‹ Les Drames du villageChapitre 57 sur 60 · I.E SBCR|:T du docteur nnilSSELLE · texte numérisé non relu

I.E SBCR|:T du docteur nnilSSELLE

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Alors la Chevrette , épuisée , s’assit au revers du fossé :

— Ah I murmura-t-elle, je croia que je ne vais plus pouvoir marcher.

Et elle s'évanouit, tant la douleur qu’elle ressentait était vive.

— Pauvre enfant ! répéta le comte avec un accent de compassion affectueuse, tandis que Hector prenait la Chevrette dans ses bras et disait ;

— Je le pwterai, moi I

Pénétrons, maintenant, dans la prison oh Maubert était enfermé, h la Motte-Beuvron.

Le pays de ce nmn n’eat pas une ville, mais ce n’est plus un village.

En Solt^ne, où les habitants sont clairsemés, la iiotte-Beuvron , qui est cbci-lien de canton , [»sse pour un gros bourg.

La ferme impériale établie U depuis une quinsaine d'années a donné & la Motte-Beuvron une nouvelle importance.

Cependant, à proprement parler, le bourg n'est pas pourvu d'une véritable prison.

Ce qu’on nomme ainsi est un petit bâtiment annexé â b ffendarmerk, et dans lequel les mendiants et les vagabonds arrêtés passent quelquefois vingt-<|ustre heures avant d'étre dirigés sur Orléans.

Un gendarme en est le gardien ; sa femme est chargée de la nourriture des prisonniers.

La prison n’a que deux cellules, lesquelles communiquent par un judas grillé qui est â la hauteur de cinq pieds environ, de telle sorte que ai chaque cellule est habitée, tes deux prisonniers peuvent, en » dressant sur U pointe des pieds, sa voir et se parler â travers les barreaux.

Maubert avait passé b journée et b mrit précédentes dans l'une d'elles.

Le rebouteur ne s’ébil nullement déconcerté le matin. Il avait même fait les réflexions que voiri :

— H. Hector est uq monsieur, et je suis un pauvre

diable; j’accuso M. Hector de l’assassinat, il est tout naturel qu'on me mette d’ai>ord en prison.

Mais comme bjutes les preuves sont contre M. Hector cl qu’il ne i>eut fairt; autrement qUO d’y passer, Il faudra bien qu’on me relAche.

D’ailleurs, voici l’hiver, le temps se fait dur. On n’est pas trop mal en prison, et ra m’est égal d’y rester un ou deux mois. Bon lit, bonne nourriture et du fou I II y a bien des gens qui n’ont pas tout ça.

Pendant ce temps, on jugera M. Hector. U aura beau SC défendre, faut qu’il y passe I

Alors je sortirai blanc comme neige, et tous Ici gens qui disaient du mal de moi, qui lue chaasaient comme un fiévreax et un jeteur de sorts, nio plaindront el mo feront du bien.

J'aurai bflU alors à quitter le pays et k m’en aller vivre tranquillement ailleurs.

Ce raisonnement, comme on le voit, ne manquait pas de sagesse.

Maubert s’était donc résigné & une détention de quelques semaines, sachant bien que la Justice ne le lâcherait que lorsqu’il aurait élabU d'ui o façon péremptoire la culpabilité de M, de M-iust^jour.

Cette âme vile et méchante so coinjïlaisail aux sentiments de vengeance.

Maul>ert haïssait Hector, et cela pour trois raisons. Ü'abi>rd Hector lui avait fait som enl l’aumône. Il est des chiens qui mordent la main qui les nourrit. Ensuite, Hector lui avait arraché la Chevrette au moment oh II essayait de la martyriser, et les bourreaux haïssent ceux qui délivrent leurs victimes

Enfin, Hector l’avaii presque lissommé d’un coup de crosse de fusil, et Maubert n’avatt, pour s’en souvenir, qu’â |)Qrlcr la main à son front encore entouré d’un bandeau ensanglanté.

Sa haine pour Hector était donc si violente qu’il s'était dit :

— Quand je devrais être fauchr moi-môme, U faudra qu’il y passe t

Le savant à la recherche d’un problème, Tartiste qui rêve un chef-d’œuvre, rinvcniour qui poursuit une découverte, ont moins de volonté qu’un paysan.

Quand le paysan s’est impr^ une tâche, quand il s’est donné un but, son entêtement est sans égal.

Maubert avait donc passé cette première Journée et cette première nuit sans trop d’inquiétude.

il avait Boupé de bon appéût, trouvé le pain et la pitance de la prison très-confortablps et manifesté une telle tranquillité, que le gendarme qui lui apportait à manger n’avait pu se défendre de ocite réilexion :

— Je ne sais jm pourquoi M. le substitut a fait arrêter ce pauvre homme, i! a l’air luen honnête.

Maubert avait parfaitement dormi.

A neuf heures du matin, il ouvrait à peine les yeux, quand la porte de sa cellule s’ouvrit.

On lui .apportait â déjeuner.

— Ah çâ, dit-il au gendarme, c.st-ce que je vais rester longtemps id ?

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