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expédilion, sous Is tente et avait mouillé aes yeux.
Son enfance ignorante, mais heureuse, s'était représentée tout entière ï son souvenir.
Le mal du pays, et peut-être un autre mal un peu assoupi, l’avait repris tout fi coup.
Il avait droit à un congé; U l'avait demandé et obtenu.
Kn relisant cette lettre du bon Belge, la Jeunes.se qui marchait toujours d'un pas alerte et voyait poindre à travers les arbres les premières maisons et le clocher rustique de Saint-Donat, la Jeunesse, disonsnous, sentait son cœur battre plus fort. L'odeur des prés lui montait à la tète comme un parfum enivrant, le vent frais du matin caressait son front hàlé.
C’était l’air du pays qu’il respirait, la terre natale qu'il foulait, et les fatigues du voyage étaient oubliées I
Il quitta la roule et prit le bord du canal, ce cheinin familier h la mère Miracle.
Il arriva ainsi jusqu'au moulin.
Le grand Jacques était sur sa porte ; mais il ne le reconnut pas.
L'uniforme changeait énormément ,M. Henri, et puis
il avait maintenant une belle paire de moustaches chitain clair et une petite impériale qui allongeaient quelque peu son visage bronxé par le soleil africain.
.M. Henri passa, et le grand Jacques se dit .
— Qui donc ea peut-il bien être î
Après le moulin, on trouvait le presbytère.
Bigorne était dams le jardin et la porte du jardin était ouverte. La Jeunesse entra.
Bigorne laissa tomber Sa bêche d'étonnement et de joie.
— Ail ! sac à papier ! s’écria-t-il, sac à papier !
Ce juron, le seul que lui permit le bon curé Uuval, fut tout ce que put dire le pauvre sacristain.
Il sauta au cou de M. Henri et se mit à l'embrasser de la belle manière.
Le jeune homme avait les larmes aux yeux.
Marianne, la servante du airé, qui se levait en ce inoment-lli, accourut à son tour et s'écria '
— C’est-y Dieu possible! ça serait-y ,M. Henri!
— Certainement, disait Bigorne, et M. le cuiéaprait bien pu revenir hier soir.