‹ Les Drames du villageChapitre 9 sur 60 · X.XIII · texte numérisé non relu

X.XIII

Il y avait deux jours que la vieille tante, mademoiselle de Misseny, voyait peu son neveu.

En revanche, le curé Duval avait eu deux fois sa visite en vingt-quatre heures.

Rossignol, et ce qu’il y avait à faire pour le pauvre diable, étaient le motif apparent do ces deux visites, mais peut-être n’était-ce qu'un prétexte.

Un prétexte (pie le jeune homme se donnait à luimême.

Pour aller chez le curé, il lui fallait passer devant la maison d'école.

Le premier jour, c’est-à-dire le lendemain do cette soirée passée au presbytère, au moment oit M. Anatole de 'Misseny longeait la rue, il vit toutes les fenêtres ouvertes.

La vieille gouvernante faisait le ménage et auprès d’une des croLsées, mademoiselle Paumelle se livrait à un travail d’aiguille en attendant ses écotit’'res.

M. Anatole la salua.

Elle lui rendit son salut en rougissant.

Le jeune homme passa.

Au retour, la jeune fille n’était plus à sa fenêtre.

M\I)F,MOISEM,K MIGNONNE

F.»l-r« i)a« tii u‘«9 (Ht (loi biriilit do mVx^loitrr ainsi? (l'i.'o SI.)

Mais elle était dans son jardin.

Le jardin longeait la maison et n'était séparé de la maison que par un mur à hauteur d’appui sur lequel se trouvait une claire-voie.

M. Anatole hésita un moment.

Puis il s’approclia :

~ Bonjour^ mademoiselle, dit-il, on s’appuyant à la claire-voie.

Cette fois Mignonne ne rougit pas seule.

M. Anatole était aussi troublé qu’un écolier^

Mignonne et lui échangèrent quelques mots insignifiants sur le jardin, le jardinage et les Heurs.

M. Anatole dit qu’il avait de fort beaux oignons de tulipes ; il demanda h Mignonne la permission de lui en envoyer.

jeune fille n’osa refuser.

Elle accepta en rougissant un [>eu plus fort

M. Anatole s’en alla.

8* I.IVRAISOX.

Le lendemain matin, il retourna chez le curé.

Mais il fut moins heureux. Mignonne n’était pas levée sans doute.

Elle s'était couchée fort tard {>eut-étre. Peut-être, comme le temps était brumeux, était-elle déjè sur pied, mais n’avait-elle point songé à ouvrir sa fenêtre.

M. Anatole rentra fort triste au château.

— Qu'as-lu, mon mignon ? demanda la vieille demoiselle, qui remarqua cette mélancolie,

— Mais rien, ma tante.

Et M. Anatole soupira.

— Je sais bien ce que tu as, reprit l.i bonne vieille tante.

Anatole eut un battement do cœur.

— Yoilh que vous avez vingt ans, mon l«au neveu, poursuivit mademoiselle de Misseny, et vous commencez b trouver peut-être que notre m.iison est bien vide.

— Ma tante...

— Rien triste et bien solitaire.

— Mais elle est comme elle a toujours été, balbutia le jetmc ftcntilliomme.

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