DROIT A LA VIE COMMUN AUX DEUX SEXES
rences, ce ne peut être qu'en vue d'une pleine réciprocité. Pour le moment nous n'avons pas à nous en occuper.
Le premier droit, base de tous les autres, c'est le droit à la vie ; et comme, à le considérer dans son ensemble, le genre humain ne peut subsister que par le travail, chacun de ses membres a droit au travail, par où nous n'entendons pas que la société soit tenue de lui procurer une occupation rémunératrice, mais qu'elle doit éloigner de lui tout obstacle à l'exercice de ses facultés provenant de la volonté d'autres hommes, et ne pas lui refuser, du moins sans compensation, l'usage des instruments de travail offerts au genre humain par la nature. Le droit à la vie, la nécessité du travail, le droit au travail sont communs aux deux sexes, séparément et conjointement, car l'obligation
d'entretenir leur femme n'atteint que les maris privilégiés.
L'entière dépendance économique d'un sexe vis-à-vis de l'autre ne se conçoit que sous la forme d'une servitude où le maître posséderait sur ses esclaves un droit illimité de vie et de mort, régime incompatible avec toute civilisation. Il vaut donc mieux que la femme gagne sa vie et qu'elle ait la responsabilité d'elle-même. Sa faiblesse musculaire, les interruptions de travail inséparables de ses fonctions naturelles la placent, sous ce rapport dans une incorrigible infériorité. Il n'est pas juste, et sous aucun prétexte il ne saurait être permis d'aggraver cette condition par des infériorités artificielles. Si la femme n'est pas propre à certains métiers, l'expérience ne tardera pas à l'en instruire et le départ se iera naturellement. Aujourd'hui, sans doute, la nécessité contraint les populations ouvrières à faire toutes les besognes qui leur donnent un