‹ Les droits de l'Eglise dans la "question manitobaine" [microforme]Chapitre 4 sur 16 · I] DOCTRINE DE L'EGLISE · texte numérisé non relu

I] DOCTRINE DE L'EGLISE

l'—$a juridiction sur les matières politicsreligieuses,

Dans son Eneyclique du 1er novembre 1885, ‘ Immortale Dei”, Sa Sainteté, Léon XIII, pose Îles vrais principes et fait connaître la doctrine.

C’est une admirable page à lire.

‘ Dieu, dit-il, a divisé le gouvernement du genre humain entre deux puissances : la puissance catholique et la puissance civile ; celle-là préposée aux choses divines, celle-ci aux choses Eumaines. Chacune d'elles en son genre est souveraine : chacune est renfermée dans les limites parfaitement déterminées et tracées en conformité de sa nature et de son but principal. Il ÿ a donc comme une sphère circonscrite dans laquelle chacune exerce son action, ture proprio. |

‘ Toutefois leur autorité s’exerçant sur les mêmes sujets, il peut arriver qu’une seule et même chose, bien qu’à un titre différent, mais pourtant une seule et même cho:e, ressortisse à la juridiction et au jugement de l’une et de autre puissance. Il était donc digne de la sage providence de Dieu, qui les a établies toutesles deux, de leur tracer leur voie et leurs rapports entre elles. Les puissances qui sont ont été «disposées par Dieu (Rom. XIII. 1). S'il en était autrement, il naïîtrait souvent des causes de funestes contentions et de conflits, et souvent l’homme devrait hésiter, perplexe, comme en face d’une double voie, ne sachant que faire, par suite des ordres contraires des deux puissances dont il ne peut en conscience secouer le joug. Il répugnerait souverainement de ren-

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dre responsables de ce désordre la sagesse et la bonté de Dieu, qui dans le gouvernement du monde physique, pourtant d’un ordre bien inférieur, a si bien tempéré les unes par les autres les forces et les causes naturelles, et les a fait s’accorder d’une façon si admirable qu'aucune d'elles ne gêne les autres, et que toutes dans un parfait ensemble conspirent au but auquel tend l’univers.

‘ Il est donc nécessaire qu’il y ait entre les deux puissances un système de rapports, bien ordonné, non sans analogie avec celui qui dans l’homme constitue l’union de l’âme et du corps. On ne peut se faire une idée juste de la nature et de la force de ces rapports, qu’en considérant, comme Nous l’avons dit, la nature de chacune des deux puissances, et en tenant compte de l'excellence et de la noblesse de leur but, puisque l’une à pour fin prochaine et spéciale de s'occuper des intérêts terrestres et l’autre de procurer les biens célestes et éternels.

“Ainsi tout ce qui dans les choses humaines est sacré à un titre quelconque, tout ce qui touche au salut des Îmes et au culte de Dieu, soit par sa nature, soit par rapport à son but, tont cela est du ressort de l’autorité de l’ Eglise.”

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2°--Qui peut exercer cette juridiction.

C’est Léon XTIT qui parle, en date du 8 décembre 1882, dans son encyclique aux Evè.

ques d’Espagne.

‘ De même, dit-il, que le pontife romain cest le maître et le chef de toute l'Eglise, de même les évêques sont les directeurs ct les chefs des Eglises qu’ils ont reçues canoniquement pour les gouverner. C’est à eux qu'il appartient, chacun dans sa juridiction, de présider, d’ordonner, de corriger ct généralement de décider des choses qui paraissent se rapporter à l’Eglise. En effet, ils sont participants du pouvoir sacré que Notre Seigneur Jésus-Christ laissa à son Eglise, après Pavoir reçu de son Père. C’est pourquoi Grégoire XVI, Notre prédécesseur, a dit : “ Nous ne doutons pas que ceux qui sont appelés à une partde Notre Kollicitude tiennent la place de Dieu (Zpist. 198 lib. 13). Ce pouvoir des évêques a d’ailleurs été donné pour la plus grande utilité Ge ceux sur qui il s'exerce, car, par sa nature, il vise à l’édification du corps de Jésus-Christ et il fait que chaque évèque est comme le lien qui rattache entre eux et avec le Souverain Pontife, par la communion de la foi et de la charité, les chrétiens dont il

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