PL. IV
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Cornette da Duc de Mayenne
Régiment du Roi
Cf/
Drapeau-Colonel du Rèqiment de Bretaqne.
Drapeau-Colonel du Régiment de Bourgogne.
Drapeau Colonel de Régiment Suisse
Ainsi, soit parce que le blanc fût déjà considéré comme signe de domination, soit parce que ce fût alors la couleur distinctive de l'armée royale, soit parce que ce fût la couleur de l'étendard mystique de Jeanne d'Arc, il est admissible que la cornette, signe de commandement, fût dès lors blanche, mais, nous le répétons, rien ne le prouve.
Le P. Daniel (Milice fr.9 livre VI), cherchant à donner l'origine du mot cornette, dit : « La cornette fut d'abord une espèce d'ornement qui se mettoit sur le casque, principalement dans les cérémonies publiques, où l'on paroissoit en habillement de guerre... Cette cornette militaire des casques étant étendue paroît avoir eu une ligure approchante d'un étendart... »
Une preuve que la description d'une cornette de casque donnée par le P. Daniel peut être exacte se trouve dans une miniature du manuscrit de Froissart (Bibl. nat.) (1), représentant l'attaque d'un fort occupé par les Anglais devant Dieppe en 1443. On y voit le Dauphin, reconnaissable à la petite bannière carrée à ses armes qu'on porte à côté de lui, et sur la pointe de son casque doré est planté une sorte de petit
ceaux que ses compagnons avaient fait faire à l'imitation du sien, ils avaient aussi fait mettre Jhésus Marie, Jeanne d'Arc elle-même répondit : « Par ma foi je n'en scay rien. » (Voir Procès de Jeanne dArc, publié par la Société de l'histoire de France, 1841, t. i, p. 78, 96, 97, 99, 117, 181, 183, 185, 301, 305; t. m, p. 7, 103, 205; t. iv, p. 5, 12, 129, 152, 161, 203, 215, 228, 301, 322, 362, 490; t. v, p. 108, 112,229,258.)
(1) Cette miniature est reproduite p. 11, t. vi de la collection Gaignières, Bibl. nat., estampes.
étendard fendu en deux pointes, et, de plus, il est blanc. En effet, le Dauphin (depuis Louis XI) commandait l'armée qui, aumois d'août 1443, vint débloquer Dunois assiégé depuis neufmois dans Dieppe par les iVnglais. De même que ces indices nous servent à le reconnaître dans la miniature, de même ils devaient servir à ses troupes à le reconnaître pendant le combat.
Un autre exemple de cette forme de lambrequin ou cornette de casque est fourni par une miniature du 1er volume àv Y Histoire romaine (Bibl. de l'Arsenal, IL F. 102, ms. fait à Hesdin, terminé en 1454) (1).
Après 1444, quand Charles VII eut créé les compagnies d'ordonnance d'hommes d'armes, les gentilshommes qui n'étaient pas entrés dans la composition de ces corps permanents, mais qui devaient au roi le service féodal à cheval, furent classés dans le ban et l'arrière-ban. Ils constituèrent ainsi une réserve de cavalerie marchant sous la bannière ou cornette du commandant de l'armée, que ce fût le roi ou son lieutenant.
Sur une pierre tombale de l'église de Neuilly, près Sancerre, a été copiée pour le P. Daniel l'épitaphe de « Charles du Mesnil Simon... valet tranchant des rois Loys et Charles, portant la cornette à la journée de Fournauvc (Fornoue, 1 ïlKn... décédé le 26 septembre 1508 (Milice /V., 1. 1, p. 517). » C'esl peut-être la plus ancienne mention authentique de la cornette prise comme étendard ou plutôt comme
(1) Voir pour d'autres formes de cornettes de casque ce que non* en disons i». ;<.>. 54, 58, 70.
pennon du corps, Leibfahne, comme on dit en allemand.
En 1466, Louis XI donna aux francs archers quatre capitaines générants, auprès desquels à l'armée on portait guidon, flamme ou fanion en signe de commandement.
La milice des francs-archers fut remplacée en, 1480, par des bandes, formées par des instructeurs suisses sous les yeux de Louis XI; ces bandes n'étaient encore, en 1507, commandées que par des capitaines recevant directement les ordres du prince ou seigneur commandant le corps d'armée, ou, comme on disait alors, « la bataille. »
En 1533, dans l'organisation des légions par François Ier, l'un des six capitaines de la légion la commandait, le roi se réservant la faculté de nommer un chef supérieur sous le titre, nouveau en France, de colonel ou coronel. L'un de ces chefs fut Jean de Taix, capitaine et colonel des bandes françaises de delà les monts, commissionné le 1er mai 1543, devenu #£• néral de toutes les bandes françaises en 1544, après la bataille de Gérisoles (1). Du Bellay raconte que « à l'assaut de San Germano (1543) le capitaine « Achau (2), basque, qui portait Y enseigne colonelle du « sieur de Taix, y reçut trois ou quatre arquebu-
(1) A cette bataille Farmée était commandée par François de Bourbon, comte d'Enghien, sous la cornette personnelle duquel combattirent les jeunes seigneurs venus de la cour. {Commentaires de Montluc, t. ï, p. 266, édit. delà Société de l'histoire de France.)
(2) Ce peut être Ocboa, Haxo ou Echaux, noms basques ou navarrais.
« sades... Il se rangea, son enseigne au poing, contre « la muraille du côté de la brèche, dont on ne pouvait « le déloger. » Pour la première fois nous voyons apparaître l'expression d'enseigne colonelle, marque du commandement dans l'infanterie . Nous la retrouverons souvent. Il serait presque permis de croire que cette enseigne colonelle figure sur le tombeau de François Ier, dans le bas-relief représentant la bataille de Cérisolles, où Jean de Taix commandait les bandes de delà les monts, car, à côté d'un homme à cheval, qui est évidemment un chef considérable, on voit marcher un fantassin ou officier subalterne, portant une petite flamme triangulaire en forme de vexillum, sur laquelle n'est tracé aucun emblème.
En 1558, l'ordonnance de Henri II sur le service en campagne (1) porte (art. 11) : que chacun s'enrôle en la cornette du général ou autres ; toute la noblesse volontaire sera sous la cornette du général.
Nous ne saurions trop insister sur la rédaction de la seconde partie de cet article 1 1 : Toute la noblesse volontaire sera sous la cornette du général. La cornette blanche, dont le nom fut appliqué à la troupe qu'elle guidait, était donc bien la cornette du général ($).
(1) Ordonn. milit. réunies par Le capitaine Saint-Cdiaman. prévôt du régiment de M. de Chappes. Rouen, 1636, p. 44, à la suil Principes de Vari militaire. Bibl. nat., lî
(2) Le commandement d'un général à cette époque s'exerçait avec indépendance et était accompagné de privilèges dont de notre temps nous n'avons plus d'idée; comme exemple nous citerons Louis de Montgommerç qui dans sa )£Uice française, 1603 (Bibl.
nat. Et. 3460), raconte que 1 M. L'amiral de Brion en Piémont.
« à un soldat qui sou9 le feu. à la nage, alla à L'autre berd d'une
Elle n'était celle du roi que lorsque le roi commandait son armée en personne. Si la France, à cette époque, n'eût pas eu une suite de rois guerriers, et surtout Henri IV, mais seulement des rois qui, par leur caractère ou leur santé, eussent été retenus loin de l'armée, on n'aurait pas été plus tard exposé à commettre l'erreur de dire qu'on appela cornetteblanche la troupe des gentilshommes royaux, la troupe du roi.
Non pas seulement dans l'armée, mais dans chacune des armées, car il pouvait y en avoir plusieurs à la fois, la cornette blanche fut la marque du général ; ce fut une enseigne attachée à sa personne, à laquelle se ralliaient la réserve et les volontaires à cheval; une enseigne blanche fut aussi la marque du commandement du chef de l'infanterie (1). Au bout de peu de temps chaque chef de service dans une armée eut sa cornette à ses couleurs, chiffres, etc., marquant sa charge et sa présence, chaque chef de bandes eut son enseigne blanche comme marque de l'indépendance de son commandement. Cet insigne fut même le sujet de bien des querelles lorsque deux corps se rencontraient en un même lieu. Il fallait que l'un des chefs
« rivière chercher un bateau, l'ayant collaudé en public, l'honora « du prix que les anciens Français donnaient aux soldats qui fai- « saient quelque acte signalé, à savoir d'un anneau d'or à mettre
« au pouce, auquel étaient gravées les armoiries du général
« Nos pères donnaient aussi des médailles d'or. »
(1) M. de Taix avait deux enseignes colonelles blanches, mais l'une demeurait en Piémont et l'autre en France; plus tard l'amiral de Coligny, colonel général de l'infanterie, suivit aussi cet usage. (Les Grands capitaines français, Brantôme, t. VI, p. 24, édit. de la Société de l'histoire de France.)
fit reconnaître sa suprématie pour que l'autre supprimât son enseigne blanche. Voici quelques exemples de ces disputes.
Le vicomte de Turenne vint rejoindre l'armée, « y amena 1,200 arquebusiers sous Lavedant qui en « était le colonel, et entra avec son drapeau blanc « dans le camp. Bussy (colonel de l'infanterie), assez « ombrageux, en parla à Monsieur pour le faire ca- « cher, autrement il ferait quelques désordres. Mon- « sieur le pria de temporiser et qu'il ne fallait pas « mécontenter Turenne. Bussy, perdant patience, se « résolut avec douze braves de prendre, arracher, « envahir le drapeau. Monsieur s'en fâcha et accorda « le tout. » — Brissac. colonel général de l'infanterie au delà des monts, « avait aimé mon frère Dar- « delay; il avait résolu, s'il fût sorti du siège de « Chartres, de se battre avec lui, ou qu'il quittast « l'enseigne blanche du régiment des Gascons dont <( il était colonel et avait été successeur du chevalier « de Montluc qui ayma mieux quitter sa charge que « son enseigne colonelle. — Brissac gagna Strozzi « (colonel général de l'infanterie en décades monts) « et lui fit jurer que jamais il n'y aurait 7//'' m o>l<>u nels, ny enseigne blanche en France qu les l<>irs. » « — Sommerives amena au Boy en cette troisième « guerre mille hommes de pied provcnccaux et pora toit l'enseigne blanche et entra ainsi dans le camp. « Qui fust dépité?Ce fust Brissac... Enfin le tout bien « pesé et disputé que n'est plus grand affront et dépil a à un colonel général que de voir un autre se vouloir « parangonner à lui et porter cette enseigne blanche, ci il fust arrêté que ledil drapeau se plierait. Somme*
« rives souffrant cela impatiemment, ne se plutguères « à l'armée et tôt après renmena ses gens. Voilà la « contention qui fut entre ces deux grands et tout « pour un morceau de taffetas blanc. » (Brantôme, t. VI, p. 178 et 136 à 138.)
En 1547, par ordonnance du 29 avril, Henri II avait nommé deux colonels généraux, Gaspard de Chàtillon-Coligny, pour les gens de pied français en deçà des monts, François de Gouffier, seigneur de Bonnivet, pour les gens de pieds français au delà des monts; à ce titre, ils eurent enseigne blanche ainsi que leurs successeurs.
Pour l'infanterie en deçà des monts : François de Châtillon, seigneur d'Andelot, de 1553 à 1569, et à sa place, pendant les guerres civiles, Charles de La Rochefoucaud, comte de Randan, en 1562, Sébastien de Luxembourg, baron de Martigues, de 1562 à 1563, et Philippe Strozzi en 1567.
Pour l'infanterie au delà des monts : Louis de Bourbon, prince de Condé, de 1558 à 1561, Timoléon de Cossé, comte de Brissac, de 1561 à 1569.
Eurent également, à la même époque, droit à renseigne blanche, le colonel général de l'infanterie corse, San Piero di Bastelica, puis Alphonse d'Ornano et le colonel général de l'infanterie suisse et Grisonne, Charles de Montmorency, duc de Damville, en 1571.
En 1569, d'Andelot et Brissac étant morts, Philippe Strozzi fut nommé colonel-général de l'infanterie française et étrangère, et réunit ainsi les deux charges de colonel de l'infanterie en deçà des monts, et de colonel de l'infanterie au delà des monts.
— SS- II fit peu après un règlement qui porte : Art. I. Qu'en marchant, les bagages marcheront d'ordre (avec ordre ou en colonne) et suivront la cornette du prévôt jusqu'au rendez-vous. (Voir plus bas, p. 109.)
Art. II. Que notre maréchal des bandes (sorte de chef d'état-major) regardera quels capitaines en chef se tiennent et résident d'ordre (conformément aux ordres) à leur charge, compris notre enseigne colonelle. Art. VIL En marchant, nous voulons et ordonnons que dorénavant notre enseigne et compagnie colonelle loge au rendez-vous (quartier général).
Art. XI. Que les fourriers qui logeront au rendezvous ne bailleront aucun logement que premièrement notre enseigne colonelle ne soit logée, à peine de punition corporelle.
Art. XIV Que notre enseigne colonelle en soit
mieux accompagnée, etc.. (Règlement pour le service en campagne, par M. de Strozzi, à la suite des Principes milit., etc., Bibl. nat., R 3478/A.)
// ny eut dans toute V infanterie française qu'uni si ul* compagnie qui eût l'enseigne blanche, c'était la compagnie colonelle, sorte de garde du colonel-général (h, puis le colonel général eut dans chacun des divers corps une compagnie avec enseigne été taffetas purement blanc (P. Daniel, Milice franc, p. 487). C'était
(1) Pourtant lorsque le capitaine Valleron lui envoyé en Toscane avec douze enseignes dos vieilles bandes par Coligny, colonel général, celui-ci lui permil « d'arborer l'enseigne blanche, aussitôt
qu'il serait hors <lo Franc . n tis non plus tôt. » (Brantôme, t- m. p. 16!
dans les troupes entretenues l'insigne de l'autorité, on peut dire absolue, du colonel général. «Le colonel « de toute l'infanterie, commandant à tout cela et « ayant pouvoir sur tout ce qui en dépend, tant à « l'armée qu'aux garnisons, c'est un office de la « couronne des plus beaux de France, et possédé « maintenant par Monseigneur le duc d'Epernon. » (Les Principes militaires, par le sieur de la Prugne, 1636; Charges et offices d'une armée, p. 2.)
Brantôme dit combien le duc d'Epernon « avait « sous lui de compagnies à sa dévotion et de soldats ; « il les mettait, ôtait, défaisait, renouvelait, trans- « muait, transportait où bon lui semblait, en dispo- « sait à sa volonté, faisait des lois, comme il voulait, « nouvelles, observait les vieilles ainsi qu'il voyait <( lui être utile ; il était mieux accompagné que le « roi, avait à sa suite plus de capitaines en chef, de « lieutenants, d'enseignes, de sergents, de capitaines « entretenus de payes réaies » (gardes du corps), etc., il avait la nomination à tous les emplois (1) ; il légua en héritage cette place à son fils. Il portait « sur le « casque de l'écu de ses armes, à côté de son cimier, « qui est une tête d'aigle, quatre drapeaux, deux de
(1) Le colonel général des Suisses eut la même autorité sur les troupes suisses au service de France. Pour ne citer qu'un seul exemple : en 1619, le colonel des gardes suisses « Galaty mourut, « les ministres voulurent en mon absence disposer des charges, les « Suisses m'en donnèrent avis, et je vins en un jour en poste de « Paris à Tours où j'eus du Roi tout ce que je voulus. » (Bassompierre, colonel général des Suisses, Mémoires, publiés par la Société de l'histoire de France, 1873, t. il, p. 144.) La compagnie que le colonel général avait en propre dans le régiment des gardes
« chaque côté, dont l'un est blanc et l'autre bleu cé- « leste » (Vulson de la Colombière, La Science héroïque, 1644) (1).
En 1579, aux funérailles de François de Montmorency, maréchal de France, on portait : 1° son pennon du corps (probablement chargé de ses armoiries ou devises) ; 2° la cornette de ses chevau-légers ; 3° le guidon de la compagnie de gens d'armes, dont il était le capitaine; 4° la cornette, marque de son commandement.
En 1569, à la bataille de Montcontour, Rouxel- Medavy portait la cornette blanche auprès du duc d'Anjou, commandant l'armée royale.
En 1587, à la bataille de Coutras, « le premier « boulet protestant » (venant de l'armée de Henri de
Navarre) « donna dans le drapeau blanc du duc en
« approchant la rivière, la cornette blanche du due de
« Joyeuse » (Aubigné). « Le marquis de Brézé
« portait la cornette blanchi dans l'armée de la h k commandée par le duc de Joyeuse... Foix-Candale « portait la cornette blanche dans l'armée du roi de
suisses el qui avait seule l'enseigne blanche, s'appelait L la colonelle des autres régiments appartenait en propre au eolonel de chaque corps, elle portail l'enseigne blanche. Douze hallebardiers, pris dans le régiment des gan ient affecl
garde du colonel général.
(1) Ces drapeaux bleus étaient à la eouleur héraldique du Hoi el les drapeaux blancs étaient les insignes de la charge du eolonel général. M. Rey, qui, dans son Histoire du Drapeau, s'attache à prouver que le blanc étail la couleur nationale, est pour tan I amené .i dire (t. Il, ]>• 570) : « la cornette blanche qui était enseigne de rai > n hej ou de colonel-général
« Navarre. M. de l'Epinai, un peu avant la journée « d'Arqués, en 1589, la portait dans l 'armée de Hen- « ry IV. (P. Daniel, Milice franc.)
En 1590, la disparition momentanée de la cornette blanche de Henri IV, pendant le combat d'Ivry (1), fut cause qu'en montrant son panache, il dit ce mot célèbre à ceux qui le suivaient : « Si la cornette vous « manque, voici le signe de ralliement » (2). Le duc de Mayenne, chef de l'armée de la Ligue, qui, à cette affaire, fut vaincue par Henri IV, avait de son côté, comme marque de son autorité, une cornette blanche, chargée de la croix de Lorraine; M. de Sicogne, qui la portait, fut tué, et elle resta au pouvoir de Sully comme trophée de la victoire (3).
En 1591, le commandant ligueur de la milice de Paris avait cornette blanche comme chef de corps.
(1) Pot de Rodes, qui la portait, ayant été blessé, puis entraîné hors du combat par son cheval qu'il ne pouvait plus guider.
(2) Ce panache devait être blanc, comme celui que portait en tête, ce jour-là, le « cheval du roi, grand coursier de Naples, bai « brun », mais il n'était pas nécessairement blanc, il aurait fort bien pu être « des couleurs du Roi ». (Voir plus haut p. 49, 70, les lambrequins du heaume de ce roi à ses funérailles.)
(3) Le duc de Mayenne plans une lettre écrite quelques jours après dit que ses « reistres s'enfuirent aussy tost en gros et se vin- « rent renverser sur sa cornette et trouppe qui devoit combattre « avec luy. » (Arch. nat., papiers de Simancas, B. 66, pièce 130.) — Le duc de Mayenne « fut au combat avec la cornette blanche ; » .... « on dit que le Béarnois avait huit cents gentilshommes soubs « sa cornette blanche. » (Lettre écrite au duc de Mercœur le 21 mars 1590, Bibl. nat., Ane. f. fr., 9135, in-fol., 55, elle a été donnée par L. Paris dans le Cabinet historique, année 1862, p. 358 et 359.)
En 1592, Conti et Montpensicr, qui commandaient des corps détachés de l'armée royale, lesquels furent défaits par les ligueurs, sous le duc de Mercœur à Craon, le 23 mai, avaient chacun cornette blanche; celle du prince de Conti était portée par d'Apchon, qui fut fait prisonnier.
Les commandants en chef des diverses armées, faisant porter devant eux la cornette blanche, avaient aussi quelquefois eux-mêmes l'écharpe blanche en sautoir par-dessus l'écharpe distinctive de leur parti. On en voit une preuve dans ce que fit Brissac, gouverneur de Paris pour la ligue, lors de l'entrée de Henri IV à Paris. Il détacha son écharpe blanche et la remit au roi, en signe matériel de sa soumission. Le roi, l'investissant d'un commandement nouveau, lui donna alors la sienne en échange, le maintint dans ses fonctions de gouverneur et le nomma maréchal.
Cette remise de l'écharpe à Brissac était représentée dans un tableau ayant appartenu à Sully (gravé par Alex. Giboy; voirBibl. nat., coll. Hennin, t. \1, 1594). Dans un dessin du temps (ibid., t. XII), représentant le siège d'Amiens en 1597, on voit derrière le roi Henri IV un officier tenant ]a cornette blanche, qui est un petit fanion carré au bout d'une très-longue pique.
En 1610, en tète de l'organisation de son armée de Châions, Henri IV mentionne, comme troupe, la cornette blanche « formée dos princes, seigneurs et « gentilshommes sans emploi, et se composant de « mille hommes. » Il n'était pas alloué de solde à ce corps; à partir du règne de Louis XIII, il ne fut plus réuni que dans de rares circonstances. Les al-
lures indépendantes de ceux qui jusque-là l'avaient composé n'étaient plus de mise dans les armées qui tendaient de plus en plus à se régulariser. « La mort « de M. de Guise, en 1588, donnant vie aux divi- « sions, les gens de guerre prenant pour raison leurs « volontés, chacun suivit ce que son intention lui
<f faisait désirer et parce qu'il y a des cavaliers
« qui se mettent et prennent logis sous la cornette et dès « le lendemain s'en vont, je dis que dès l'heure même « qu'ils en ont pris le couvert, ils sont obligés d'o- « béir et ne s'en peuvent aller sans congé ou autre- « ment ce sont des hommes qui se jettent dans les « compagnies comme volontaires, qui est une vraie « peste dans les troupes. » (Mémoires militaires, etc., 1629, p. 38, Bibl. nat., R. 3460/A.) Ce sont ces mêmes hommes dont parle René François, prédicateur du roi aux armées, en 1644, « les volontaires « bien montés enflent beaucoup notre cavalerie, noce tamment la cornette blanche, où ils se rejettent pour « acquérir de l'honneur. » (La guerre, art. 34, à la suite des Principes milit., Bibl. nat., R. 3478/A.)
On voit encore Louis XIII arriver « à l'armée avec « bon nombre de seigneurs et de gentilshommes, « tant de sa maison que de volontaires (1); » enfin,
(1) Le Mercure français dit qu'après la prise du pont de Ce (1 620), « le Roi auparavant de descendre de son cheval lui fit faire quelce ques passades à la tête de sa cornette blanche. » Quelques années après, en février 1627, le Roi supprima la charge de connétable et devint ainsi le seul chef du ban et de l'arrière-ban de la noblesse qui jusque-là avait marché sous la cornette du connétable, chef suprême de la cavalerie.
clans un état de la France, imprimé en 1661. il est dit : « Lorsque nos rois marchaient au combat, c'é- « tait sous la cornette blanche que marchaient avec le « roi plusieurs seigneurs volontaires, mais maiute- « nant elle n'est plus en usage (1). »
C'est que pendant le règne de Louis XIII et dans les premières années de celui de Louis XIV, la formation de divers corps a cheval de la maison du roi, et l'organisation régimentaire de la cavalerie avaient justement absorbé ces seigneurs et gentilshommes qui, auparavant, composaient la troupe désignée sous le nom de cornette blanche.
Depuis 1635 jusqu'au 17 mars 1788, date de la suppression de la charge de colonel général de la cavalerie, la cornette blanche resta la marque de V autorité du colonel général de la cavalerie, et fui V étendard </< lu compagnie qui lui appartenait en propre dans le i ment portant le nom de cet officier. C'était /< étendard blanc qu'il y eût dans toute l'arme de la < lerie (2), l'officier qui le portait avait le titre de cornette, ceux qui remplissaient les mêmes fonctions dans les autres escadrons de l'arme avaient le nom de porte-étendard. (Etat milit. de 1763, p. 340.) Dan« la Science héroïque de Yulson de la Colombière, 164 I . on voit que Louis de Valois, comte d'Alais, colonel
M) Pourtant la charge de porte-cornette blanche de France figure encore au \ \ III siècle dans des riais militaires; mais ce n'était plus qu'un souvenir de l'arrière-lun delà noblesse »|iii. tout coexistant encore en principe, n'était plus jaunis convoqué.
(2) Voir ci -après aux Régiments de cavalerie. La compagnie à laquelle il était confié étail toute montée sur des chevaux gi .
général de la cavalerie légère (1), portait dans ses armoiries, à côté de la fleur de lis de son cimier, quatre cornettes blanches fleurdelisées.
Au commencement du XVIIe siècle, le maréchal de camp d'une armée, sorte de chef d'état-major général, avait aussi une cornette comme marque de sa commission ; mais n'ayant pas de données suffisantes pour la décrire, nous ne faisons que la mentionner (2).
Le corps des dragons, formé en 1554 d'hommes d'élite tirés des arquebusiers, se transportant à cheval pour plus de rapidité, mais combattant à pied (3) et ne comptant, jusqu'en 1789, ni dans ia cavalerie ni dans l'infanterie, reçut en 1668 un colonel général, ce fut Lauzun ; il y eut pour tout le corps un seul guidon blanc, placé à la première compagnie du régiment Colonel général des dragons (les dragons de cette compagnie portaient au casque la crinière blanche et montaient des chevaux gris).
Avant 1668, ce corps avait déjà un drapeau colonel;
(1) On nommait ainsi la cavalerie régulière en dehors des compagnies de gens d'armes, cet usage dura jusque dans le XVIIIe siècle.
(2) Maximes et instructions de messire A. Gontault de Biron, maréchal de France, 1611. Bibl. nat., R. ^v9. « Le maréchal de camp enverra ses troupes à la place qui est pour l'artillerie avec sa cornette qui doit être remarquée pour la trouver et pour attendre quelque espace de temps que chacun de ceux qui doivent aller
soient assemblés (p. 73, v°) Que l'artillerie soit assise la bouche
vers l'ennemi en lieu qu'elle puisse le battre s'il venait (p. 88). »
(3) Le premier usage en fut fait sous les ordres du maréchal de Brissac qui défendait alors les positions que nous occupions encore en Piémont.
« le sergent-inajor ayant fait entrer le régiment et « logé le drapeau colonel, pendant que les compagnies « se logent, priera le colonel, ou en son absence le « lieutenant-colonel ou le premier capitaine, d'aller « avec chaque capitaine recognoistre le quartier de « chaque compagnie. » (La Milice royale de Vinfanterû volante, représentant cavalerie et infanterie ensemblement, par Renol, 1620, p. 27, 2e partie de V Alphabet du SoMa*,Bibl.nat.,R.lo86/A.) L'ordonnance du 21 décembre 1762 « supprime le titre de cornette, à la réserve de celui qui est attaché à la compagnie du colonel général, crée un porte-guidon par escadron. » (Etat militaire de 1763, p. 262.)
Par ordonnance du 22 novembre 1778, le roi ayant créé la charge de colonel général des hussards, il y eut un cornette blanc attaché au 1er régiment de l'arme, en outre des quatre porte-étendards réglementaires pour ce corps. (Etat militaire de 1788, p. 374.)
On a vu (plus haut, p. 89) quels étaient les droits et prérogatives du colonel général de l'infanterie française; une telle étendue de pouvoirs et des privilèges sans nombre qui ne laissaient au roi, pour ainsi dire, plus aucune autorité sur les troupes à pied, expliquent pourquoi Louis XIV ne remplaça pas le second duc d'Epernon dans son emploi, et profita do sa mort pour abolir cette charge par édit du 28 juillet 1661. — Ordonnance du Roi, portant que les mestres de camp des régiments d'infanterie, étant à la solde de Sa Majesté, prendront désormais la qualité de colonels et qu'ils les commanderont immédiatement sous l'autorité de Sa Majesté.
De par le Roy... Sa Majesté ayant, à l'occasion du décès de feu M. le duc d'Epernon, vivant pair et colonel général de l'infanterie de ce royaume, éteint et supprimé ladite charge de colonel général, pour ne pouvoir jamais revivre ni être rétablie en quelque manière et pour quelque cause que ce puisse être ; Sa Majesté a en même temps résolu de prendre elle-même les soins auxquels les fonctions de ladite charge s'étendaient sur toutes les troupes d'infanterie, et de ne faire désormais répondre qu'à elle seule les principaux chefs qui les commanderont établissant l'ordre et la manière du commandement, qu'Elle désire être gardé en chaque régiment;
Et voulant sur cela faire savoir bien particulièrement ses intentions, Sa Majesté a ordonné et ordonne :
Que tout mestre de camp d'infanterie prendra dorénavant le titre et qualité de colonel, au lieu de mestre de camp, sans toutefois qu'il puisse prétendre comme colonel de plus grandes prérogatives ni d'autres avantages que ceux dont il a joui ci-devant en qualité de mestre de camp ;
Que la compagnie que chacun d'eux commande en ladite qualité de mestre de camp, et qui marchait après celle du colonel général, tiendra le premier rang et prendra la droite sur toutes les autres compagnies du régiment dont elle est, en toutes marches et occasions de guerre, comme la colonelle et la première d'icelui ;
Que celle qui était la compagnie du feu colonel général, et qui est commandée par le lieutenant-colonel en chaque corps, sera la seconde d'icelui, etmarchera
immédiatement après ladite compagnie colonelle, et que Tune et l'autre seront toujours la première et la seconde du régiment et ne rouleront point avec les autres ;
Que ladite compagnie sera commandée par ledit lieutenant-colonel en chaque régiment, comme capitaine particulier d'icelle ;
Et afin qu'elle soit pourvue de pareil nombre d'officiers que les autres compagnies du régiment, Sa Majesté entend que renseigne colonel monte à la charge de lieutenant de ladite compagnie pour en faire la fonction tout ainsi et en la même manière que les lieutenants des autres compagnies dudit régiment, et Sa Majesté pourvoira à la charge d'enseigne de ladite compagnie qui vaquera par cette promotion ;
Que lorsque la charge de lieutenant- colonel viendra à vaquer dans chaque régiment, Sa Majesté y pourvoira, ainsi qu'aux autres compagnies d'icelui, sans qu'aucun capitaine puisse prétendre y devoir monter, soit par droit d'ancienneté ou autrement ;
Veut Sa Majesté que les lieutenants-colonels qui sont présentement en charge dans les régiments, en considération des services qu'ils y ont rendus, jouissent, pendant tout le temps qu'ilspossèdentlesditescha; des mêmes appointements dont ils étaient p jusqu'à présent, sans que ceux qui leur succèdent os dites charges puissent prétendre ledit paiement, ni d'autres avantages que ceux qui leur seront dus en qualité de capitaines;
Mande et ordonne Sa Majesté aux colonels des régiments de son infanterie française, lesquels en étaient ci-devant mestres de camp, el aux coriimissaires des
guerres ordonnes à la conduite et police desdits régiments, de tenir la main chacun comme il appartiendra, à l'exacte observation de la présente, laquelle Sa Majesté veut être lue et publiée à la tête de chacun desdits corps, et affichée es quartiers où ils sont en garnison, à ce que aucun n'en prétende cause d'ignorance.
Fait à Fontainebleau, le 28e jour de juillet 1661.
Signé : Louis.
Et plus bas : Le Tellier.
Ainsi le lieutenant-colonel, qui n'était que le lieutenant du colonel général dans la compagnie personnelle de celui-ci, devint capitaine de ladite compagnie; l'enseigne-colonel, qui portait le drapeau blanc du colonel général dans sa compagnie, devint lieutenant dans cette compagnie et cessa de porter le drapeau blanc qui fut transféré à la deuxième compagnie devenue la première ; ce drapeau blanc, signe de l'autorité supérieure, qui était jusque-là celui du colonel général, devint alors celui du roi (1).
La couleur blanche des cornettes de généraux et des enseignes colonelles n'était point particulière à la France . Au combat de Renty en 1 554 le comte Schwarzenberg, qui commandait les reîtres impériaux, avait cornette blanche. En 1572, Guillaume de Nassau,
(1) Ce n'est que quelques années après 4661 que tous les drapeaux reçurent du roi les cravates blanches; jusque-là elles avaient été aux couleurs des chefs de corps ou, pendant les guerres civiles, aux couleurs des partis.
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prince d'Orange, stathouder des Pays-Bas, avait
aussi une cornette blanche sur laquelle était figuré un faisceau de flèches (Reprise deMons, Coll. Hennin, t. VII, Bibl. nat. Est.). En 1646, le 5 janvier, le drapeau blanc du régiment espagnol de Brouë, en garnison à Deynse, fut pris par les troupes du maréchal de Gassion; en septembre 1672, pendant l'expédition dirigée par M. de Luxembourg contre Swammerdam et Bodegrave, le marquis de Sourches, colonel du régiment qui, en 1762, reçut le nom de la province de Berry, et, en 1788, celui de Vintimille, prit lui-même le drapeau blanc d'un régiment hollandais, et le général autorisa le colonel à en faire le drapeau colonel de son régiment (Général Susane, Histoire de l 'infanterie française, t. I, p. 267). Le premier drapeau de chaque régiment d'infanterie autrichien a pendant longtemps été blanc (1), et la dragonne de la lre compagnie des régiments prussiens était déjà toute blanche et est encore telle; si cet emploi du blanc est l'imitation d'un usage militaire français, ce qui est encore très-douteux, ce n'est à coup sûr pas l'usurpation d'un insigne national.
Au XVIIe siècle, comme à présent, le drapeau blanc était le drapeau parlementaire, et son usage comme tel est resté général dans toute l'Europe. Arborer le drapeau blanc, c'est, de la part d'un commandant de troupes, l'expression du désir d'entrer en communi-
(1) Le drapeau du 1er bataillon du 42e régimenl autrichien (due de Wellington), vu à Bregenz en février 1849, était blanc à bordure dentelée ronge, jaune, blanc el noir, et portail an centre mie image d<> la \ ierge.
cation avec le commandant des troupes adverses, soit en personne, soit par parlementaire.
Pendant tout le règne de Louis XIII et sous celui de Louis XIV jusqu'en 1661, la garde était montée chez le colonel général, duc d'Epernon, par un bataillon entier avec le drapeau blanc, insigne de sa charge, sous les ordres du chef du régiment, tandis que le bataillon qui faisait le service chez le roi, conjointement avec les troupes de sa maison, avait un des drapeaux de couleur.
Après 1661, les choses changèrent; à ce sujet l'ordonnance du 12 mai 1696 dit : Art. 1er. Sa Majesté ordonne que le drapeau blanc de quelque régiment que ce soit ne se portera jamais que lorsque le colonel montera la garde pour S. M. ou Monseigneur le Dauphin (1).
Du temps du colonel général (avant 1661) il y avait aussi une différence dans la manière dont l'enseigne saluait le Roi ou le colonel général. « Uen- « seigne, passant devant celui qu'il honore, baissera « le bout du drapeau ou tout le bâton suivant la qualité « de cette personne... A son Roi ou prince il baissera
(1)2: La garde qui se fera chez les princes du sang ou légitimés de France sera de 50 hommes avec un drapeau. 3 : Les maréchaux de France auront aussi une garde de 50 hommes avec un drapeau. 4 : Les gardes détachées des régiments des gardes françaises ou suisses ne prendront les armes que pour celui qu'elles garderont. 6 : Ceux qui auront garde avec drapeau recevront aussi l'honneur que les tambours battront au champ. 7 : Lorsqu'un lieutenant général commandera l'armée, Sa Majesté entend que sa garde soit de 50 hommes sans drapeau et que les tambours rappellent pour lui. (Seroice journalier de l'infanterie, p. 25. Bibl. nat.. H. —™.)
« en avant jusqu'à terre la pointe du drapeau... Au « général d'armée (général en chef) ou au colonel gé~ « néral de V infanterie il le baissera jusqu'en terre en « arrière et aux autres point. » (Principes de l'a ri milit., 1636, p. 25, Bibl. nat., R. MA~.) En J 696, le salut en arrière ne figure plus dans l'ordonnance (1).
Par tout ce qui précède on voit donc que, en 1661, V enseigne blanche devint le symbole particulier de r autorité du Roi, en tant que commandant fn chef de V infanterie, comme auparavant elle avait représenté l'autorité du colonel général (2).
En 1610, l'enseigne blanche du colonel général fut portée dans 12 régiments sur 13 (3); en 1635, dans 19 régiments sur 90; en 1636, dans 22 régiments sur 107 ; en 1643, dans les 133 régiments composant l'infanterie française. Le nombre des régiments a depuis souvent varié ; il fut réduit à 48 en 1659, il était de 106 en 1790; mais, depuis 1643, chaque régiment d'infanterie entretenu eut une compagnie,
(1) Voir VArt militaire fmnçais pour f infanterie, par (riflard, dédié au maréchal de Boufllers, colonel des gardes françaises, Bibl. nat., R. SÇ*. La forme de ce salut, en arrière se conserve encore de nos jours dans le salut de la hallebarde des BUisses d^église devant le Saint-Sacrement.
(2) On trouve dans les Plaintes des gardes écossais, corps dont nous parlerons pins loin, que parmi leurs privilèges était celui de « porter à leurs armes la crépine de soie blanche qui est la couleur o coroneUe en France. »
(3) De 1GIO à 1638 pour les besoins des diverses guerr
leva «ai France 217 régiments qui servirent pendant un temps plus ou moins long et en toul cas sans drapeau blanc jusqu'en 1635 (voir plus bas)
dite colonelle, avec enseigne blanche ; l'ordonnance du 17 février 1753 donne à cette enseigne le nom de drapeau colonel (1).
Ce drapeau colonel blanc était généralement traversé par une croix blanche, de même étoffe que le fond, cousue par-dessus. Voici les corps dans lesquels il fut fait exception à cet usage. (Planche IV.)
Les Gardes françaises : blanc semé de fleurs de lis, croix blanche chargée d'une couronne au bout de chaque branche ; les Gardes suisses : blanc, croix blanche, les quartiers divisés en flammes blanches ondulées partant du centre ; Navarre : blanc, croix blanche chargée de cinq écus aux armes de Navarre entourés des colliers des ordres, placés au centre et aux bouts de la croix; du Roi, de 1663 à 1770: blanc, croix blanche chargée d'une fleur de lis au centre et de trois fleurs de lis à chaque bout de la croix; du Roi, après 1770, Royal (2), Royal-Vais-
(1) Ce nom était déjà antérieurement en usage. Voir Abrégé de la carte du militaire de France, par Lcmau de la Jaisse, 1738, p. 23, et années suivantes.
(2) Quoiqu'il n'y eût qu'un drapeau blanc par régiment, pourtant, de 4660 à 1679, le régiment Royal résultant de la fusion du régiment Altesse, levé par Gaston, duc d'Orléans, en 1644, et du régiment Royal formé par le duc d'Arpajon, en 1656, eut à la fois deux colonels et deux drapeaux blancs ; à la mort du duc d'Arpajon, M. de Pierrefitte, ancien colonel du régiment Altesse, resta seul colonel, et le régiment n'eut plus qu'un seul drapeau blanc à partir de 1679. Il en fut de même pour le régiment de Carignan, qui, de 1676 à 1718, eut deux drapeaux blancs, celui du nouveau colonel commandant et celui de l'ancien colonel titulaire, ce qui faillit se renouveler dans le même régiment en 1744, et ne fut évité que par une ordonnance spéciale du roi
— lui —
seaux, Royal- Roussillon, Royal-la-Marine, Royal-Artillerie, Roy al- Italien, Royal-Bombardiers : blanc, croix blanche semée de fleurs de lis ; Rourgogne et Royal- Comtois : blanc semé de fleurs de lis, traversé d'un sautoir endenché ; la Couronne : blanc, croix blanche chargée d'une grande couronne au centre ; Dauphin : blanc, croix blanche chargée au centre des armes du dauphin et sur les branches de la devise : Res prœstant non verba fidem ; la Reine (après 1661) : blanc, croix semée de fleurs de lis, chargée au centre de quatre couronnes se faisant face; Bretagne : blanc, croix blanche chargée au centre d'un écu aux armes de Bretagne surmonté de la devise : Potius mori quam fœdari sur un ruban à face bleue et revers rouge ; Toulouse, depuis Penthièvre : blanc, croix blanche chargée aux quatre bouts de quatre ancres à jas d'az ar semé de fleurs de lis d'or; Sourches (Levé Gassion en 1647) : par autorisation de Mr de Luxembourg, en 1674, il eut pour drapeau colonel un drapeau blanc hollandais pris à Swammerdam par le colonel luimême. Nous ne trouvons aucune indication du dessin de ce drapeau ; mais il est probable qu'il n'était pas exactement pareil aux drapeaux blancs français ; Royal-Corse : blanc, croix blanche semée de fleurs de lis, portant au centre une tête de nègre le front entouré d'un bandeau blanc; Bouillon : blanc, croix blanche chargée au centre des armes de Bouillon : Erlach (WatteviUe en 1792) : blanc, semé de Ileurs de lis, croix blanche chargée au centre des armes de France ; Diesbaeh : blanc, semé do fleurs de lis, croix blanche chargée au ('(Mitre d'un bras tenant une foudre surmontée de la devise : Fidelitate h honon :
Salis-Marschlin : blanc, semé de fleurs de lis, croix blanche avec la devise : Fortiter et prudenter ; Castellas : blanc, croix blanche, au centre une Annonciation; Stuppa : blanc à une fleur de lis à chaque angle, croix blanche chargée au centre de deux canons faisant feu, sur lesquels s'élancent deux lions, audessus la devise : Fortiter resistendo, au-dessous un trophée composé de timbales, tambours, étendards et armes ; Brendle : blanc, croix blanche à la devise : Auxilium nostrum a domino ; Eptingen : blanc, semé de fleurs de lis, croix blanche chargée au centre des armes deBâle à la devise : Pro rege et patria ; Royal-Liégois : blanc, semé de fleurs de lis, croix blanche, chargée des armes de Liège au centre ; Walsh (Irlandais) : blanc, croix blanche, chargée au centre du chiffre J. R. (Jacobus rex) couronné ; Lee, O'Brien, Berivick (Irlandais) : blanc, une couronne royale dans chaque carré, croix blanche, chargée au centre de la harpe d'Irlande couronnée; Dillon : mêmes emblèmes, la devise : In hoc signo vinces ; Roy al- Suédois, La Marck, SalmSalm : blanc, semé de fleurs de lis, en haut le soleil surmonté de la devise : Nec plnribus impar, sur un ruban bleu, en bas un globe bleu d'azur; Royal- Bavière : blanc, une vierge au centre, le tout entouré d'une bordure losangée de blanc et bleu d'azur (armes de Bavière) (1); Royal-Deux-Ponts : blanc, sautoir blanc (croix en diagonale); Royal-Hesse- Darmstadt : blanc, croix blanche, Immaculée conception au centre ; Nassau : blanc, chargé au centre
(1) 11 existe encore au musée de l'artillerie, hôtel des Invalides,
des armes de France et de Navarre, surmontées de la devise : His consccro vires.
Cette liste, que nous croyons à peu près complète, contient, on le voit, 42 exceptions ; sur trois drapeaux un sautoir, ou croix diagonale, remplace la croix droite ; sur cinq drapeaux il n'y a pas de croix.
La charge de colonel général de l'infanterie fut rétablie en 1721 pour le duc de Chartres, qui s'en démit en 1730 et ne fut pas remplacé; de 1721 à 1730 les enseignes blanches dans chaque régiment furent appelées Enseigne de la (compagnie) cokmelk générale; cette charge fut de nouveau rétablie, le 5 avril 1780, et donnée au prince de Condé, qui la conserva jusqu'au 17 mars 1788 (1) ; mais ce ne fut plus qu'un office presque exclusivement honorifique, privé de tous les droits qui, avant 1661, réduisaient tellement l'autorité du Roi sur les troupes ; et c'est alors que, de même qu'en 1661, le Roi prit pour lui le drapeau blanc du colonel général, de même, le colonel général reçut du Roi le droit de mettre, derrière l'écu de ses armes, six drapeaux des couletu Fiai, qui sont Jdanc, incarnat et hlru.
Le règlement du 30 octobre 1786, sur la cavalerie, distingua les régiments de l'étai-major général par des trophées d'étendards aux coins des housses el sur les fontes de pistolets; pour le régiment colonel néral ce trophée était de **> étendards, l blanc au centre, 2 rouges et 2 bleus : pour le régiment rnostre do
(1) Pendant ces dix-sep! années, de 17*21 à 1730 ci de 1780 1788, les chefs de régiments ne portèrent pas le titre de colonel, mais celui de mestre de camp
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