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Bannière uC Charles VII
| Etendart de Charles VII
hume de la Ferté Herraud, qui portait pour armes de gueules à trois besants d'argent 2 et 1, avait une bannière où les trois besants étaient placés en pal, c'est-àdire verticalement l'un au-dessus del'autre(Bibl. nat., Est., 0.a.9) ; en 1230, Amauri de Montfort, connétable, qui portait d'argent au lion de gueules, avait une bannière mi-partie de rouge et de blanc, la ligne de séparation entre les deux couleurs étant dentelée (ibid.); en 1250, Pierre de Courtenai, qui portait d'or à 3 tourteaux de gueules, avait une bannière toute rouge.
Aux figures héraldiques s'ajoutaient quelquefois d'autres emblèmes ou images; en 1339, le duc de Bourbon avait « sa bannière pleinement armoriée de fleurs de lys, à une blanche image de Notre-Dame, au milieu assise, à un écusson de Bourbon dessous ses pieds. » (Chroniques de Froissart.)
En 1369, Louis II, duc de Bourbon, outre sa bannière aux armes de Bourbon, avait un pennon bleu, chargé d'un écu d'or portant la devise : Allen (allons), emblème de l'ordre de l'écu qu'il avait fondé. (Livre des hommages du comté de Clermont. Collection Gaignières, Bibl. nat., Est., t. IV, p. 27 et 28.)
Dans le manuscrit de Froissart de la Bibliothèque nationale, une miniature représentant le siège de Taillebourg (1385) donne au duc de Bourbon un étendard rouge portant une ceinture d'or surmontée de quelques ornements également d'or, et la miniature du manuscrit de Froissart de la Bibl. de l'Arsenal représentant le même fait lui attribue une targe rouge chargée d'une ceinture d'or. Son emblème personnel était en effet une ceinture avec la devise : Espé-
rance (1). Son arrière-petit-fils Charles, duc de Bourbon, en 1487 porta aussi cette devise, mais, en outre, il en avait une autre qui figura au-dessus de son dais dans la cathédrale de Lyon sur des bannières bleues à franges blanches et rouges portant un bras rouge armé d'une épée flamboyante blanche avec ces mots sur un ruban blanc : Ne espoir ne peur. (Bibl. nat. Est. P. c. 18, folios 14 et 15.)
C'est à partir de Charles V que l'on voit les rois adopter, en dehors de leurs armoiries, des couleurs ou devises personnelles. Comme nous l'avons ditplus haut (p. 41), Charles V, probablement par la même raison qui lui fit réduire à trois les fleurs de lis, en l'honneur de la sainte Trinité, semble avoir affectionné les trois couleurs bleu, rouge et blanc qui se trouvent sur les manuscrits qui lui ont appartenu. Quelques miniatures, postérieurement faites, représentant des événements de son temps, ajoutent à l'azur fleurdelysé des bordures ou franges vertes, rouges et blanches (Bibl. nat., O.a.9, Recueil Gaignières, tome IV) au dais qui surmonte le trône de Charles V; (ms. de Froissart, Bibl. nat.) au pennon de France, 1382, bataille de Rosbecq sous Charles V : (ms. de Froissart, British Muséum ) aux bannières de France, d'Anjou, de Bourbon, de Bar, dans l'expédition de Guillaume de Hainaut, 1385 (2).
(1) Voir, à propos de cette devise ou cri de guerre, ia péroraison du discours prononcé par Mgr le due d'Aumale lors di> sa réception à l'Académie française, le 3 avril 1873.
(2) A cotte époque on avait un grand penchant vers les allégories et les symboles, et il s'appliquait entre autres choses aux cou-
En 1385, lors du mariage de Charles VI avec Isabeau de Bavière, Froissart dit que les chevaliers du roi étaient nommés les chevaliers du soleil d'or, parce que c'était là la devise ou emblème de ce roi (1 ). Nous avons déjà vu cette devise mentionnéeparFroissart à l'occasion de l'expédition de Tunis, 1390, (V. plus haut, p. 39), les miniatures représentant un étendard allongé, fendu en deux pointes, d'étoffe rouge, chargé d'un soleil d'or et semé de flammes d'or; c'était sans doute là l'étendart à la devise du roi ; auprès sont des hommes d'armes ayant à leurs lances des pennonceaux triangulaires rouges (2). Un guidon
leurs, dans Y Arbre des batailles (Bibl. nat. R ^) commençant par ces mots : « A la sainte couronne de France en laquelle aujour- « d'huy, par l'ordonnance de Dieu, règne Charles cinquième, » on trouve | cxxx, Des Couleurs des armes. Et comme la couleur de
Vor est la plus noble Pour ce que nos maîtres ont ja parlé en
aucuns lieux des bannières et des armes des grands princes
| cxxxi, la seconde couleur si est pourpre que nous disons en français rouge ou vermeil § cxxxn, la tierce couleur est de couleur
azur § cxxxiii, la quarte couleur est blanche, qui est la couleur
plus noble entre toutes les autres après l'azur, car elle est prochaine des corps luisants et donnant clarté; la noblesse d'elle aussi signifie pureté, virginité, charité, innocence
(1) Un soleil d'or rayonnant était la devise du Roi. (Entrée de la reine à Paris en 1389. Le cérémonial Français, par Godefroi, 1649, p. 638. Bibl. nat. L. i. S±.)
(2) A la même époque le duc de Bourgogne, outre sa bannière et son étendart féodaux (écartelés de Bourgogne ancien et de Bourgogne moderne, l'étendard ayant deux queues, une rouge semée de flammes d'or et l'autre blanche semée de flammes bleues) avait aussi des étendards ou pennons à sa devise personnelle. En 1386 c'était un étendard à fond d'azur et à queue blanche avec la devise : « Il me tarde » entourée de marguerites. Lors de son entrée à Chartres c'était un pennon mi-parti horizontalement, bleu en
rouge figure aussi à côté de la bannière de France dans la troupe de gens d'armes qui se voit dans la miniature représentant la reprise de Ventadour, 1390 (ms. de Froissart du British Muséum).
Ces chevaliers du soleil d'or, comme plus tard les 300 lances de la garde de Charles Y II (voir plus bas), portaient probablement un soleil m cimier et une cornette de casque ou lambrequin rouge ; une miniature de 1370 environ représente un chevalier coiffé d'un heaume surmonté, en guise de cimier, d'un soleil audessous duquel sont attachés trois rubans flottants. La miniature de la page 17 dums.des statuts de l'ordre du Saint-Esprit au droit désir (1 352) nous fournit un très-beau modèle de heaume avec cimier et cornette de casque; c'est celui deLouisd' Anjou-Sicile, roi del\aples et de Jérusalem. Ce heaume est surmonté d'une couronne d'où sort un cimier en forme de deux ailes, l'une bleue semée de fleurs de lis d'or avec un lambel de gueules- (armes d'Anjou), l'autre d'argent à la croix potencée d'or accompagnée de 4 croisettes du même (armes de Jérusalem) ; sortant do dessous la couronne, sur la partie postérieure du casque, pend un voile, cornette ou lambrequin rouge, doublé de blanc. à frange ou bordure verte et rouge : surTéto irodé
un nœud d'or qui était l'emblème de l'ordre du Saint- Esprit fondé par ce roi (1).
haut, rouge en bas, semé de flammes d'or, un soleil d'or tout, près du bâton, (Miniature du nuuiusrrii de Froissai"! do la Bibliothèque nationale.)
(I) A la page 6 de ce manuscrit on voit un serviteur du H<»i vaut les hotes qui arrivent à son palais; il tient à la main un peu-
Charles VI changea plusieurs fois d'emblème pendant le cours de son règne; outre l'étendard rouge à soleil d'or dont nous venons de parler, il eut aussi « un très-riche estendart de trois couleurs ; c'est « asçavoir blanc, rouge et noir, de satin double à deux « grans paons de broderie, l'un d'un côté, l'autre « d'autre, et semé de rais de souleil et de plumes de « paons et de branches de genestes, qui fu fait neuf « pour le voyage de Bourges... Item, un estendart de (( satin des couleurs du Roy, de bateure (doré) à un « paon. » (Inventaire de la grande écurie, nos 183, 243, choix de pièces inédites relatives au règne de Charles VI, publiées par la société de l'Histoire de France, t. II, p. 397, 403.) Il eut également pour emblème un cerf ailé qu'il avait vu en songe. « Tant lui « plaisoit la figure de ce cerf que... ce fut l'une des « incidences premières, quand il descendit en Flandre « combattre les Flamands, pour quoi le plus il en- « chargea le cerf-volant à porter en sa devise. » (Chronique de Froissart) (1).
Charles VII (1422-1461) eut aussi plusieurs éten-
nonceau bleu chargé d'une fleur de lis, et un écu semblable pend à une ècharpe verte passée en sautoir par-dessus son vêtement rouge. C'est cette écharpe verte de la maison d' Anjou-Sicile qu'adopta plus tard la maison de Lorraine, héritière de celle-ci, et qui, portée par les Guise et leurs partisans, fut le symbole de la Ligue à la fin du XVIe siècle.
(1) Ces cerfs ailés se voient encore dans le volume manuscrit intitulé Armoiries et devises de Rois et seigneurs (Bibl. nat., Est. P. c. 18), et dans la tenture du lit de justice tenu par Charles VII en 1458 (miniature de Fouquet, reproduite par F. Didot, Vie militaire au moijen âge, Paris, 1873).
dards personnels ou « d'accompagnement », avecdes couleurs ou des emblèmes divers. Charles Henry d'Autresque, peintre du Roy, demeurant à Bourges, peignit « trois lances des trois couleurs que porte le Roy, c'est « asçavoir rouge, blanc et pers (bleu) » ; pour ce travail il reçut 6 livres tournois (Comptes de l'hôtel du roi). Lors de son entrée à Paris en 1437, Charles VII avait un chapeau de castor blanc orné de pierreries et de houppes de filets d'or, sur sa cuirasse une riche cotte d'armes de velours incarnat, croisé d'or et d'argent, de perles et de pierreries; son cheval était caparaçonné de velours bleu céleste traînant à terre semé plus plein que vide de fleurs de lis (Vulson, Le Vrai Théâtre d'honneur et de chevalerie).
En tête du traité des Tournois, Louis de Bruges est représenté faisant hommage de son livre au roi Charles VII, qui est assis sous un dais bleu fleurdelisé, bordé de blanc et de rouge (reproduit dans la collection Gaignières, t. VII, p. oG, BibL nat., Est.). C'est à cette époque que fut exécuté le manuscrit de Renaud de Montauban (Bibl. de l'Arsenal); aussi y voit-on, t. II, p. GO, une tente royale sur laquelle les fleurs de lis, l'or, le bleu, le blanc et le rouge concourent à former un dessin des plus riches et des plus élégants. Dans ce manuscrit, les costumes des pages et valets royaux (t. II, p. 253, 281, etc.) sont presque uniformément bleus et rouges. C'étaient, du reste, les couleurs héraldiques de la branche de Valois, régnante du temps où vivait le peintre de ces miniatures.
En 1429, lors de l'entrée à Reims, Jeanne d'Arc portait une bannière semée de fleurs de lis, et le due
de Bourbon, marchant derrière le roi, portait un étendard rouge, semé de flammes d'or, avec la devise : Espérance en Dieu (Bibl. nat., Est., coll. Hennin, gravure de Poinssart).
Quelques années plus tard, après la mort de Jeanne d'Arc, le même roi avait un étendard semblable dont le fond était noir; « auprès du grand maître de l'hô- « tel, un écuyer portait V étendard du roi, qui était de « satin noir » (Alain Chartier).
En 1437, à l'entrée de Charles VII, à Paris, un écuyer portait une lance avec un étendard de soie rouge, semée d'étoiles d'or et chargée de l'image de saint Michel (Godefroy, le Cérémonial français, p. 654). « Un écuyer portant en sa main une lance vermeille semée d'étoiles de fin or, et au bout d'icelle un étendard de soie rouge semé d'étoiles en broderie de fin or, et au milieu l'image de Monseigneur saint Michel l'Ange (Vulson de la Colombière, Le Vrai Théâtre d'honneur et de chevalerie).
A l'entrée à Rouen, 1449, Rogerin Blosset, écuyer du roi, portait l'étendard de satin vermeil à un saint Michel dedans, le dit étendard semé tout au long de feuillettes d'or (ibid.) (1). Le Cérémonial français, p. 661, décrit le même étendard, et dit de plus que les pages du roi avaient des vêtements vermeils ; que, dans le cortège, étaient 600 lances ayant chacune un
(1) Voir Alain Chartier, Hist. de Charles VII, p. 182; le manuscrit déjà cité de Renaud de Montauban donne, t. iv, p. 74 et 310, des exemples de pennons rouges ainsi semés de feuillettes d'or.
panoncel vermeil à soleil d'or (i), et que le sire de Cillant, grand maître de l'hôtel du roi. était vêtu de velours bleu et rouge, par bandes et dessus de grandes feuilles d'argent, les unes dorées, les autres d'argent ; au col il avait une écharpe d'or pendant jusqu'à la croupe de son cheval.
« Depuis l'apparition de l'archange saint Michel, sur le pont d'Orléans, le roi Charles YII, du règne duquel était advenu ce miracle, prit pour son ori-
ilambe l'image de l'archange saint Michel qu'il
porta toujours en son grand estendard, outre la bannière de France parsemée de ileurs de lys sans nombre, portée toujours devant nos rois, quand en personne ils marchent à la guerre. » (Favyn. Théâtn d- honneur.)
« Louis XI, n'étant encore que dauphin, parut au siège de Compiègne avec un étendard d'accompagnement, sur lequel on voyait un cygne entre un Iv et un L, rébus faisant allusion au nom de Gérarde Cassignelle, sa maîtresse. » (Rey, Hist. du Drapeau, t. I, p. 119.) Nous n'avons pu trouver aucune indication de la couleur de cet étendard.
Dans une estampe de la Collection Hennin (Bibl. nat.), représentant la bataille de Montlhéry, on voit, avec l'armée du roi, un étendard long et fendu en deux pointes, rouge, à un soleil place i croisettés (nous l'avons déjà mentionné, p. 27). On
(h La couleur. L'étoffe el la brûlerie de l'étendard verra répétaieni <lan^ les ornements « i i ! s lambrequins ou cargôttes de casque des 300 lances el des archers de la garde de Charles VU»
peut supposer que c'était l'oriflamme du temps ou un étendard d'accompagnement ; nous nous arrêterions de préférenee à la première supposition. On y voit aussi une enseigne carrée, rouge, à croix blanche, chaque canton chargé d'une étoile ou soleil; suivant nous, ce serait plutôt là l'étendard d'accompagnement de Louis XI, d'autant plus que dans le Cérémonial français, p. 172, il est dit que le 14 août 1461, lors de son entrée à Reims pour le sacre, ce roi était revêtu de damas blanc et rouge. Une miniature de la Chronique de Monstrelet (Bibl. nat., ms. fi\, 88), représente un pennon long fendu en deux pointes, rouge, chargé de Vécu de France à 3 fleurs de lys.
i486. — A l'entrée de Charles VIII à Troyes, Vêtendard de la garde écossaise du roi était long d'une toise, rouge, blanc et vert, à X image de saint Michel et un soleil auprès (Cérémonial français, tome II, p. 677, Bibl. nat., L. i, ^ ) (1). On ne peut affirmer que c'étaient les couleurs qu'il avait adoptées; le jour de la bataille de Fornoue, juillet 1495, il était vêtu d'une jaquette à courtes manches, de couleur blanche et violette (violet est souvent employé à cette époque pour bleu d'azur), semée de croisettes de Jérusalem de riche orfèvrerie ; son cheval était bardé des mêmes couleurs, et son armet était garni d'un plumet blanc et violet (Hist. de Ch. V11I, par G. de Jaligny, André de la Vigne, etc., recueil imprimé en 1617, p. 212,
(1) Le 31 décembre 1494 devant le Roi, à son entrée dans Rome, on porta encore, dit le P. Daniel (Milice front-aise) Vètendart royal de satin cramoisi.
Bibl. nat., L. b.,"). Au mois de septembre, à son entrée à Verceil (ibid., p. 226), il était monté sur le cheval qu'il avait le jour de Fornoue, nommé Savoie, bardé de velours cramoisy, déchiqueté sur blanc et violet par moitié, et l'autre moitié était de velours gris ; il était armé de toutes pièces, réservé son habillement de tète et sur le dit harnois avait un riche sayon des couleurs mêmes de ces bandes, assavoir cramoisi, violet et gris déchiqueté, et sur le dit sayon un manteau en écharpe (flottant), interjecté de la couleur que portoient ses pensionnaires. On ne dit pas laquelle.
Les couleurs de Louis XII furent le rouge et le jaune. A son entrée dans Paris, après son sacre, le 2 juillet 1498, les Suisses du roi étaient tous vêtus d'une livrée (uniforme), avec hoquetons rouge et jaune, et des grands plumeaux des mêmes couleurs sur leur coiffure; le cheval du roi était couvert d'une housse de velours bleu fleurdelysé (Cérémonial franc., p. 238). Dans les splendides miniatures du manuscrit de la Révolution de Gènes (1507, par Jean Marot, Bibl. nat., 5091), on voit l'étendard des gentilshommes pensionnaires de Louis XII : il est de forme ticsallongée, fendu en deux pointes, divisé en deux bandes horizontales, jaune en haut et rouge en bas, avec l'image de saint Michel terrassant le dragon, un soleil rayonnant et un porc-épic couronné, le tout brodé en or, et chevauchant sur les deux couleurs du fond. Les couleurs de Louis XII se retrouvent encore au commencement du règne de son successeur, car, lors de l'entrée de François 1er à Paris, après son sacre, les archers de l'hôtel du roi portaient des ho-
quêtons aux couleurs du feu roi, à un porc-épic couronné, et 400 archers de la garde avaient encore la livrée et devise du feu roi, jaune et rouge, avec le porcépic (Cérémonial franc., p. 238, 266). Rey (Hist. du Drapeau, t. I, p. 120) dit que « dans la guerre qu'il fit aux Génois, l'étendard d'accompagnement" de Louis XII fut semé d'abeilles d'or; » nous n'avons retrouvé aucune représentation de cet étendard, qui probablement pourtant a existé, car, le jour de son entrée à Gênes, les vêtements du roi et les bardes de son cheval étaient blancs, semés d'abeilles d'or.
Gomme exemples des bannières des seigneurs à cette époque, bannières aux couleurs personnelles et non aux armoiries, nous citerons : le guidon de Pierre de Rohan, seigneur de Gié, maréchal de France, mort en 1513; il était bleu, semé de marguerites au naturel avec leur feuillage; son enseigne qui était verte, semée de bourdons de pèlerin avec coquille et de chiffres en or (deux lettres, dont l'une pourrait être un P, l'autre est un R), avec une bordure de jaune et blanc alternant (Bibl. nat., Coll. Gaignières, t. VII, p. 98 et 99), d'après une tapisserie du château du Verger; ces bourdons de pèlerin avec coquille indiquent qu'il était chevalier de l'Ordre du Roi (Ordre de Saint-Michel), dans le collier duquel figurent les coquilles. Les couleurs de ces deux étendards n'ont aucun rapport avec celles des armes de Rohan, qui sont : de gueules à 9 macles d'or. Sur la ville de Dijon, assiégée par les impériaux en 1 513 (Bibl. nat. , A. d., 108, Tapisseries anciennes, tap. de Dijon, et Coll. Hennin, t. III), on fait flotter l'étendard de Louis de La Trémoïlle qui défendait la place ; il est long, fendu
en deux pointes, bleu, jaune. Muge, en 3 bandes horizontales portant sur le tout une roue d'or. Là les couleurs sont celles de ses armes : d'or, au chevron de gueules, accompagné de 3 alérions d'azur; mai? dans le guidon de la compagnie de gens d'armes de La Trémoïlle on ne trouve qu'une des couleurs, celle du fond ; il est jaune bordé de noir, avec le même emblème, la roue et la devise : Sans sortir de l'ornière.
En 1544, à l'entrée à Paris de Marie d'Angleterre, seconde femme de Louis XII, « le duc de Valois i « de Bretagne (depuis François 1er) parut tout bardé « de drap d'or, couvert de satin rouge blanc et jaune « découpé. » (Yulson de la Colombière, Le Vrai Théâtre d'honneur.) Monté sur le trône, François Ier conserva les couleurs qu'il avait auparavant: lors de son entrée à Paris, après son sacre, figurent, entre autres, les sergents à verge, à pied, avec leur guidon de taffetas blanc, jaune ei rouge; leurs chausses, pourpoints et plumets étaient des mêmes couleurs; les cent Suisses de la garde avec le même guidon et vêtus d'un côté en damas rouge, et de l'autre moitié blanc, moitié jaune, leurs chausses rt « plumails » des mêmes couleurs; M. de Monlbazon. chevalier de l'ordre du roi, leur capitaine, ('tait vêtu. ;; droite, de drap d'or et, de toile d'argent à ondes, et à gauche de velours cramoisi ; cinquante archers de la garde. avec hoquetons brodés d'orfèvrerie sur drap blanc à demi-bandes semées de flammes de l'eu, portant sur la poitrine et sur le dos des salamandres : sur le bord du collet était brodée la devise : Nntrisco etexti ds avaient la salade en tête et tenaient sur la cuisse
des lances à flammes de taffetas blanc, jaune et rouge, « c'étaient les archers qu'il avait devant qu'il ne fût « roi » ; les cent gentilshommes, richement vêtus de costumes divers et portant des lances à petits guidons blanc, jaune et rouge; quatre cents archers à cheval à la livrée et devise du feu roi, portant lances peintes et guidons aux couleurs du nouveau roi, blanc, jaune et rouge (1).
A l'entrée de François Ier à Milan, 23 octobre 1515, les capitaines Messeigneurs de Montereul, Bonnin, Cursol, Gabriel, David, richement accoutrés d'orfèvrerie, portaient les couleurs du roi rouge, jaune, blanc. (Conqueste de Milan, par Pasquier le Moyne, portier du roi, 1520. Bibl. nat., L. b. {f, feuillet 01 .)
L'emblème de la salamandre choisi par François ïer se retrouve avec la fleur de lis sur une enseigne de gens d'armes, probablement les deux cents gentilshommes pensionnaires, dans un bas-relief du tombeau de ce roi à Saint-Denis, mais là aucune couleur n'est indiquée ; le même emblème, accompagné de lettres F et de flammes, est reproduit dans les Costumes militaires français par D. de Noirmont et A. deMarbot,
(1) Généralement à cette époque les lances étaient peintes, et d'ordinaire on attachait une signification aux couleurs adoptées ; ainsi, au camp d'Amiens, sous Henri II, Louis de Bueil, fils légitimé (en 1540) du comte de Sancerre, parut avec une compagnie dechevau-légers dont les lances étaient noires; quelques personnes trouvèrent bizarre le choix de celte couleur; M. de Randan leur répondit que ces lances étaient noires en signe de deuil des arbres que le comte de Sancerre avait fait abattre pour en faire de l'argent afin d'équiper la compagnie de son fils. (Grands capitaines français, Brantôme, t. vi, p. 35, édit. de la Soc. de l'Hist. de France.)
pi. XXV, sur un étendard de troupes suisses à la solde du roi ; il est coupé bleu en haut et blanc en bas.
En 1548, à l'entrée de Henri II et de Catherine de Médicis à Lyon, les pages du roi avaient des casaques de toile d'argent, à une grande manche pendante du côté gauche brodée de noir et de blanc. Les Suisses de la garde du roi portaient chausses et pourpoints écartelés de toile d'argent et de velours noir, découpés à grandes balafres, doublés de taffetas argenté; au bas du fer de leurs hallebardes étaient des houppes pendantes (franges) de soie blanche et noire.
En 1549, à l'entrée du même roi à Paris, les prévôts de l'Hôtel et leurs archers portaient hoquetons d'orfèvrerie à la devise du roi qui est un croissant couronné, ayant une épéeau milieu posée en pal; les sergents à cheval avec leur enseigne et guidon portaient une manche des couleurs, chiffre et devise du roi ; les lances des princes et seigneurs étaient garnies de banderoles aux couleurs du roi, les cent Suisses de la garde étaient vêtues comme il vient d'être dit (1) (Cérémonial français, p. 823, 890).
Nous n'avons jusqu'à présent aucun détail sur les couleurs personnelles de François II, qui. du reste, n'a régné qu'un an et demi, de juillet 1559 à décembre 1500.
En mars 1563. à la conférence de l'Ile aux Bœufs,
(I) Comme on le voit, les couleurs o'avaienl Bouvenl aucun rapport avec les armoiries; Montluc dit qu'en 1555 il portait « gris et « blanc pour l'amour d'uni' dame de qui j'étais serviteur lorsque
« j'avais le loisir». (Cumin., t. il. p. 3(5. édit. do la Sot. de l'Hist.
de France.)
près d'Orléans, dans une estampe de la collection Hennin, tome VI (Bibl. naL), l'escorte de la reine Catherine de Médicis est représentée avec une enseigne qui, d'après le sens des hachures, doit être rouge à croix blanche, chargée au centre d'un grand écusson de France, d'azur à trois fleurs de lis d'or couronné. N'est-ce pas là l'enseigne de la « compagnie de gens « de pied, laquelle seule fust destinée pour la garde « du Roy » (1) (Brantôme, Discours des colonels), qui fut d'abord commandée en 1560 par François de Richelieu, prévôt de l'hôtel du roi, puis, quelques mois après, par Philippe Strozzi, et qui faisait partie des bandes de deçà les monts ou de Picardie, lesquelles avaient l'enseigne rouge à croix blanche (2). Sans vouloir tirer de ce fait une déduction qui ne reposerait que sur une hypothèse, nous le signalons néanmoins comme une curiosité, avant de dire que les couleurs personnelles de Charles ÎX furent le bleu, le rouge et le blanc.
1564 — 23 mars, entrée de Charles IX à Troyes. Les gens de cheval de la ville avaient un guidon de taffetas b lanc, bleu et rouge en ondes. Les sergents royaux vêtus aux couleurs du roi portaient, brodées sur la poitrine et sur le dos, deux colonnes enlacées par un ruban à la devise : Pietate et justitiâ. Le roi, vêtu de bleu et de drap d'argent, était sous un dais de velours bleu frangé de blanc et de rouge, semé de
(1) En 1549 le roi avait, comme garde à pied, 3 compagnies françaises commandées par Chauvigny, d'Estrées et La Ferté (Bibl. nat., Est. P. d. 50).
(2) Voir plus bas, aux Enseignes de l'infanterie.
fleurs de lis, de colonnes enlacées et de K couronnés, au centre étaient les armes de France. (Cérémonial français, p. 895.)
1564 — 13 juin, entrée de Charles IX à Lyon. Les seigneurs vêtus de velours noir, suivis des laquais portant chausses et pourpoints de satin blanc, brodé de soie bleue et incarnate. Le prévôt et les sergents de la justice royale po liant hoquetons bleus , brodés de blanc et d'incarnat. Les gardes lyonnaises du roi, pour son séjour en cette ville, avaient chausses et pourpoints blancs brodés de soie bleue et incarnate. (Ibid., p. 899.)
En 1571, lors de l'entrée de Charles IX à Paris, après le couronnement de la reine, les suisses du roi portaient chausses et pourpoints incarnat, blanc et gris... les archers de la garde du duc d'Anjou en velours vert, et ses suisses vêtus de vert, lia ne et noir... Les archers de la garde du duc d'Àlençon portaient casaques de velours gris, bandées fargent et de soie orangée, ses su gaiement
vêtus de gris, blanc et orangé. {Cérémonial fran p. 519.) La milice de la ville portait des chapeaux de velours noir garnis iepennackes des couleurs du r la compagnie du chevalier du guet avait des mandilles des couleurs du roi. (Bibl. nat. Est., P. d. 26.)
Henri III, roi de Pologne, devenu roi de France en 1574, adopta probablement les couleurs de son frère et prédécesseur Charles l\ (1), car, en 1584, ses
(1) Couleurs qui iustemenl se trouvaienl comprendre le Mou de France et le rouge el blanc de Pologne.
pages étaient ainsi vêtus : pourpoint bleu dont le bas est tailladé et bordé d'un galon rouge, un double galon blanc sur les épaules et descendant le long de la poitrine, les manches flottantes bleues, rayées de blanc et de rouge, les manches du justaucorps en tanné (couleur chamois), les chausses bleues, rayées de blanc et de rovge, se terminant en bas par un bouillon de rubans rouges attachés par des aiguillettes d'argent, les bas blancs et les jarretières rouges. (Bibl. nat., Collection Gaignières, tome IX. p. 153, dessin du temps.) En 1586, les gardes de la prévôté de l'hôtel du roi avaient chausses et pourpoint bleus à crevés blancs, bas rouges, hoquetons blancs portant sur la poitrine trois couronnes d'or avec la devise : Manet ultimacœlo, brodée en or sur ruban bleu (ibid., p, 150); les cent suisses de la carde du roi avaient chausses et pourpoints écartelés du enté gauche, bleus à grandes balafres doublées de rouge, bas de la manche et bas de chausses bleus, du côté droit, rouge et blanc découpés de blanc et doublés de bleu, basdelamanche rouge et bas de chausses blanc à raie rouge, toque noire bordée d'or, ayant sur le côté trois éteufs (balles de laine ou pompons) bleu, rouge et blanc (ibid., p. 152). Le 25 juillet 1589, la ville de Pontoise fut prise par l'armée royale sous les ordres de Henri III et de Henri de Navarre. Un dessin original (ibid. p. 154), fait pendant ce siège, représente « un valet « de pied du roi » (duquel des deux?) portant un surtout bleu, bordé d'un galon rouge et d'un galon blanc avec manches flottantes rayées bleu, rouge etllanc, et doublées d'étoffe couleur de tanné pareille à celle des manches du justaucorps, les chausses sont bleues
rayées de blanc et de rouge, les jarretières rouges et les bas blancs.
Ces couleurs étant celles de la maison de Bourbon-La- Marche- Vendôme, dont Henri, roi de Navarre, était le chef (et à laquelle appartiennent par conséquent tous les princes actuellement existant de la maison de France), lorsque, quelques jours après la prise de Pontoise, Henri IV succéda, le 2 août 1589, à Henri III, le nouveau roi garda les livrées de son prédécesseur. Antoine de Bourbon, père de Henri IV, avait adopté en 1548 les armes de sa femme, Jeanne d'Albret, en ajoutant seulement les armes de Bourbon au 2e du chef; jusque-là les armes de Bourbon-La-Marche- Vendôme étaient : au 1er et 4e quartiers d'azur (bleu), à trois fleurs de lis d'or, à la bande de gueules (rouge), chargée de trois lionceaux d'argent (blanc) . qui est Bourbon-La-Marche; au 2e et 3e quartiers d'argent, au chef de gueules, au lion d'azur, armé et couronné d'or, brochant sur le tout, qui est Vendôme.
Dans une collection de drapeaux, faite à l'aquarelle par M. Pernot, et qui se voit dans l'hôtel des Invalides, on trouve l'étendard d'accompagnement de Henri IV lors de son entrée à Troyes en 1595; il est rayé horizontalement bleu, blanc et muge (I). C'est probablement le même qui, dans une estampe du
(1) Cette rayure tricolore bleu, blanc et rouge, que nous retrouvons plus loin sur les hoquetons des gardes de la prévôté de l'hôtel •lu Roi et sur les bannières des galères du temps de Louis JfJV, «•tait depuis longtemps eu usage dans la maison do Bourbon. Le volume de la bibliothèque nationale, Est. P. c. 18, intitulé Armoiries et devises de Rois et seigneurs, nous en fournit la preuve
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PL Fil
Clf d'Hommes d'Armes
de. La Trémoïlle
Guidon aux couleurs de François V
Guidon aux couleurs de Charles IX
Cornette ft de France.
Cornette \ aux couleurs de Henri IV
Armoiries
de Bourbon-la Ma :\
temps représentant la prise deLaFère(22 mai 1596), est donné sans indication de couleurs, mais est rayé de la même manière que le précédent, et est chargé au centre des armes écart elées de France et de Navarre (Bibl. nat., Coll. Hennin, t. XI).
A l'entrée d'Henri IV à Rouen, le 16 octobre 1596, figurèrent 50 hommes d'armes de la ville, portant des « panaches des couleurs de Sa Majesté, » et des écharpes blanches frangées d'or, leurs enseigne, guidon et banderoles des couleurs de S. M., chargées de ses armoiries et de celles de la ville. Les Suisses de la garde du roi étaient « vêtus et accoutrés à leur mode des « trois couleurs de Sa Majesté. » Les trompettes de S. M. avaient leurs banderoles de* couleurs et armoiries du roi (Cérémonial franc., p. 948).
En mai 1610, aux funérailles de Henri IV, on porta, comme nous l'avons dit plus haut, p. 49, « la cornette des couleurs et livrées de Sa Majesté très-chrestienne, ORENGË, BLANG et BLEU, semée de masses
folio 14 : les armoiries du cardinal Charles de Bourbon à Lyon dans la chapelle de sa cathédrale; elies sont placées sous un dais fleurdelisé à franges alternant blanc, rouge, blanc, bleu, le dais est surmonté de bannières bleues à franges blanches et rouges et est posé sur un fond rayé verticalement blanc, rouge, blanc, bleu, et semé de chiffres Gh. B. gothiques en or; folio 15 : devise de la branche de Bourbon et de Charles, cardinal archevêque de Lyon ; sur un fond rayé verticalement blanc, rouge, blanc, bleu et semé de fleurs enlacées est une femme tenant une licorne blanche, à ses pieds est la devise : « venena pelto », le tout est entouré d'une bordure rouge sur laquelle courent des ceintures blanches portant le mot : « Espérance », aux angles se trouve l'écu de Bourbon, d'azur à trois fleurs de lis d'or à la bande de gueules. Le cardinal Charles l'ut duc de Bourbon en 1487.
d'Hercule en broderie d'argent avecques la devise de Sa Majesté, qui estoit d'une H couronnée, entrelassé* </< deux sceptres en saultoir et d'une espée en pal sur le tant, en riche broderie dfor de Cypre, avec cette légende : Duo protegit unus; le PENNONET et le GUIDON des dictes couleurs, livrées et devises le Heaume d'or, couronné, tarré de front, à cimier d'une double fleur de
lys d'or, aux lambrequins des couleurs et livrées »
(Favyn, le Théâtre d'honneur, 1620, p. 1863).
A partir de Henri IV, ces trois couleurs, bleu, rouge et blanc restèrent les couleurs du roi, et furent portées par les troupes de sa maison et par quelques régiments à titre royal, ainsi que par l'infanterie française comme couleurs distinclives au collet, aux parements, etc., lorsque la troupe fut pour la première fois vêtue aux frais du roi.
Quelques exemples pris à diverses époques feront voir la constance de cet usage.
Le régiment du roi (infanterie), formé en 1663, dont le roi était colonel, est le premier qui ait reçu un uniforme: i! l'a eu dès sa formation. Cet uni tonne, qui n'a varié depuis que dans la coupe et quelques détails d'ajustement, se composait d'un habit blanc. doublé en bleu, qui ressortait dans le collet, les 1 ments et les retroussis, veste et culotte bleues: il y avait sur toutes les boutonnières un galon ou brandebourg aurore (Susane, Hist. de loi' Infanterie française, t. IV, p. 100).
En ](>T0, les soldats des régiments d'infanterie française furent habillés aux irais du roi: ce premier uniforme se composa d'un habit gris clair P°ur tous les régiments; ceux-ci se distinguaient entre eux par
la couleur de la veste et de la culotte, et quelquefois par celle de la doublure de l'habit qui ressortait dans les collets et les parements retroussés. Ces couleurs distinctives étaient le blanc, le rouge et le bleu de la livrée royale (ibid., t. I, p. 238). Les officiers n'étaient encore astreints a aucun costume déterminé. Ces distinctions de couleurs ne furent pas appliquées au régiment de Piémont, qui, venant « des bandes « noires de delà les monts, » eut le parement noir, ni au régiment de Dampierre qui, étant d'origine lorraine, garda le vert comme couleur distinctive. La régularité, au surplus, ne dura pas longtemps, elle ne resta que dans la couleur de fond, les couleurs tranchantes varièrent bientôt à l'infini, suivant le caprice des chefs de corps qui reçurent du roi une somme fixe pour habiller leurs hommes, et adoptèrent les couleurs qui, à leur guise, s'alliaient le mieux entre elles « ou qui plaisaient à telle maîtresse ado- « rant le bleu pâle, ou à telle autre idolâtrant le cra- « moisi, etc. »
En 1703, cette indépendance dans le choix des couleurs était officiellement reconnue : « Les soldats « sont habillés uniformément avec des vestes de la « couleur que les régiments les choisissent. » (Bibl. nat., R. 3460/7. Exercice pour toute l'Infanterie. Exercice réglé par la main de Sa Majesté, le 2 mars 1703, p. 85.) Plus tard, les uniformes furent définitivement fixés ; Y Ordonnance concernant V infanterie française du 21 décembre 1762, porte que « l'habit <( de tous les bas officiers et soldats est un juste-au- « corps et veste de drap gris-blanc piqué de bleu, « doublé de cadis ou serge blanche, parements, re-
« vers et boutons, tels qu'ils sont fixés pour chaque « régiment... les tambours portent la petite livrée du « roi (1), excepté ceux du régiment de la reine et « des princes du sang qui portent leur livrée. »
Nous extrairons de Y Etat militaire de France, pour Vannée 1763, 6me édition in— 12, les uniformes des diverses gardes du roi :
Gardes du corps du Roi : habit bleu, parements, doublure, veste, culotte, bas rouges, habit bordé et galonné d'argent (p. 154) (2).
Gardes de la Porte : habit bleu, parements, doublure, veste, culotte, bas rouges, habit galonné et bordé d'or et d'argent par carreaux (p. 160) (3).
Gardes de la Prévôté de l'hôtel : habit bleu, parements, doublure, veste, culotte et bas rouges, habit galonné et bordé d'or; et le hoqueton ou cotte d'armes, sur l'épaule droite à bouillons d'orfèvrerie, fleur
(h Noir Bibl. nat., Est. 0. a. 137, la manche et la bandoulière do garde de la capitainerie royale des chasses de Saint-Germain-en- Laye, et Ibid., 0. a. 79, l'uniforme des tambours de la garde du pavillon amiral.
(2) Le costume des ('(Mit-Suisses de la garde n'est pas donné dans l'état militaire de 4763, mais en \1±2 il consistait en habit, veste et culottes bleus, parements rouges, nœud de rubans muges sur l'épaule droite, galons blancs à carrés rouges, baudrier blanc bordé de galon blanc et rouge.
(3) Derrière L'écusson de ses armes le capitaine de cette compagnie avait le droit de mettre, comme marque de sa charge, mx drapeaux, dont deux bleus à croix blanche, deux rouges Qeurdel eroix blanche chargée d'une couronne royale à chaque bout, deux bleus fleurdelisés à croix blanche et sur le centre un soleil d'or
couronné accompagné de la devise adoptée par Louis \l\ : Ner pluribus impur. Voir Maison du Roi, gravé par Hoffmann B
nal . 0. a. 105, I. I.
de lis et L couronnées d'or, dont le fond est des couleurs du roi, incarnat, blanc et bleu, couvert d'ancienne broderie d'or et d'argent, et pour devise, devant et derrière une masse d'Hercule et deux épées nues en or, avec ces mots : Erit hœc quoque cognita monstris (p. 161).
Mousquetaires de la garde : soubreveste bleue, doublée de rouge, garnie d'un double bordé d'argent, la croix blanche et quatre fleurs de lis aux branches ornées de flammes rouges et argent, brodées devant et derrière, ainsi que sur les casaques bleues (p. 164).
Gardes Françaises: habit bleu, doublure, veste, parements, culotte et bas rouges, agréments blancs de trois en trois sur l'habit, boutonnières blanches et bordé blanc sur la veste, casaque bleue (p. 173).
Gardes Suisses : habit rouge, parements, revers et collet bleus, doublure, veste et culotte blanches (p. 175).
Lorsqu'en 1671, Louis XIV créa le régiment des fusiliers du roi, dont le grand maître de l'artillerie, Henri de Daillon, duc du Lude, fut le colonel-lieutenant ; il lui donna l'uniforme suivant : habit blanc, doublure et parements bleus, collet, veste, culotte et bas rouges, nœud de rubans bleus sur l'épaule droite, jarretières bleues, plume rouge au chapeau; l'habit, la veste et le chapeau bordés d'or (1). Par ordonnance du roi, du 15 avril 1693, ce corps prit le nom de Régiment royal de l'Artillerie (2).
(1) Susane, Hist. de l'infanterie française, t. vi, p. 179.
(2) En 1722 il quitta son ancien uniforme pour prendre l'habit
Le corps des volontaires royaux, devenu en 1758 la Légion royale (1), reçut alors l'habit bleu, parements, collet, veste et doublure rouges, culottes blanches.
En 1780, le roi rétablit la charge de colonel général de l'infanterie en faveur de M. le prince de Condé, qui eut alors le droit de mettre derrière l'écu de ses armes six drapeaux « des couleurs du roi. qui « sont blanc, incarnat et bleu. » (Encyclopédie méthodique, 1785, au mot Colonel général.) De même, sur les fontes de pistolets dans les régiments, colonel général de la cavalerie et colonel général des dragons, il y avait, comme marque de la charge du colonel général, 6 étendards des couleurs du roi, lances croisées deux par deux, en haut 2 bleus, audessous 2 rouges, et en bas 2 blancs. (Maison du Roi, etc., Hoffmann, t. III.)
On voit que ces trois couleurs ont continué à être celles du roi jusqu'à la Révolution de 1789: elles le furent encore depuis, car une circulaire, du 23 avril 1814, ordonna que dans l'équipement et le harna-
lilcii à distinctions rouges, couleurs qui ont toujours été p depuis par l'artillerie française. L'uniforme de 1"-- lu: un justaucorps bleu, doublé d'écarlat \ parements, veste, culotte et bas écarlates, boutons en métal doré; les officiers portaient en outre des boutonnières d or. et les 1ms officiers les avaient en laine auroiv. (/&«*., i. vi, p. 205.)
M) Ce corps fui commandé en 17 47 par Charles, comte de Chabot, en 17.V.J par Antoine, Bonfrère, rn I7H0 par Louis Drummond, comte de Melfort, eu 17('»l par le chevalier de Vallière, en ITii.'t par I' marquis de Nicolaf, en 17»;:> parle comte -le Coigny, ou J tt i
oar le du.' il i I, au/un et tut licencie le Iti juillet I77H.
chement on mît des fleurs de lis partout où il y avait des N ou "des aigles, et que l'on fit quitter aux tambours, trompettes et musiciens la couleur verte avec galon d'or à la livrée impériale, qu'ils avaient portée sous Napoléon Ier, suivant l'ancien usage (1). On leur fit prendre « le bleu de roi pour l'habit, avec des ga- « Ions blancs et écarlates, à la livrée de la maison ré- « gnante. »