‹ Les droits de Charles-Quint au duché de Bourgogne;Chapitre 4 sur 16 · II. Droits de Jean de Nevers · texte numérisé non relu

II. Droits de Jean de Nevers

Avant d'aborder cet examen, il est une observation que nous devons faire : transmissible ou non aux femmes, la Bourgogne ne pouvait en aucune façon revenir à Louis XI. Il restait en effet un descendant mâle, en ligne directe, de Philippe-le-Hardi, Jean, comte de Nevers et de Rethel.

(1) du Mont. op. cit., IL pars I, 43.

(2) de Barante, op, cit., I, 65.

(3) Mémoires de Philippe de Commynes, II, 359 ; édition de Lenglet du Fresnoy; preuves.

Le premier duc de Bourgogne de la maison de Valois avait laissé trois fils : Jean-sans-Peur, Antoine, duc de Brabant, et Philippe, comte de Nevers. Ce dernier eut deux enfants : Charles qui lui succéda, mais mourut sans postérité, et Jean, qui, après la mort de son frère, hérita des comtés de Nevers et de Rethel, et vécut jusquen 1491 (i).

A défaut de la duchesse Marie, c'était donc à Jean de Nevers que revenait l'héritage du Téméraire. Il est vrai qu'il ne revendiqua pas ses droits, mais il est certain aussi que jamais il ne les abandonna et que Louis XI ne put produire un acte de renonciation émanant de ce seigneur. Réclamer la Bourgogne lui eut d'ailleurs été inutile. Qu'aurait-il pu seul contre le roi de France et Marie? Faire valoir ses prétentions, c'eut été se placer entre l'enclume et le marteau, risquer de perdre les biens qu'il possédait et qu'il tenait de la munificence de Louis XI (2). De plus admettre la théorie du roi n'eut guère profité à sa famille : lui-même était vieux et n'avait que des filles ; à sa mort, qui ne devait plus tarder que quelques années, la question se serait rouverte. Impuissant et peu intéressé il préféra se tenir dans une prudente réserve.

(1) Philippe-le-Hardi, t en 1404,

épousa.

Marguerite de Flandre.

Jean-sans-Peur t en 1419.

Antoine de Brabant Philippe, comte de Nevers et t en 1415. | de Rethel, f en 1415.

A. Isabelle de Coucy. B. Bonne d 'Artois.

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