DE PAR LE ROI
« Sa Majesté s'étant fait rendre compte des ordon- « nances rendues par les Rois ses prédécesseurs de « glorieuse mémoire sur l'établissement et les préro- « gatives des enseignes et cornettes attachées aux « compagnies générales dans les régiments d'infan- « lerie ou de cavalerie qui portaient la dénomination ((de Régiment du colonel général ;
« Voulant faire jouir les princes de sa famille et (( ceux de son sang qui. ont été pourvus de charges « de colonels généraux , de tous ceux des droits et « prérogatives attribués précédemment auxdites « charges, qui sont compatibles avec l'organisation « actuelle de l'armée, et donner par cette distinction a honorable, à tous les corps qui la composent , de « nouvelles preuves de sa bienveillance ;
« Sur le rapport du ministre secrétaire d'Etat de « la guerre, elle a ordonné et ordonne ce qui suit :
« Art. 1er. Chacun des princes de la famille « royale ou des princes du sang qui ont été pourvus a de l'une des charges de colonels généraux, aura. « dans l'une des armes dont il est colonel général, un « régiment qui prendra la dénomination de Régiment « du colonel général.
a En conséquence, le 10e régiment d'infanterie « de ligne qui a déjà le titre de régiment du colonel « général en vertu de l'ordonnance du 10 mai 1814 « conservera ce titre pour l'infanterie de ligne.
« Le 7e régiment d'infanterie légère prendra la « dénomination de régiment du colonel général pour « cette arme.
« Le 6° régiment de cuirassiers prendra la dénote mination de régiment du colonel général pour les « cuirassiers et les dragons.
« Le 9e régiment de chasseurs à cheval prendra « la même dénomination pour les chasseurs et les « lanciers.
« Enfin le 7e régiment de hussards, qui porte déjà « le titre de régiment d'Orléans, y ajoutera la clénomi- « nation du colonel général.
« 2. La première compagnie de fusiliers du pre- « mier bataillon dans les régiments d'infanterie co- « lonels généraux, sera chargée de la garde de Yen- « seigne du colonel général.
« Dans les régiments de troupes à cheval des co- « lonels généraux, la cornette blanche du colonel gé- « néral sera confiée au premier escadron du régi— « ment.
« 3. Chacune de ces compagnies ou escadrons « aura, en sus de son organisation, un officier qui, « dans l'infanterie, aura le titre d'Enseigne de la cornet pagnie générale, et dans la cavalerie celui de Cor- « nette blanc ; cet officier sera pris parmi les lieute- « nants et il aura les appointements de première « classe de son grade; mais il roulera, pour son « rang, avec les capitaines et il sera susceptible de « prendre le commandement d'une compagnie.
« 4. L'enseigne de l'infanterie sera blanche, parse- « mée de fleurs de lis, et portera la devise suivante : « Praeteriti exemplum, fidesque futuri. La cornette
« de la cavalerie sera également blanche, ayant au « milieu un soleil en broderie d'or, avec la devise : « Nec pluribus impar.
« L'enseigne de colonel général de l'infanterie, oit « cornette blanche dans la cavalerie, ne saluera que le « roi, les princes de la famille et du sang royal et « les maréchaux de France, et elle recevra le salut « des drapeaux ou étendards et des armes de ton* 1rs « autres corps, lorsqu'elle paraîtra.
« Donné au château des Tuileries, le 16 janvier « 1815.
Sisné : Louis.
« Par le Roi :
« Le Ministre secrétaire d'État de la guerre,
Signé : Maréchal duc de Dalmatie. »
L'ordonnance royale du "21 novembre 1816 institua des drapeaux de bataillon ou de couleur; ils furent maintenu- par la décision du 24 avril 1818; ils marchaient pour rendre les honneurs aux princes, le drapeau blanc ne rendant plus les honneurs qu'au Roi, sauf les enseignes colonelles générales d'infanterie et d'infanterie légère, et les cornettes blanches de cuirassiers et dragons, de chasseurs et lanciers et de hussards, qui rendaient aussi les honneurs au colonel général de leur arme.
Après la révolution de juillet 1830, à la suite de laquelle la France reprit le drapeau tricolore, lé blanc resta encore h couleur du commandement; la circulaire du 11 septembre 1 830 prescrivit que les ceintures fussent en or et soie blanchi pom l - maréchaux de
France et les généraux en chef , or et soie rouge pour les lieutenants généraux, or et soie bleue pour les maréchaux de camp ; que les bracelets des aides de camp fussent en or et soie blanche pour ceux des maréchaux et des généraux en chef, etc. Ces insignes n'ont point été changés depuis.
Sous le second Empire, en 1854, lors du débarquement des troupes en Grimée, le fanion du maréchal Saint- Arnaud, commandant en chef de V armée d'Orient, était blanc ; il était porté par M. de Lostanges. Actuellement encore, sous forme de plumes blanches au chapeau, et de ceinture or et blanc pour les maréchaux de France et les généraux en chef, ainsi que d'aigrette blanche au casque et au schako pour les colonels, le blanc est la couleur du commandement, comme cela a toujours été dans l'armée depuis l'institution des colonels généraux, en 1554, et même depuis des temps plus reculés : « les emblèmes de couleur blanche « ont toujours été des marques d'autorité, de supré- « matie. Autrefois, comme aujourd'hui, un cour- « sier blanc, une écharpe , une plume blanche « indiquaient le commandement , caractérisaient « l'autorité supérieure. » (Général Susane, Hist. de rinf.fr., t. I, p. 31.)
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Étendards de troupes à cheval.
L'origine du service des troupes à cheval en France se retrouve dans le régime féodal. « Au som-
met de la hiérarchie était le roi; au-dessous de lui paraissaient les ducs (duces), chargés du commandement des provinces et chefs, comme l'indique leur nom (1), des troupes de leurs gouvernements ; après les ducs marchaient les comtes (comités) les compagnons du chef. Les comtes étaient à la tête de l'administration des fractions d'une province, ils levaient les hommes de guerre et les commandaient immédiatement sous la direction du duc, dont ils étaient les lieutenants généraux. Venaient ensuite les bénéficier, qui en récompense de leurs services avaient obtenu du Roi la jouissance, viagère d'abord, puis devenue graduellement héréditaire, d'un domaine ou d'un office. Après les bénéficiers, véritables officiers particuliers de l'armée, paraissaient les simples hommes libres (milites). Dans ces deux derniers ordres, les plus riches, ceux qui avaient les moyens d'entretenir un cheval, formaient la cavalerie, les autres servaient à pied. » Ces divers degrés de la hiérarchie féodale se groupaient autour de la bannière à laquelle chacun devait personnellement le service, dans la guerre de 1044 contre Thibaut, comte de Blois, Lisoie, seigneur d'Amboise vint au secours de son suzerain, le comte d'Anjou « cum suis mffitibus « et peditibus centumveœiUa gerentibus » (Chroniques d'Anjou, édit. de la Soc. de l'hist. de France, t. Ier, p. 1:20). «A l'avènement de la troisième race, il n'y
(1) Vers l'an 7G3 le roi Pépin défit Waiffre, duc d'Aquitaine, qui refusait de reconnaître sa suzeraineté, la bannière d'or d§ a duc tomba aux mains du roi qui la donna à l'église de Saint-Martial de Limogea (Labbe, Nova bibl. manuacr. libr. , t. II. p. 137).
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