PL. XIV
Pa$e 206
nfantene de ligne sous Napoléon 1er
Drapeau d'Infanterie deligne
Empire) STERLITÎZ
Légion d'Infanterie
Infanterie de lign
furent alors proposés, il fut même question de faire remplacer les trois couleurs par le vert impérial (1). De ces modèles soumis à l'approbation du ministre plusieurs existent encore au dépôt de la guerre; aucun ne fut adopté.
Enfin l'arrêté suivant fixa le drapeau du nouvel Empire. « Il ne sera fait aux drapeaux, étendards et « guidons dont les modèles ont été précédemment « arrêtés (l'an xi) que les changements ci-après : « On laissera d'un côté les trophées d'armes analo- « gués à chaque corps, en substituant aux mots Ré- « publique Française ceux de Empire Français ; sur « l'autre côté on substituera à ce qui existe un dis— « que d'azur au centre d'une gloire ou rayons d'or « et entouré aux trois quarts par deux branches de « laurier. Le disque portera Napoléon, Empereur des « Français (à tel corps) ; au-dessus sera l'aigle impé- « rial en or appuyé sur une foudre et surmonté de « la légende Empire Français au-dessus de laquelle « sera la couronne impériale (de lauriers d'or) ; au- « dessous du disque et des branches de laurier, la « légende Valeur et discipline, le tout conforme au ce dessin ci-dessous. Les couleurs et la coupe des « drapeaux resteront telles qu'elles ont été réglées « pour chaque arme. Arrêté à Paris le 2 thermidor « an xii. Signé : Maréchal Berthier. » Ce modèle est resté généralement en usage pendant la durée de l'Empire. Néanmoins l'étoffe du drapeau perdit de
(1) Il est permis de supposer que le choix de cette couleur, pour la livrée de Napoléon Ier, fut motivé par le désir de rappeler le vert delà banniiVe de Charlemagne que nous avons citée plus haut, p. 15.
son importance; le principal objet dans les drapeaux ou étendards impériaux fut l'aigle (1) qui en surmontait la hampe, de sorte qu'on en vint à dire les aigles au lieu de dire les drapeaux. L'aigle était d'habitude portée dans les combats et l'étoffe restait avec la caisse du régiment au logement du colonel. Des années entières se passaient sans que le drapeau parût devant les troupes. Ainsi, un officier, à qui dernièrement on demandait comment était le drapeau du 59e régiment d'infanterie où il servait pendant la guerre d'Espagne, a pu répondre qu'il ne l'avait jamais vu, que l'aigle seule paraissait et que même, dans les affaires dont le succès semblait douteux d'avance, on ne portait pas l'aigle, afin d'éviter qu'elle courût le risque d'être prise. Cette mesure devint générale après la retraite de Russie, les régiments partant de France laissèrent leurs aigles aux dépôts.
On peut voir au Musée de l'artillerie plusieurs des drapeaux du ier Empire.
Après l'abdication de Napoléon Ier on arbora le drapeau blanc au mois d'avril 1814 (2).
L'ordonnance du Roi du 12 mai 1814 sur Forçanisation de l'infanterie française dit: « Article 8. 11
(1) Une trace do celte tendance à faire prédominer Paigle dans les enseigne^ se voit dans la planche VIII du Couronnement et sacre de Napoléon Ier (Bibl. nat.. Ksi. P. d.), dessinée par [sabey ri Fontaine; clic représente la distribution des aigles . ces enseignes ont la forme d'un petit labarom surmonté d'une couronne de laurier au-dessus de laquelle est perchée une aigle couronnée.
(2) Voir dan- les Mémoires du comte Beugnot, Dentu, 1S<>S. t. n, I». 121, la manière donl il raconte comment, le 2 avril, jour où le
« y aura par régiment un drapeau dont le fond sera « blanc portant l'écusson de France et la désignation « du régiment, le modèle nous en sera présenté par « le ministre de la guerre et les drapeaux seront « donnés aux régiments à l'époque que nous fixe- « rons. Outre le drapeau de chaque régiment cha- « que bataillon aura un fanion dont la couleur et les « dimensions seront déterminées par un règlement « du ministre. »
Le 26 février 1815, Napoléon quitta l'île d'Elbe à bord du brick Y Inconstant sur lequel flottait « le pavillon blanc semé d'abeilles d'or qu'il avait adopté l'année précédente comme celui de sa nouvelle souveraineté (1) », il débarqua, le 1er mars, dans le golfe Juan et fit aussitôt remplacer le drapeau blanc semé d'abeilles par le drapeau tricolore.
Deux décrets impériaux du 9 mars (de Grenoble) et du 13 mars (de Lyon) rétablirent le drapeau tricolore. Le Musée d'artillerie conserve quelques-uns des drapeaux qui furent portés pendant ce deuxième règne de Napoléon, connu sous le nom des Cent- Jours. Ils portent les trois couleurs disposées verticalement, bleu à la hampe, blanc et rouge et sont très-sobres d'ornements.
Après la défaite de l'Empereur à Waterloo,
le Gouvernement provisoire fut formé, M. de Talleyrand dit à l'abbé de Pradt, archevêque de Malines : « Avez- vous un mouchoir blanc? —Oui. — Descendez, prenez le boulevard de la Madeleine et suivezle jusqu'au faubourg Saint-Antoine, toujours en agitant votre mouchoir, et criant : Vive le Roi !.... »
(1) L. de Viel-Castel, Histoire de la Restaur., 1860, t. ji, p. 273.
Louis XVIII revint à Paris avec quelques troupes de sa maison qui lui étaient restées fidèles et qui avaient conservé le drapeau blanc (1).
L'ordonnance du 3 août 181 o, organisant les légions qui remplacèrent les régiments licenciés, dit dans l'art. 40 : Il y aura un drapeau par légion et un fanion par bataillon.
Les drapeaux de cette époque, conservés au Musée d'artillerie, portent d'un côtelés armes de France entourées des colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit, et accompagnées du sceptre et de la main de Justice, de l'autre côté, l'inscription : « Le Roi, à la légion (de tel département), » entourée de deux branches de lauriers vertes sous lesquelles pendent attachées à des cordons rouges les décorations de Saint-Louis et de la Légion d'honneur. Ces drapeaux sont des deux côtés mi-partis en diagonale, les uns bîan et vert, les autres blanc et ronge. Ainsi la légion du Gard avait la couleur verte, celle de la Haute-Marne, la couleur rouge.
L'ordonnance royale du Ti novembre 1810 institua des drapeaux de bataillon ou de couleur, mipartis en diagonale blanc et rouge pour les 2" bataillons, blanc et jonquille pour les 3e9 bataillons. Ces drapeaux furent maintenus par la décision du 24 avril 1818, ils marchaient pour rendre les hon-
(I) Le 17 juin ISli), Louis \\ III. réfugié a Grand, BÎgOa OJÛ donnance pour la formation d'un régiment d'infanterie» dit de lu Couronne; elle porte: • Art. 6. Ce régimenl aura un drapeau dont le fond sera blanc, portant L'écusson de France et la désignation du régiment. »
rieurs aux princes, le drapeau blanc ne rendant plus les honneurs qu'au roi, ainsi que cela avait lieu pour le colonel général seul avant 1661 et pour le roi depuis 1661 (1). L'usage de plusieurs drapeaux par régiment continuait encore en 1823, car le règlement de campagne de 1 823 dit : « Les porte-drapeaux « planteront les drapeaux devant le centre de leur régi- « ment. » Etles expressions « rejoindre les drapeaux » , « être sous les drapeaux » , persistant encore dans le langage militaire sont des traces de cet ancien usage.
Les drapeaux de la garde royale étaient blancs semés de fleurs de lis d'or ; au centre l'inscription : Le Roi (à tel) régiment (d'infanterie, etc.) de la garde royale, était entourée aux trois quarts par deux palmes ou branches de lauriers sous lesquelles pendaient les ordres de Saint-Louis et de la Légion d'honneur attachés à leurs rubans rouges. Ceux des régiments du corps royal de Vartillerie étaient semblables à ceux de la garde. Les drapeaux de la ligne étaient blancs, entourés d'une bordure de fleurs de lis, le centre était occupé par une inscription et des ornements pareils à ceux que nous venons de décrire.
Sous la Restauration, de 1815 à 1830, le drapeau tricolore était devenu le signe de ralliement des mécontents; il fut arboré à la révolution de juillet 1830. Une ordonnance du 1er août, signée Louis- Philippe d'Orléans, et contresignée comte Gérard, dit dans son article 1er : « La nation française reprend ses couleurs. Il ne sera plus porté d'autre cocarde que la cocarde tficolore. »
(1) Voir p. 101 et 114.
L'ordre des couleurs dans le drapeau fut : bleu à la hampe, blanc au centre, rouge flottant ; la hampe fut surmontée du coq dit Gaulois (1). L'ordonnance du 4 mars 1831 mit le drapeau au centre du régiment, c'està-dire au centre du 2e bataillon pour les régiments à trois bataillons, et à la gauche du 1er bataillon pour les régiments à deux bataillons. C'était logique, du moment qu'il n'y avait plus qu'un seul drapeau par régiment. La même ordonnance donna un fanion rouge au 1er bataillon et un jaune au 3e ; mais ces fanions ne sont plus des drapeaux, ce ne sont que des jalons d'alignement pour les manœuvres.
Du Gouvernement de Juillet datent l'uniformité et l'unité de drapeau pour les armées de terre et de mer.
Cependant nous devons signaler encore au moins une exception : on conserve au musée d'Artillerie un étendard dont le milieu est un carré blanc avec les sommets des angles placés au milieu des côtés de l'étoffe, ce carré blanc porte l'inscription : Le Roi des Français au 1er régiment de hussards , deux triangles bleus tiennent à la hampe et les deux autres sont rouges, sur ces triangles sont quatre couronnes de lauriers entourant deux foudres d'or et deux chiffres L. P. surmontés de la couronne royale.
Ce gouvernement étant tombé le 24 février 1848, une proclamation du Gouvernement provisoire du 26 février décida « que les couleurs du drapeau seront « rétablies dans l'ordre qu'avait adopté la Repu—
{\) Voir plus bas ce que nous disons sur ce symbole.
« blique française : le drapeau portera ces mots : « République Française, Liberté, Égalité, Frater- « nité ; la hampe sera ornée d'une rosette rouge « (insigne des membres du Gouvernement). »
Les membres de ce nouveau Gouvernement s'imaginaient que l'ordre des couleurs devait être celuici : bleu h la hampe, rouge au milieu et blanc flottant. Eclairés par la polémique des journaux et les protestations énergiques de la marine, ils ne tardèrent pas à reconnaître leur erreur, et le 5 mars 1848 parut le décret suivant : « Le Gouvernement provi- « soire considérant que le drapeau de la France est « le signe visible de l'unité nationale ;
« Considérant dès lors que la forme du drapeau « national doit être fixée d'une manière inva- « riable :
« Arrête : — Art. 1er. Le pavillon ainsi que le dra- « peau national sont rétablis tels qu'ils ont été fixés « par le décret de la Convention du Ti pluviôse an n « sur les dessins du peintre David.
« Art. 2. En conséquence, les trois couleurs na- « tionales disposées en bandes égales seront à l'ave- « nir rangées dans Tordre suivant : le bleu attaché « à la hampe, le blanc au milieu et le rouge flottant « à l'extrémité. »
Les drapeaux de l'armée eurent alors cette forme : aux quatre angles, dans une couronne de lauriers le numéro du régiment, au centre l'inscription : République française— me régiment de — , entourée de ces quatre mots placés symétriquement vers les angles : Unité, Liberté, Égalité, Fraternité ; au revers, le numéro placé de même qu'à la face et sur lo milieu
l'inscription : Valeur et Discipline, La hampe était surmontée d'un fer de lance doré.
Une modification fut apportée au drapeau après le coup d'Etat du 2 décembre 1851 par le décret du 31 du môme mois, dont suit la teneur :
<( Le Président de la République, considérant « que la République Française , avec sa nou- « velle forme , sanctionnée par le suffrage du « peuple, peut adopter sons ombrage les souve- « nirs de l'Empire et les symboles qui en rappellent « la gloire ;
« Considérant que le drapeau national ne doit pas « être plus longtemps privé de l'emblème renommé « qui conduisit dans cent batailles nos soldats à la « victoire, décrète : Art. 1er. L'aigle française est « rétablie sur les drapeaux de l'armée. »
Ces drapeaux furent distribués à Paris le 10 mai 1852. Sous le second Empire, les drapeaux furent chargés d'ornements, de chiffres, d'inscriptions.
Sous la République qui a succédé, en septembre 1870, au second Empire, le drapeau national est bleu, blanc et rouge, mais sans que la forme, les dimensions ouïes ornements soient encore déterminés. La dernière pièce officielle concernant le drapeau est une circulaire ministérielle du o juillet 1871, ainsi conçue :
« En attendant qu'une décision ail été prise relate tivement aux nouveaux drapeaux à distribuer à « l'armée... les corps se procureront provisoirement, « aux frais de la masse générale d'entretien, des dra- « peaux de grandeur moyeijne qui ne perleront
« aucune inscription et dont la hampe sera surmon- « tée d'un fer de lance doré... » (1.)
Pavillons de marine.
« Les enseignes ont varié de formes et de couleurs, ont été placées tantôt au côté du navire, tantôt au milieu, ou à l'avant de la poupe ou tout à l'arrière, aux sommets des mâts, aux extrémités des vergues ou antennes. Les amiraux, grands-officiers de la couronne, avaient leurs enseignes particulières, les capitaines avaient souvent les leurs de telle sorte qu'un navire montrait à la fois l'enseigne royale ou nationale, celle de l'amiral et celle du capitaine » (Jal, Glossaire nautique). Chaque prince, amiral ou grand seigneur, avait un pavillon particulier qu'il arborait à côté des couleurs royales ; quand l'œuvre de Richelieu fut accomplie, toutes ces bannières s'éclipsèrent devant le pavillon du roi qui dut, aussi à son tour, céder la place au pavillon national que se donna la France à la fin du siècle dernier.
Nous n'avons pas trouvé de réglementation' des pavillons antérieure à l'édit de 1543. Jusqu'à cette date nous donnerons donc seulement dans l'ordre chronologique les indications que nous avons
(1) Le drapeau de l'École de Saint-Cyr porte néanmoins cette inscription : École spéciale militaire. 1er Bataillon de France. Ils s'instruisent pour défendre la patrie.
pu rencontrer relativement aux bannières arborées en mer.
1066. — La nef de Guillaume, duc de Normandie, lorsqu'il partit pour la conquête de l'Angleterre, portait au haut du mât une bannière chargée d'une croix. Les tapisseries de Bayeux la représentent blanche à croix jaune, le tout entouré d'une bordure bleue. La voile était couverte de peintures (1).
1248. — Joinville, dans le récit de la croisade de 1248 (2), dit : A notre gauche arriva le comte de Japhe (Jean d'Ibelin, seigneur de Baruth, comte de Jaffa); sa gallée était toute peinte dedans et dehors à écusson de ses armes, lesquelles sont d'or à une croix de gueules pattée. Il y avait dessus 300 nageurs (rameurs, mariniers) et à chacun une targe à ses armes et un pennon de ses armes battues d'or.
1295. — Il n'est fait aucune mention de bannières ou pennons dans le mémoire de Benoit Zacharie « amiraus généraus du très-excellentissime roy de France » sur l'emploi de la flotte en cas de guerre: ces objets sont probablement compris dans la quatrième partie de la dépense qui est « li apparel et les « choses besoignables as ussiers et as galies, si « comme sont arbres, anthènes, gouvernaux, veilles, « cordes, raimes.. et grant somme d'autres menues « choses, charpenteries, calfateries et autres des- « pences à ce besoignables, de ce faisan conte que
(1) Eut. marU. de France. !.. Gruérin, i. i. y. 28.
{%) Histoire de saint Louis, publiée par la Sociét l'Histoin
de Franco, p. T>6.
« il pourront couster environ V mille livres tornois » (Arch. nat. J. 456 36 4).
1337. — Dans la pièce conservée aux archives du ministère de la marine que nous avons reproduite plus haut, p. 36, et intitulée : C'est l'ordonnance de 40galées armées, etc., nous trouvons : 30 bannières des armes du roi pour 10 galées et 20 bannières des armes au maréchal où il faudra 33 cendaux Me, vert ei jaune (inde, c'est-à-dire bleu, et jaune pour les armes du roi, et vert et jaune pour celles de Robert Bertrand, maréchal de France).
1339. — La flotte préparée en 1337 et commandée par Charles Grimaldi, Hue Quieret, etc., opéra le 8 septembre une descente en Angleterre; la ville de Southampton fut prise et un immense butin en fut rapporté à Dieppe. Dans la « Chronicle of England », par Jame Doyle (Longman, London, 1864, p. 297), la flotte anglaise est représentée avec des voiles peintes aux armoiries; il est probable que la flotte française de 1339 avait aussi ses voiles peintes, usage qui s'est conservé longtemps; on en trouve encore des exemples au commencement du XVIIIe siècle.
En Angleterre, le pavillon commun à toute la flotte, dès 1342, était le pavillon de Saint-George, blanc à croix rouge dominant tous les autres (c'est celui qu'elle porte actuellement) ; « lors sonnèrent les « Englès leurs trompettez et mirent les bannierez « et pignons de saint Jorge hors dessus leurs mas et « chacuns barons par lui sa bannière sus son vais- « siel. » (Froissard, ms. d'Amiens.)
Dans le manuscrit des statuts de l'ordre du Saint-
Esprit de Naples (p. 8) on voit une galère de 1352 environ, c'est celle de Robert d'Anjou-Tarente, empereur titulaire de Constantinople, l'arrière peint miparti d'Anjou-Tarente et de Constantinople (1), deux bannières carré-long y sont plantées, l'une d'Anjou-Tarente, l'autre de gueules à l'aigle éployée d'or qui est d'empire d'Orient; chaque rameur dont on voit la tète couverte d'une calotte de fer à mailles est garanti par un pavois, ou bouclier en forme de cerf-volant, mi-parti d'Anjou-Tarente et de Constantinople.
1386. — Dans la flotte de 1287 navires, qui se forma alors pour opérer contre l'Angleterre, on ne voyait que peintures et dorures sur les voiles et les mats; le vaisseau du duc de Bourgogne était un des plus beaux, il était peint extérieurement en azur et or, il portait les 5 bannières du duché et du comté de Bourgogne, des comtés de Flandre, d'Artois et de Rethel et -4 étendards à fond d'azur et à queue blanche chargés de la devise du duc : « Il me tarde » entourée de marguerites (Pacini, La Marine, 1844, p. 128). Les voiles étaient parsemées de devises, d'armoiries, d'écussons; de tous côtés flottaient des banderoles, des flammes éclatantes et les drapeaux et étendards resplendissants des bannerets. (Léon Gucrin, Hist. maritime de France, t. Ier, p. 113.)
1300. — Une miniature du ms. de Froissard ap-
(1) Aiijou-ïaivnic : d'azur semé de fleurs de lis d'or à la bande d'argent el au Ïambe) de gueules de \ pendants; Constantinople: de gueules à la croix d'or accompagnée de 5 croisettes d'or en chaque canton, celle du milieu entourée d*un cercla d'or.
partenant au British Muséum, représente le navire qui transporta le duc de Bourbon dans son expédition contre Tunis : à l'arrière deux hommes sonnent dans des trompettes dont les fanions sont d'azur semé de fleurs de lis d'or ; la hune du grand mât est aussi bleue semée de fleurs de lis. Un chevalier s'y tient debout à côté d'une bannière carrée de France, d'azur à 3 fleurs de lis ; les pavois sont aux armes des différents seigneurs montés sur ce navire. Froissart dit en parlant de cette flotte : « Grande beauté était à « voir ces bannières, ces pennons de soie et de cen- « dal (satin), armoyés des armes des seigneurs, ven- « tiler au vent et flamboyer au soleil »
1494. — La nef destinée à Louis XII, alors duc d'Orléans, dans la flotte armée pour le recouvrement de Naples pour Charles VIII devait être entourée d'un pavois, bleu fleurdelisé, à franges de soie bleue de 9 pouces de hauteur, chargé de 82 fleurs de lis jaunes de 2 tiers d'aune de haut. Ce pavois ou pavesade était une pièce d'étoffe que les jours de combat ou de fête l'on attachait le long du plat bord, autour des galeries et des hunes, comme ornement et aussi pour la protection de la garnison, car ces pavois étaient souvent matelassés. C'était une dérivation de l'usage plus ancien de placer le long du vaisseau ou de la galère des pavois (boucliers), abritant les rameurs et les archers.
1513. — Les pavesades, conformément à leur origine, affectaient quelquefois la forme de boucliers, ainsi que c'était représenté dans une miniature accompagnant le récit du combat de la Marie Cordelière, commandée par Portzmoguer (Prirnauguet), contre
la Régente et autres vaisseaux anglais devant Saint- Mathieu, en 1513, par Pierre Choque, 1er héraut d'armes de Anne de Bretagne, reine de France. Les bords des châteaux d'avant et d'arrière sont garnis d'une pavesade composée d'écus alternant les uns à V hermine de Bretagne, les autres à croix noire sur fond blanc; les flammes qui flottent au sommet des mâts sont blanches à croix noire. Les châteaux et hunes de la Régente sont pavoises d'écus blancs à croix ronge, les flammes sont pareilles, c'est l'étendard de saint George. (La Marie Cordelière, étude par A. Jal. Paris, impr. Royale, 1845).
1525. — Inventaire et estimation faite par ordonnance et commandement deMonseigneur le légat d'Avignon, lieutenant général pour le roi au pays et comté de
Provence , de la nef nommée Sainte-Marie Bona-
venture, appartenant à feu Monseigneur le grand maître (René de Savoie, fils naturel légitimé de Philippe II, duc de Savoie, le grand-père du roi François Ier; il mourut en 1525 des blessures qu'il avait
reçues à la bataille de Pavie en défendant le roi)
Bannières et enseignes. Une flamme de taffetas blanc, jaune, pers fort usé pour le grand arbre. Un étendard grand de taffetas desdites couleurs usé. Douze bannières de semblable taffetas, couleurs usées. Un barragon (pavesade) pour la grande cage (hune du grand mat) desdites couleurs. Une flamme de serge pour la cage du trinquet de proue (hune du mât d'avant) desdites couleurs, et un barragon de la
de proue (hune d<> beaupré) semblable fait à
Marseille le 20 novembre 1525, par Julien Bonacorsi, notaire, secrétaire du roi (Bibl. nat.. ms. Heslanges
(de Clérambaut), suite de 1525 à 1526, volume 37, page 9397).
1530. — Sur une tapisserie de 1530, reproduite dans le t. VIII de la collection Gaignières (Bibl. nat., Est.), se voit un vaisseau qui devait appartenir à Louise de Savoie, mère de François Ier, au sommet des deux mâts sont des pavillons bleus avec un L en or ; sur un 3e pavillon est un écu en losange chargé d'une bande. Les pavois sont en forme de targes ovales et portent les uns de gueules à la croix d'argent qui est de Savoie et les autres de gueules à la fasce d'argent.
En 1535, le pavillon n'était pas encore le symbole de la nation autant que l'écu armorié; on en voit un exemple dans ce que fit Jacques Cartier lorsque, le 10 août, jour de saint Nicolas, il prit possession, au nom du roi, des terres situées à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, il planta une croix aux armes de France. (Hist. marit. de Fr. Guérin, t. Ier, p. 335.)
1543. — L'édit du roi (du mois de février), réglant les fonctions et droits de l'amiral de France, porte : « Tous navires allant par la mer en notre obéissance, seront tenus de porter les bannières ou enseignes audit amiral, lequel pourra mettre bannières, étendards ou enseignes, trompettes et ménétriers à son plaisir. » Annebaut exerça cette charge de 1543 à 1552 ; ses armes étaient de gueules à la croix de vair, ses couleurs étaient donc rouge, blanc et bleu, ce qui explique pourquoi à cette époque il put y avoir des enseignes, flammes ou pavesades tricolores. Ce n'étaient pas des couleurs nationales, mais
les couleurs personnelles de l'amiral en exercice.
1545. — Les archives du tabellionage de Rouen, conservées au greffe de la Cour de cette ville, nous fournissent des pièces intéressantes sur les pavillons de cette époque, malheureusement sans indication de couleur.
Du 19 juin 1545, Charles Barate, peintre, demeurant à Rouen, confesse avoir reçu de noble homme Jehan de Vimont, sieur de Saint-Aubin, trésorier et receveur général de la marine, la somme de 175 livres 10 sols pour la peinture de 78 enseignes en taffetas aux armoiries du roi, de Monseigneur le Dauphin d'Orléans et du sieur de La Mailleraie, viceamiral de France. — Charles Barate, peintre de Rouen, confesse avoir reçu de noble homme Jehan de Vimont, receveur général de la marine, 27 livres 10 sols pour avoir peint aux couleurs du roi, de Messeigneurs le Dauphin d'Orléans et le sieur d Mailleraie, 22 douzaines de demi-piques à étendre les enseignes et pavillons de taffetas des navires du roi, pour le voyage de l'armée de mer que le roi fait dresser présentement contre ses ennemis.
Du 28 décembre 1548, Jacques de Séez et Henry de Séez, son fils, peintres, demeurant en la par Saint-Laurent de Rouen, s'obligent envers noble homme Jehan de Clamorgan, seigneur de Saane, commissaire pour le roi sur le fait de la construction des trois navires ordonnés être faits pour le vice de Sa Majesté, à faire peindre le nombre de r>0 étendards ou pavillons de taffetas, lequel taffetas leur sera baillé par ledit sieur commissaire, lesquels Seront peint les armoiries du roi avec cou-
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