à tlàë un encore qui ait réussi.

Et pendant que lëadile se tâlôait :

-b*âilleûh, contlUuâ-t-lI avec iihé bàiihditilô adifairàbleihent Jôtiéé, Je ti'ai âttcUit Sëé]*ët à câèhèr, et, puisque vous paraissez le d^ésirér, Je Vdià vbuj dire sans détour et qui je suis et t^oUrquol je suis venii, et quel service J'ai à réfclatnèr de volis!

Vin

~ Seulement, ajouta Tinconnu, (5es àvëiix que Ji? consens à vous faire, je ne m'y résignerai qu*à une cotiaitiori. ^

— Laquelle? fit Jearine eti ttbservârit avec attention ion interlocuteur.

— Peât 4ue tous garderez pbnr Voiié nies confidences, et que, surtout, vous n'en fôteZ jamAifS pnrt â l'homme qui vient dé sortir cflci.

— Otiël homme ?

— Robert Llniey, pardîfed !

Jeanne fit un mouvement.

— Ce que vous avez â liie dire, ré|Joriclit elle, in-

ne M. Robert? C'est donc de lui que vous

B parler ?

I doute.

eus voulez que je m'engage ft garder le se-

'avoue que je ne comprends pas votre but

m'expl'.que difficilement quelle peut fitre uitlon.

tnu sourit.

t cependant bien simple, répliqua- 1-11, à.

raison j'ai cru deviner que vous portiez z Intérêt & Robert, nd cela Nralt?

est, puisque TotiB us le niez pas. Eh bien,

eure, en tous rencontrant Ici, en vous

>ucieuse et troublée, j'ai formé le projet

auverl

g. Je m'y connais. Voua- êtes en ce mo-

une pente mauvaise, tous tous y laissez I trop vous défendre, un pas encore peutous ne pourrez plus revenir en arrière.

!, Monsieur...

jzl Je vous parle raison, et dâjft vous êtes te de voir cesser cet entretien. C'est un e fort grave, et je crains bien d'être arrivé

M quelques pas, comme pour s'éloigner.

— Vous partez! lit rinconnu.

— Mais il me semble que j'ea ai assez entendu, répondit la jeune fille avec dignité.

— Et vous ne désirez pas savoir...

— Qui vous é*es? Que m'importe? Tout ce que je sais, et cela me suffit dès à présent, c'est que vous n'aimez pas M. Linley, et comme je n'ai rien promis, que ja n'ai pris aucun engagement, je lui ferai connaître qu'il a en vous un ennemi, dont il fera bien de se méfier.

— C'est votre dernier mot ? dit l'inconnu,

Jeanne ne répondit pas, et déjà elle se disposait à descendre l'escalier pour retourner au bourg, quand une détonation se fit entendre, suivie peu après

d'un cri de détresse.

D'où le coup était parti, il lui eût été difficile de le dire.

Mais l'inconnu venait d'être frappé à ses côtés^ il avait poussé un appel suprême de détresse, et, s'affaissant sur lui-même, il avait roulé dans l'abîme.

Cependant, il n'avait point disparu encore.

De ses doigts' crispés et sanglants, il s'était accroché aux ronces qui poussaient à l'orifice du puits, et là, haletant, hors d'haleine, entraîné par son poids vers le gouffre, il cherchait à remonter sur le

bord,

Valae tenUUva.

Le gouffre Alllrait sa proie, — dus ce momeat c'était fait de lui, et chaque elTurt môme qu'il tentait devait hftter le moment fatal de la chute. ' Jeanne, glacés d'horreur, appelait au secoiirs de toutes les forces qui lui re:taient-, mais p^rsoane n'éta t 11, poursauver le malheureux, et elle ne devait compter que sur elle-mtïme.

Elle n'héslla pas.

Elle se pencha héroïquement au bord du puits, et, au risque d'âtre précipitée dans Vabime, elle tendit 'a main au malheureux.

Seulement, comme ce dernier se dressait pour atteindre cette main secourable, il regut sur 1« orAne un coup da b&ton vlgoureuBemsai asséné, et, perdant cette fois toute force et toute énergiCj II ferma les yeux, poussa un soupir douloureux et dtiparut dans le trou noir.

Jeanne s'était rejatée en «rDère, cachant ses ;ffux dans ses mains, épouvantée.

C'est à peine si elle avait leconnu Mathon, qtil le.

isa Un hruyunt éclat de tire.

in pace ! dit-Il en se penchant sili- le assiirer que la victime àfdit Mën

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— Ah!... qu'avez- VOUS fait, màlliëufëu.t! â'écrla Jeanne, vous l'avez tué..!

— Je l'espère bien.

— C*est iih crime abominable.

— Allons donc!

— Mais il né vous avait rien fait.

— Qu'en sàvez-vous?

— Vdus ne le connaissiez pas.

Mathon hailssâ les épaules.

— Esl-cë qu'on a besoin d'avoir jamais vii ces gens-là pour les reconnaître, répondit-il d'une voix énergique.

— Que voulez-vôiis dire? fit Jeàiine étbrihéè; vdus savez donc quel est cet Homme, vous avez donc deviné ce qu'il venait faire dans ce pays?

Mothon ébaucha un geste dlsci'ët.

— suffit, je nl'ënfëndà, répondit-lJ, cëlùi-cl à son affaire faite, il est à cette hetlre biéii et dûidënt éûtefTf?, et je ne ôùpposê paè que vdiié ayez lïntèbtiôh dé deineurer ici pour dire dès prières sUf sa fombe. Cohc, d vdus m'en croyei:, vouî ne restèi'e^ pàÉ |>ltis lobgtemt^s dans ces pàrageâ, et vous éditerez avec soin de parler des choses qui s'y Sdbt passées.

iëslhne comprit vraisemblablement là juôtëÈsedëâ i^iioîUiiidndàtidils qui lui étaient àdfeàséeiâ; c^f, àj^têi àvôif* fait uti 'iSigiië d'aSssUtiment, elle dés-

cendit résolument l'escalier' du puits, et gagna le bois.

Quant à Mathon, il plongea une dernière fois son regard dans le gouffre pour s'assurer que la victime ne remontait pas, et quand il fut bien convaincu que tout était en ordre de ce côté, il reprit son fusil, et ne tarda pas à s'éloigner à son tour.

Quelques minutes plus tard, un silence profond régnait autour du vieil échafaudage, et nul n'eût pu croire qu'un drame sanglant venait de s'y

passer.

Cependant, l'inconnu n'était pas mort, et en dépit de la blessure qu'il avait reçujB et de la chute qu'il avait faite, il restait quelque chance de le voir revenir à la vie.

Voici ce qui était arrivé :

Nous avons dit que certaines galeries, autrefois exploitées, mais abandonnées depuis, menaient à ce puits que l'on avait vainement tenté de percer.

Au point d'intersection de ces galeries et du puits, on avait établi des planchers qui depuis longtemps étaient vermoulus et ne présentaient plus aucune solidité.

L'inconnu était tombé d'abord sur l'un de ces planchers qui s'était brisé sous son poids, mais qui avait amorti sa chute, si bien qu'en arrivant au second étage le plancher avait résisté cette fois, et

~ in -^

qu'il éiait resté là, perdant son sang, épuisé par les efforts qu'il avait faits, et n'ayant plus même la conscience de ce qui s'était passé.

Il s'était évanoui.

Combien de temps demeura-t-il dans cette situation?...

Quand il revint à lui, les ténèbres les plus épaisses Tenveloppaient, il n'entendait et ne voyait rien, et une seule sensation dominait sa pensée, celle du gouffre qu'il sentait au-dessous de lui, et dont quelques mauvaises plancbes le séparaient.

A chaque mouvement qu'il faisait, les planches craquaient près de se rompre, et il s'attendait à chaque instant à les voir s'effondrer sous lui.

Toutefois, il n'est point de ténèbres si profondes auxquelles le regard ne finisse par s'habituer, et un quart d'heure s'était à pqjlne écoulé qu'il commençait à s'orienter dans cette tombe où il était enfermé vivant !

Et alors, Tinstlnct aidant et aussi le sentiment de la conservation, il advint une chose étrange...

Il vit!...

A travers l'ombre, il soupçonna une solution de continuité dans le mur qui l'enserrait.

£t avec cette intuition, merveilleusement déve* loppée par le désir ardent de la vie, il devina qu'à

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lin mètre de lui, ail i^ludi î'oitvrait une galèHê ^uterraliiéi

Il ne prit pas le temps de la réfléïIôH, et^ ramassant ses forces, en un bond énergique il s'élança daos le vide.

Le hasard le servit à propos.

11 avait, en effet, à peine mis le pied dans la galerie, que les planches sur lesquelles il était couché un moment'auparavant, éclataient en miîld pièces et allaient s*abîmer dans le gouffre.

Une fois Id, toutefois, il était loin d'être sauvé!

La chambre noire

La galerie était étroite et sinueuse, et Ton ne pouvait s'y engager et la parcourir qu'à la condition de s*y traîQer à genoux, avec les plus grandes précautions.

Elle pouvait n'avoir aucune issue praticable ; elle pouvait être obstruée en plusieurs endroits par des éboulements; et, ce qui é'ait non moins dangereux, on courait le risque d'y rencontrer tout

— il9 — ; \

coup 8006 âds pas ua «u(r4 puits, plus Jarg^ §i plus

profond que le premier.

Dam ces trois eas, c'était la mort c«r4ain<^f la mort lente, hideuse, Implacable '.

Toutefois, cette perspective a'effraya pas rineoBna. — Ilveoeit d'échapper comme par miracle à la mort, et il lui e«mblaii qu'il étiit maaiiéste' ment protégé.

li ne sentait plus ses blessures, il avait oublié le coup terrible .qui avait failli lui fondre le crâne; et, désormais résolu à tout tenter pour se sauver, il se mit à ramper le lo.ng de la galerie, sondaot le terrain avec prudence, s'arrêtant pour regarder ou éeouter, et reprenant sa route chaque fols que le rc sultat de ses obiervations Tinvitait à avancer*

Tout d'abord, la galerie ne présenta que peu d'obstacles à la marche.

Le procédé était fatigant, mais sans danger.

De t^mps e>n temps les eoucfaas friables de charbMS s'toietlaiani au-dessus de sa t(te et le eou^ vtaiw^i 4e poussière.

Quelquefois encore, il rencontrait sur ia rout^ da lartas flaques d>au provenant d-infiitralions pluviales.

Mais c'était là le moindre de ses soucis. Ga qu^l cb^r^Bbalt aviâmaat c'était rissue ; ce qu'il atjtendait avec une fiévreuse impatience, c'était un bruit >

STT?*

une lueur qui lui annonçât qu'il approchait du but.

Jusque-là, rien n'était encore venu qui pût lui faire espérer le succès.

Ses forces commençaient à s'épuiser ; une sueur glacée inonddit ses membres ; 11 avait les mains et les genoux déchirés et sanglants.

Il se reposa quelques minutes.

Il lui coûtait de perdre ainsi un temps précieux ; mais Tombre était toujours aussi épaisse et le si* lence aussi profond.

Que faire?

C'était à désespérer I

n se trouvait alors dans une partie de galerie un peu plus élevée et où Ton pouvait demeurer assis.

Il appuya ses coudes sur ses genoux^ laissa tom« ber sa tète dans ses mains et réfléchit.

Ce ne fut pas long.

Il n'était pas., lui^ dans son trou pour songer.

D'ailleurs, il y avait, à cette brusque interruption de ses réflexions, une cause aussi puissante qu'inattendue.

Quelque chose comme un reflet de lumière avait tout à coup rayé les ténèbres qui l'enveloppaient.

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