‹ Les drames parisiensChapitre 9 sur 15 · CLAUDE 1U0NEL · texte numérisé non relu

CLAUDE 1U0NEL

ne le fût jamais celle du coupable, et qu’une nouvelle chaîne s’est lentement rattachée aux anneaux brisés de son ancien amour.

Cependant elle luttait et demandait du secours à tout ce qui l’entourait, comprenant qu’il n’y avait pour elle de salut qu’en fuyant le danger. Elle continuait à éviter toutes les occasions qui eussent pu la rapprocher de M. de Guernet. Mais celui-ci, qui avait cru remarquer plus d’incertitude dans la résistance, redoublait des assiduités que Claude favorisait de son côté, et sa hardiesse croissait en proportion de ses espérances.

Le moment de l’élection était proche, Rionel entra un matin chez Juliette en lui annonçant qu’il était forcé de partir. Des lettres reçues à l’instant l’avertissaient que son concurrent, qu’il croyait à Paris, venait d’arriver à Orléans, où il mettait tout en pratique pour gagner les électeurs. L’apparition de Claude pouvait seule arrêter ces manœuvres.

La jeune femme reçut cette nouvelle avec autant d’étonnement que de contrariété. Quel que fûtl’aveu-

glement de son mari, sa présence était pour elle une défense et un avertissement. Elle voulut le retenir, mais la crainte de voir sa nomination compromise le préoccupait exclusivement. Juliette lui demanda enfin quand il devait partir.

— Aujourd’hui môme, répondit-il.

— El pour longtemps? ajouta M ,ue Rionel.

— Je ne sais... Pour un mois peut-être.

— Qui vous empêche de m’emmener, alors ? dit Juliette.

— • Y pensez-vous! répliqua Claude : mon temps va se passer là-bas en dîners, en discussions, en visites aux électeurs. Votre présence serait inutile, gênante même, tandis qu’ici elle peut me servir.

— Comment?

— En entretenant nos nouvelles relations avec M™ 8 de Firmiani, le baron Durvert et l’ambassadeur. Vous savez que je suis en partie venu à Dieppe pour les établir. Ce sont des gens en crédit et l’on ne peut arriver sans être des leurs. Les connaissances font le succès, et dans

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