DH01Ï DES ENFANTS NATURELS
y a de l'ouvrage pour tous à la roue, et la mouche elle-même serait la bien venue, si son aiguillon pouvait stimuler la croupe alourdie de tel vieux coursier. Nous rendons hommage à la jurisprudence récente qui, pour laisser l'équité respirer un instant, a fait litière des textes les plus formels, en prononçant, malgré le principe que la loi spéciale prévaut sur la loi générale, que dans les cas où le séducteur possède une autorité sur la victime, la preuve de son tort pourrait être entreprise afin d'obtenir de lui quelque dédommagement pécuniaire. Nous savons aussi comment le Système du code s'est fait de cette jurisprudence précaire, et pratiquement fort insuffisante, une arme pour repousser l'idée d'une réforme législative. — Nous rendons pleine justice à ce qui a été fait en faveur de la femme mariée réduite à travailler pour un salaire. Mais tout cela ne date que
de hier. Mais tout cela n'est qu'une goutte
d'eau dans un brasier. Mais si l'on veut bien envisager une t'ois la question en face, on obtiendra la conviction que toutes les lois touchant le sexe féminin sont conçues très systématiquement dans l'intérêt le plus étroitement exclusif du sexe qui les a faites ; si bien qu'une fois admis que la femme a le droit d'exister, qu'elle est naturellement un but aussi bien que nous et que la loi doit la prendre pour telle, il n'est pas un dispositif inspiré par le principe opposé qui puisse rester debout devant la justice.
Les mœurs préparent les lois, mais les lois, à leur tour, forment les mœurs. Partout l'opinion, dont il est souvent malaisé de distinguer la conscience, tend à se mettre au niveau des codes, au-dessous plutôt qu'au-dessus, et dans les pays où les clergés tiennent à conserver de l'intluence, la religion même s'en trouve abaissée. Les confesseurs n'exhortent-ils pas souvent leurs brebis à la patience, sans se montrer trop.