I.ES DRAMES DE VIU.AOE
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tout de bon, si je pouvais faire ce miraclc-Ià, cVsl pour io coup que je niériierais mon nom !
M. Henri s'élait vanté certainement en disant qu'il n'était pas supenliticus.
Élevé à la campagne, au milieu de gens ignorants, il n'avait pas toujours souri quand on parlait de fantômes, do revenants et do donneurs de sorts.
Si, jusqu’i présent, la légende du noyé l'avait trouve parfaitement indifférent, eela tenait i deu\ choses; c'est que il'abord on la lui avait toujours racontée loin de la sinistre mare, et qu'ensulte l'idée du mariage n'avail jamais pénétré dans sa cervelle,
.Mais, maintenant que la tnéni Miracle était partie, ridée superstitlense envahissait le jeune homme.
De temps an temps, il détournait les yeux de cette tourelle éclairée qui attirait son regard, pour les reporter sur la mare qui resplendissait au clair de lune.
Alors il lui semblait que, vers le milieu, l'eau dormante bouillonnait tout It cuup et que quelque chose de noir en sortait.
Était-ce le noyé qui remontait k la surface ?
L’eau s'agitait de plus en plus, le regard de M. lient i était fasciné. L'objet noir, silhouette liumainc ou tronc d'arbre, paraissait s'éloigner du centre de la mare et se diriger vers la rive opposée.
Le jeune homme frissonnait, et alors, pour s'arracher à cette angoisse, il détournait violemment la tète et reposait son regard sur la tourelle.
La lumière brillait toujours.
Pourtant la nuit était avancée, et aux champs on se couche de bonne heure.
Qui donc veillait encore dans le |ietit manoir ?
Sans doute, la belle amazone qui, la veille, était apparue à M. Henri comme une fée et avait jeté un trouble étrange dans son âme, si calme et si naïve jusque-là.
Et, comme on a vu do pauvres fous devenir amoureux d’une étoile, .M. Henri s'éprenait de cette lumière qui continuait à laisser filtrer sa clarté tranquille .à travers les persiennes; et it oubli.-iil pourquoi il éta.t venu en forêt, et il ii'osait plus tourner la tête du cété de l'étang, Umt il avait pour d’apercevoir sur la berge opposée le fantéme du noyé lui jetant un sort.
Mais enrm la lumière s'éteignit.
Alors M. Henri ne put étouffer un cri. Il se dressa tout frémissant, reprit son fusil, et, comme si le charme qui le retenait au bord delà mare se ftàt rompu subirnment, il prit la fuite, son fusil sur l'épaule.
Cependant, à une certaine distance, il se retourna encore, mais ce ne fut point pour regarder le cli.àteau.
Scs yeux se fixèrent sur la .Marc au noyé.
De l'autre côté, une ombre noire s’agitait et marchait à grands pas le long de la berge.
Était-ce une créature vivante ?
Était-ce le noyé qui, sorti de l’eau, se promenait au clair de lune 7
M. Henri, tout frissonnant, crut à cette dernière liypothése.
Et la peur précipita sa fuite !
lu baronne blercler à niailame ita lasseine.
• Ma bonne Laure,
Je l’écria sous las ilornlèrei Impreailona d'une émotion terrible,
Kigure-lot que j'ai failli perdre mon (ils, ce béb.’ rose et blanc qui est toute ma vie, tout ce qui me reslB do mon cher mort,
Je me sens frissonner des pieds à la tête, et mon emur arrêta brusquement ses pulsations cjuand je songe à ce qui s'est passé.
l'ourtanl il faut bien que je le raconte tout cela, et d'autres cliosea aussi..,
Ma pauvre tête s’y perd, et Je ne sais par où commencer.
Kniln je vais essayer,
l.aisso-mol d'abord te parler, non île mon fils, mais do ce jeune homme au sujet duquel je le demandais un conseil.
l’uur que mon récit soit clair, je crois que c'est par là qu'il faut que je commence.
Ton conseil me parut une inspiration du ciel. Nou-i autres femmes, qui ne connaissons pas grand’cho»e aux affaires, nous ne voyons tout d'abord que les grandes lignes, et le détail nous échappe.
La lettre reçue, la chose me parut toute simple. J’écrivis à mon notaire pour lui demander cent mille francs.
Ouaranlc-liuil lieures après, il me répondit qu'on u'envoyait pas cent mille francs par la poste ; niais qu'il adre.vsait un mandat sur la succursale delà banqtr à un de scs confrères en notariat, à Orléans.
Première difficulté, il fallait aller à Orléans.
Mais alors je fis une réflexion que je te soumets : Comment donner, comment olfrir cette somme î l’ouvais-je aller trouver ce jeune liomme et lui dire : • J'avais promis de vous épouser ; mais, comme vous me déplaisez fort, je me racliètc. Voilii cent mille francs. > r.’élait absurde.
A qui me confier 7
Dans ce pays, qui est littéralement héri.ssé de châteaux, c'est-à-dire de maisons de campagne, je ne connais, je ne vois |iersonne.
Je n’ai qu'une amie... ne te moque pas de moi, c'est une |iaysanne, et une paysanne qui passe pour sorcière et qn’üii appelle la mère Miracle.
I.a mère Miracle a son franc parier avec tout le monde; elle entre partout.
J'avais donc pensé ii elle pour la charger de cette négociation bizarre.
Mais dès les premiers mots, !a mère Miracle me regarda avec une sorte de tristesse cl me dit :
— Vous ne connaissez pas M. Henri, madame.
— Je no l'ai jamais vu, on effet, ré|X)ndis-je.